• - Réfugiés belges à Graulhet en 1914

     - Réfugiés belges à Graulhet en 1914

    Avant-propos

    J'ai été contacté sur ce blog par Monsieur Johan Depoortere originaire de Belgique dont la famille s'est réfugiée pendant la Première Guerre mondiale à Graulhet.A ma demande il a retracé cet épisode familial et a bien voulu me fournir des photos et des lettres personnelles.Si vous avez connaissance d'événement similaires dans votre famille à Graulhet ou ailleurs, n'hésitez pas à nous communiquer ces éléments, nous vous mettrons en rapport avec Monsieur Johan Depoortere.

    En fin de page retrouvez l'article paru dans la Dépêche le 3 juillet 2016

    TÉMOIGNAGE INEDIT

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    C' ÉTAIT UN TEMPS QUI QUOIQUE TRISTE ÉTAIT GAI....

    Par un hasard extraordinaire il s'est formé une ligne historique entre le village flamand de Westrozebeke en Belgique et la ville de Graulhet dans le département du Tarn en France. Quand en juillet 1914 la Première Guerre éclate, Westrozebeke (Flandre Occidentale) est une communauté rurale paisible d'environ un millier d'habitants, mais le conflit mondial ne tardera guère à bouleverser et même, vers la fin, à totalement détruire le village, qui se trouve à une vingtaine de kilomètres d'Ypres, un des principaux théâtres de la guerre. Quand les Allemands entrent le 20 octobre 1914 la plupart des habitants, dont mes grand-parents s'étaient déjà réfugiés vers la frontière française, à une trentaine de kilomètres à l'Ouest. L'approche des Allemands avait été précédée par le récit des atrocités commises par eux dans le reste de la Belgique.


    Westrozebeke en 1914. Peu après l'occupation allemande en Octobre 1914 le village était désigné village de repos et hospitalier pour les soldats allemands du front. Les quelque 200 habitants qui sont restés seront évacués en Janvier 1915

    Mon grand-père, Henri Thevelein (né en 1861), un cordonnier et épicier, enterrait ses économies en pièces d'or dans le jardin et chargeait ce qu'il pouvait sur une carriole avant de se mettre en route avec son épouse Louise (Ludovica) d'Hondt (née en 1863) et neuf de leur dix enfants, trois garçons âgés respectivement de 12, 22 et 26 ans et sept filles entre 5 et 20 ans. Une d'elles, Bertha de dix ans, sera ma mère. La fille aînée, Marie, se trouvait déjà au Sud du Pays, en Wallonie, où comme beaucoup de jeunes filles flamandes de l'époque elle avait trouvé de l'emploi, dans son cas dans le château d'une famille noble à Ottignies. On peut imaginer l'angoisse des parents et des enfants en quittant leur village pour une destination inconnue et un futur tout à fait incertain. Sans doute auront-ils cru que la guerre ne durerait pas longtemps – c'était l'opinion générale que les troupes des alliés victorieux seraient de retour à la maison à la Noël au plus tard. Néanmoins l'incertitude devait peser lourdement à l'approche de l'hiver et la perspective d'un voyage vers l'inconnu.

    Il est probable que, passés la frontière, les Thevelein se sont dirigés vers le port de Dunkerque où ils ont embarqué dans un navire de transport avec destination – supposaient-ils - l'Angleterre, où beaucoup de Belges trouvaient refuge. Ma mère me racontait que le passage était misérable. Ils se trouvaient dans la cale où avant la guerre on transportait des chevaux. Ils dormaient sur la paille souillée. La mer était fort agitée et tous étaient malades. Quand finalement au bout de quelques jours ils débarquèrent ils n'entendirent à leur grand étonnement pas parler anglais mais français: ils se trouvaient dans le Midi de la France au lieu de l'Angleterre. Finalement la famille nombreuse arrivait en train dans la petite ville de Graulhet, un centre de mégisseries et de tanneries dans la région Albigeoise. Quelle doit avoir été la désorientation et le choc culturel pour ces gens qui n'avaient jamais auparavant quitté leur pays natal et qui se trouvaient dans un environnement complètement étrange avec une langue et des coutumes inconnues.

