• - Un Graulhétois aux J.O de TOKYO

     - Un Graulhétois aux JO de TOKYO en 1964

     - Un Graulhétois aux JO de TOKYO en 1964

    André LATGER avait été désigné parmi les 100 jeunes Français pour représenter la jeunesse française aux Jeux Olympiques de TOKYO et par la même notre chère ville de Graulhet.Découvrez l'article paru dans le Graulhet Républicain et des photos de ce voyage issues des archives personnelles d'André LATGER.

     

     - Un Graulhétois aux JO de TOKYO en 1964

     

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    ANDRÉ LATGER de retour de TOKYO

    Maintenant, tout le monde sait que notre jeune compatriote, André LATGER avait été désigné parmi les 100 jeunes Français pour représenter la jeunesse française aux Jeux Olympiques de TOKYO et par la même notre chère ville de Graulhet.

    André Latger est maintenant de retour. Bien sûr, avant son arrivée à Graulhet, il a été interrogé par nombre de journalistes, mais il a tenu à donner ses premières impressions de voyages à notre journal « Graulhet - Républicain ». Nous lui avons posé des questions. C’est donc avec grand plaisir que nous reproduisons ses réponses intégrales en le remerciant et en le félicitant encore.

    La population Graulhétoise a eu le privilège d'avoir un représentant à Tokyo, c'est un honneur pour notre ville et pour notre compatriote « Dédé Latger ».

    Question : Comment es-tu allé à Tokyo, tes impressions de voyage et de séjour, etc.

    Réponse : Si mon voyage à Tokyo est passé du rêve à la réalité, je le dois à la Fédération des Foyers Léo Lagrange et en grande partie à mes amis Graulhétois qui on tout fait pour que ma candidature soit prise en considération.

     Dès mon arrivée à Paris j'ai eu la chance d'être reçu par M. Mitrani de la Fédération Nationale, qui m’a présenté mes camarades de voyages : Mlle Fouquart Danielle (secrétaire) de Montfermeil (Seine-et-Oise) qui est une championne de tennis. Fourcade Philippe (étudiant) de Perpignan (Pyrénées Orientales), goal de l'équipe de foot au Foyer de Perpignan. Toppia Jean-Marie (adjoint enseignant) de Berre l'Etang (Bouches du Rhône), un grand sportif un peu touche-à-tout, comme moi d'ailleurs, qui a gagné son voyage grâce au journal « Jeunesse ».Tout trois de la Fédération Léo Lagrange.

    Avec une blague du Marseillais Toppia, l'ambiance était déjà au départ et elle a été conservée tout au long du voyage. Arrivés à l'aéroport d'Orly et après avoir fait enregistrer nos bagages notre première idée a été d'aller voir l'avion avec lequel nous allions partir. C'est le commandant et l'équipage du « Chenonceaux », Boeing 707 International quadriréacteur géant de 140 tonnes qui peut emmener 180 passagers à une vitesse de 100 Kms.

    Après avoir survolé Paris, l'Irlande, traversé l'Océan Atlantique, la mer de Norvège, passé le Cercle Polaire Arctique, le Détroit de Danemark puis le Danemark (Groenland), les Iles de la Reine Elisabeth, les Iles Melville puis l'Alaska, nous sommes arrivés à Anchorage où nous faisions escale après dix heures de vol. Après avoir respiré un peu d’air frais (-12°), échangé Francs contre Dollars et acheté quelques souvenirs, un nouvel équipage nous prenait en charge pour effectuer notre deuxième étape : Anchorage - Tokyo. Ces huit heures de vol ont été assez fatigantes ; je ne tenais plus en place, je me promenais dans l'avion et faisait connaissance avec l'un et l'autre. Soudain, l'hôtesse nous annonce notre arrivée prochaine ; à travers le hublot nous voyons le Japon, il est 10 heures 10 en France, au Japon il est 18 heures 10 soit huit heures de décalage horaire.

    Après avoir vu le Mont Fudji, on nous avertissait d'attacher nos ceintures, nous allions atterrir à Tokyo.

     - Un Graulhétois aux JO de TOKYO en 1964

    Dès notre descente d'avion nous étions mitraillés par les flashs, les jeunes nous tendaient les mains en nous disant : « Comment ça va ? ». C’était tout ce qu’ils savaient, mais cela faisait tout de même plaisir. La télé aussi était là.

    De l'aéroport, on nous dirigeait vers le Yout Camp qui est un lycée aménagé pour recevoir pendant 25 jours 1200 jeunes de tous pays : Américains, Allemands, Anglais, Belges, Brésiliens, Russes, Coréens, Chinois, qui formaient les plus importantes délégations. La France, avec 110 participants, se classait deuxième après l'Allemagne avec 150 participants.

    Quelques journalistes Japonais nous ont demandé ce que nous pensions des installations olympiques et de l'organisation des jeux. Nous n'avons pas forcé pour répondre, tout étant magnifique et l'organisation parfaite.

     

    Voici quel devait être notre emploi du temps.

    Réveil : 6H30 / Douche ou Bain / 7H00 : conférence / 7H30 : Petit-déjeuner / Libre de 8H00 à 11H00 / 11H30 : Déjeuner / Libre de 12H00 à 18H00 / Dîner : 19H00 / Réunion : 21H00 / Extinction des feux. Mais en bon Français, cet emploi du temps n'a pas été très bien respecté.

    Pour nous, le réveil était à 8 heures, douche et petit-déjeuner. Bien sûr nous étions là à 11 heures 30 pour le déjeuner et à 18 heures 30 pour le dîner. L'extinction des feux se fait pour nous à minuit ou 1 heure du matin.

    Après la cérémonie d'ouverture j'ai assisté aux éliminatoires et finales d'Aviron, en tout, trois journées et la première médaille d'argent avec les Frères Morel.

    Deux soirées de natation où j'ai vu Kiki Caron gagner sa médaille d'argent

    Une journée d'escrime où le Français Magnant gagnait la troisième médaille d'argent qui aurait dû être d'or sans la malchance qui continuait à planer sur le clan Français. Une soirée aussi d'escrime où la France gagnait la médaille de bronze au fleuret par équipe. J'ai fait la connaissance, ce soir-là de Magnant et aussi de Louison Bobet qui était venu encourager les Français.

    Sept journées d'athlétisme avec les finales du 100 mètres plat, disque, poids, javelot, saut en hauteur et la perche qui dura de 14 heures à 21 heures.

    Les éliminatoires du 5000 où Jazy gagnait très à son aise, du 1500 m. avec Michel Bernard, du 800 m. féminin avec Mme Depureur, le 3000 steeple avec Texereau, le 400 m. avec Boccardo, le saut en longueur avec Lefevre et Cochard, et la médaille d'or de Doriola.

    Mais de toutes ces épreuves, celle que j'ai pu suivre le mieux est sans nul doute l'aviron.

    Ayant sympathisé avec le Marseillais Masson Benoît, entraîneur, barreur du club d'aviron marseillais, j'ai pu grâce à lui, entrer dans le village olympique et passer trois journées avec les rameurs Français.

    C'est au plan d'eau de Toda que j'ai pu lier conversation avec les Frères Morel et le sympathique barreur Darrouy. A la tribune de presse où j'étais confortablement assis, j'ai eu l'honneur de faire la connaissance de M. Herzog, Secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports qui s'est joint à nous pour encourager les équipages Français.

    Au village olympique j'ai pu voir Jazy, Kiki Caron, Mme Depureur, Duhamel et Monereau. Après avoir assisté à la cérémonie de clôture qui était impressionnante, j'ai pu, au bar « l'Ambion » très connu dans Tokyo, faire la connaissance de Vaillant et Wadoux qui sont tous deux très sympathiques. Au même bar nous avons vu également les boxeurs Français et Gonzales du Foyer Léo Lagrange de Narbonne, médaille d'argent.

    Après les jeux j'ai fait un petit voyage à travers le Japon. Kyoto - Narra - Kobe -Osaka. Ces villes sont très belles. C'est davantage le Japon que Tokyo qui vit à l'heure américaine. .

    En conclusion je peux dire que le Japon est un très beau pays où les Français sont très bien accueillis et Tokyo une ville qui dans six mois a changé de peau pour recevoir les athlètes de monde entier. C'est donc pour moi un voyage inoubliable et une fois encore je remercie le Foyer Léo Lagrange.

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    Question : Combien y avait-il, d'après toi, de Français à Tokyo, y compris les athlètes ? Réponse : 1000 à peine au total. Question : Combien y avait-il de Tarnais ?

    Réponse : Je n'ai rencontré aucun Tarnais, j'ai entendu dire qu’il y avait un Albigeois.

     Question : Quels ont été les contacts avec les jeunes d'autres pays ?

    Réponse ; Ces contacts ont été amicaux avec les Allemands, les Japonais qui nous témoignaient de la sympathie, plus froids avec les Américains. Les Japonais entre autres nous offraient des cadeaux.

     Question : L'accueil de la population Japonaise.

     Réponse : L'accueil fut touchant. Dans la rue lorsque nous étions reconnus par les Japonais, ceux-ci venaient vers nous pour nous offrir de petits cadeaux souvenirs et des tickets pour le métro ou le bus. Le jour de la cérémonie de l'ouverture du camp, le 9 octobre, à l’occasion du défilé des jeunes de tous les pays, les jeunes Français avec leur survêtement formant le drapeau bleu blanc rouge, furent les plus ovationnés. Ceci nous fit un immense plaisir.

    Question : As-tu interrogé par des journalistes et as-tu donné des autographes ?

    Réponse : oui, j'ai souvent été interrogé par des journalistes japonais et j'ai donné plus de

    200 autographes. Chaque fois j'ai parlé de Graulhet et au bas de ma signature j'ai toujours précisé le nom de ma ville « Graulhet - Tarn - France ».

     

    Cette dernière réponse nous comble de joie. Latger n'a pas oublié sa ville, notre ville. Bravo Latger.

     

     - Un Graulhétois aux JO de TOKYO en 1964

     - Un Graulhétois aux JO de TOKYO en 1964

     © Photos extraites des Archives personnelles d'André LATGER

    Merci à André et Rose-Marie LATGER


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  • Commentaires

    1
    papi Mougeot
    Vendredi 12 Août 2016 à 22:00

    Naturel et bien sympathique reportage témoin d'une autre époque, hélas.

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