     La famille Thevelein peu après leur arrivée à Graulhet. Debout: Hypoliet (26), Irma (18), Alida (20), Camille (22), Marthe (15). Assis de gauche à droite: Julia (5), Alphonse (12), Augusta, (9) Henri (53), Bertha (ma mère 10), Louise (51)

    Comment les réfugiés Belges – à part ma famille il y en avait d'autres – étaient répartis de par le pays, comment le transport, le logis et le moyens de subsistance étaient organisés, je l'ignore. Ce qui est certain c'est que Henri et sa famille ont reçu un accueil chaleureux à Graulhet. Ils étaient logés dans une modeste maison dans le quartier Saint Jean. Les garçons aînés, Hypoliet et Camille ne sont pas restés longtemps. Ils étaient mobilisés et vont passer le reste de la guerre dans les tranchées du front de l'Yser. Ils survivront à la guerre. Le fils cadet, Alphonse, allait bientôt travailler dans une des mégisseries. Les filles cadettes allaient à l'école, probablement l'école Gambetta, école laïque pour filles. Ma mère était une bonne élève et une de ses instructrices l'encourageait à étudier et devenir institutrice. Mais mon grand-père, qui était conservateur n'en voulait rien entendre: les études c'était pour les riches et certainement pas pour les filles.

     Ma mère, Bertha Thevelein, devant la maison de son enfance à Graulhet en 1963

     - Réfugiés belges à Graulhet en 1914

    Aujourd'hui en 2016 (photo LM)

     

     Devant l’École Gambetta avec mon père et une amie à elle. (1963)

    C'est alors que des liens d'amitié se sont noués entre les familles Thevelein et celle des Sicard, ingénieurs et industriels à Graulhet. Là encore il me manquent beaucoup de détails sur le caractère exacte des rapports entre les deux familles, mais les lettres écrites par Lucien Sicard après la guerre et adressées aux filles aînées Alida, Irma et Marthe laissent entrevoir une amitié profonde. Lucien Sicard avait marié à Félicie Ayral en 1908. Il avait 31 ans au début de la guerre, son épouse en avait 27. Lucien apparemment dirigeait l'entreprise de son père Marius: “Atelier de Constructions Mécaniques Marius Sicard & Fils.” Il n'est pas clair si Alida, Irma et Marthe étaient d'une certaine façon employées par les Sicard, ou si simplement elles passaient du temps avec le jeune couple. Ou peut-être vivaient-elles de façon quasi permanente chez Félicie et Lucien ?

     La maison Sicard (ou l’Atelier ?) 9, rue Saint Jean (1963)

     - Réfugiés belges à Graulhet en 1914

    Aujourd'hui  le 9 rue Saint -Jean

    Les lettres affectueuses que Lucien écrit après la guerre peignent un tableau de soirées joyeuses et insouciantes passées ensemble, parfois avec de petites mesquineries. Le 8 Avril 1920, Lucien écrit: “Tous les jours nous parlons de vous autres. Nous disons l'an dernier à pareille époque nous faisions cela et j'ajoute de temps à autre: 'Nous nous amusions beaucoup lorsqu'en tapant sur la table je faisais crier Irma, ou que nous frisions Marthe ou que nous lui étirions les bas. Tout cela était du bon temps, on rigolait bien même quand je mettais des haricots sous le cou d'Alida, ou bien des jetons.” Le 6 Août Lucien décrit avec nostalgie la fête du 14 Juillet à Graulhet: “La fête du 14 Juillet qui a eu lieu a été très belle. L'illumination était magnifique. Un feu d'artifice a été tiré pendant que la musique jouait et un grand bal a clôturé la fête. Il y avait beaucoup de danseurs. Mais il n'y avait pas Marthe Thevelein comme l'an dernier.”

     - Réfugiés belges à Graulhet en 1914

    Lucien et Félicie SICARD
    (photos collection personnelle MM)

     - Réfugiés belges à Graulhet en 1914

    Si les données dans les lettres de Lucien sont exactes, les Belges doivent avoir quitté Graulhet vers la fin de l'année 1919. Henri, le père de famille envoie Alida, la fille aînée qui est restée avec la famille, en reconnaissance à Westrozebeke – probablement en Octobre ou Novembre . Alida déconseille à ses parents de retourner. Le village a été complètement rasé de la carte lors de la dernière offensive de la guerre sur le front d'Ypres. Les quelques habitants qui sont revenus habitent dans des baraques misérables. Mais Henri, qui a toujours eu le mal du pays, est impatient et veut retourner vers son village coûte que coûte. Six mois plus tard, le 6 Août 1920, Lucien écrit: “Toujours je me rappellerai le matin de votre départ. Toute la journée j'ai été triste. Le matin, devant la porte lorsque je vous ai fait mes derniers adieux j'étais très angoissé et je regrettais beaucoup votre départ car depuis le temps que vous étiez chez nous il me semblait impossible qu'il vous faille nous quitter.”

     La famille Thevelein en 1918. Debout: Bertha (14), Irma (22), Marthe (19), Alphonse (16), Alida (24), Augusta (13). Assis: Louise (55), Julia (9), Henri (57)

    Les Thevelein prenaient donc le chemin du retour, à contrecœur en ce qui concerne les filles et peut-être aussi ma grand-mère qui s'était bien adaptée à la vie en France et qui jouissait pleinement du soleil méridional, du vin et des fruits exotiques tels que les melons, les oranges et les figues – inconnus dans son Westrozebeke natal d'avant la guerre. Mais le retour dans un village en ruines produisait un choc énorme. Ni une maison était restée debout. Pendant un ou deux ans ils vivaient dans une baraque au milieu de la boue en hiver, la poussière en été.

     Westrozebeke en 1918 après la dernière offensive de la guerre

    A son arrivée Henri cherchait frénétiquement le coffret avec ses épargnes qu'il avait enterré dans le jardin. Comme par miracle, la cache était toujours dans le même endroit sous le pommier, intacte.

    C'est sans doute ce qui lui permettait de construire une nouvelle maison et de relancer l'épicerie.

     Ma grand-mère Louise, Irma, Bertha ma mère et Hypoliet devant la nouvelle maison et épicerie en 1925

    A Graulhet aussi, l'après-guerre apportait ses problèmes de crise économique et sociale. On en trouve des échos dans les lettres de Lucien Sicard. En avril 1920 par exemple: “La mégisserie marche bien mais il y a un peu moins de demandes. Les ouvriers avaient demandé de gagner 120 francs par semaine et les femmes 80. Les patrons n'ont pas accepté.” En août de la même année il est plus sombre: “Les peaux finies ne se vendent pas du tout. Toutes les usines sauf celles qui travaillent à la façon ne font que 4 jours par semaine. Si cela ne s'arrange pas bientôt je crois que cette année-ci il y aura de la misère.”

     Et la situation ne s'arrange pas. Dans une lettre non datée: “Le chômage dure toujours et rien n'indique qu'il prenne fin sous peu. Malgré cela le cinéma marche et les cafés sont remplis de clients. On ne dirait pas que beaucoup parmi eux travaillent que quelques jours par semaine. Ils se privent à la maison mais n'hésitent pas à aller dépenser au café ce qui leur ferait grandement besoin chez eux.” On voit que c'est le patron qui parle!

    Qu'a signifié le passage des réfugiés Belges à Graulhet? Est ce que tout le monde était aussi accueillant comme les Sicard ? Quels moyens de vivre avaient ces déplacés de guerre, est ce qu'il y avait de l'aide sociale? Comment se portaient les autorités? Ce sont des questions auxquelles il est difficile après plus d'un siècle de trouver des réponses. En plus: comment les habitants de Graulhet et d'autres endroits en France se rapportent-ils vis-à-vis des réfugiés de guerre et les chercheurs d'asile maintenant? Seraient-ils toujours aussi généreux? Je sais que ma famille a toujours été reconnaissante de l'accueil chaleureux qui leur était réservé par les gens de Graulhet. Les lettres de Lucien Sicard démontrent qu'il y avait une sympathie sincère et même de l'amitié pour une famille démunie de tout. Était ce un cas exceptionnel ou plutôt général ?

    De la part de la famille Thevelein la sympathie était réciproque. Il est vrai que mon grand-père ne s'est jamais réconcilié avec son exil. Il ne faisait aucun effort à apprendre le français et selon la tradition orale de la famille il restait assis devant la maison des heures entières, le regard fixé sur le Nord. Il y a cette anecdote selon laquelle Henri réparait les souliers des Graulhétois. Un jour un bonhomme vient chercher ses chaussures ressemelées et à sa question combien il doit Henri répond brusquement en flamand: “ne franc” - ce qui veut dire: “un franc.” Le client stupéfait exclame: “Neuf francs! Mais monsieur Thevelein, ils ne sont quand-même pas d'argent vos clous?” Grand-mère Louise par contre s'adaptait admirablement au pays qui les avait accueillis si généreusement. Elle serait sans doute volontairement restée en France comme beaucoup de ses compatriotes qui y ont reconstitué une nouvelle vie après la guerre. Le chef de famille en a décidé autrement.

    Comme ma grand-mère, ma mère, Bertha Thevelein, a conservé de son passage à Graulhet de meilleurs souvenirs. En 1963 elle est revenue à Graulhet où elle a visité les lieux de son enfance: la maison dans le quartier Saint-Jean, l'école, la maison des Sicard. En fait, elle m'a souvent assuré que ses années en France étaient les plus heureuses de sa vie. Cela malgré les horreurs de la guerre et malgré les angoisses pour les deux frères aînés qui se trouvaient au front. C'était comme l'exprime Lucien dans une de ses lettres “un temps qui quoique triste était gai.”

    Johan Depoortere
    Journaliste à la retraite

     Note de l'auteur: Il est évident que beaucoup de détails de cette histoire restent dans l'obscurité. Je remercie les Graulhetois qui m'ont aidé dans mes recherches afin de reconstituer ce qui s'est passé il y a plus de cent ans, particulièrement MM. Robert PY de l'Association Mémoire Sociale Graulhétoise et François MAZENS du Blog Mémoires de Graulhet Je serais extrêmement reconnaissant aux lecteurs qui puissent me fournir plus de détails sur l'histoire de ma famille ainsi que celle des Sicard et plus généralement des réfugiés de guerre 14-18.

    LETTRES DE
    MONSIEUR LUCIEN SICARD

    par Monsieur Johan Depoortere

    Après la guerre Lucien Sicard a écrit plusieurs lettres à la famille Thevelein qui avait passé cinq ans environ à Graulhet, et surtout aux sœurs aînées Alida, Irma et Marthe. Une partie de ces lettres a été conservée. Ce sont des textes parfois émouvants qui témoignent d'une amitié sincère entre deux familles d'origines géographiques et sociales tellement diverses. Ce sont d'autre part des documents historiques qui nous parlent d'évènements et de la vie quotidienne d'après-guerre dans une petite ville du Midi.Lucien évoque comme on l'a vu la situation économique et sociale assez pénible du début des années vingt. (Les porcs sont très chers, l'on dit qu'ils valent environ 400 francs les 50 kg.”) Mais il parle aussi des inondations qui ont coûté la vie à deux personnes à Albi, des mariages et des naissances, du vendange et du prix du vin.  Comme ici par exemple: “Ma belle-mère est venue nous voir à l'occasion de la foire. Elle a apporté des pêches énormes, ainsi que des amandes. Les raisins commencent de murir. Il y a même certaines qualités qui sont complètement mûres.” Et d'ajouter cette note nostalgique: “Quel dommage que vous ne puissiez venir les ceuillir comme vous le faisiez l'an dernier.”  Ou encore: “Les vendanges sont maintenant terminées. Le vin est bon et il y en a eu beaucoup. On le vend 1 franc le litre au détail. (...) Quel dommage que vous ne soyez pas là chères amies comme vous vous régaleriez avec du vin nouveau et des châtaignes.”

     Lucien mentionne aussi les autres Belges qui se trouvaient dans la région:

     “Yvonne Papaïs va se marier avec le fils du boulanger de Saint-Mémy, celui chez qui était ce Belge qui a été tué pendant la guerre.”

    Il y a quelque temps que je n'ai pas vu les Belges qui sont chez Tignol."

    La semaine prochaine Madame Claessens et son mari partent pour la Belgique, ils vont passer un mois à Anvers. Nous sommes très bien avec eux. Vous voyez par là que nous avons un attachement tout particulier pour les Belges.”

    Les cancans ne manquent pas non plus: “Je crois qu'Adrienne Puech va se marier avec le fils de la Gazaniole, celle qui portait une fois le lait pour celle des Voûtes. Vous voyez que ce n'est pas son premier bon ami qu'elle se marie, c'est le quatrième ou cinquième. L'on dit que Cécile doit se marier, mais dans six ou sept mois”

    Je crois que Tine(?) et Berthe Plo si elles ne sont pas en famille ne tarderont pas a en être.”

    Comme toujours dans des lettres de ce genre il y a question de la santé. Lucien a eu quelques ennuis:

    Une barre de transmission pesant un 110 Kg m'est tombé sur le pied gauche. L'ongle du gros orteil a du être enlevé. Je vous assure que j'ai souffert."

    La description d'une opération effectué sur la table de la cuisine est hilare et donne une idée de l'état de la médecine au début des années vingt du siècle passé:

    Le lundi 29 Mars le docteur m'a fait une opération. Il m'a fait disparaitre une bosse qui m'était survenue au bas-ventre il y a près de deux ans à la suite d'un coup que j'avais reçu. (...) seule Félicie assistait à l'opération et faisait passer au docteur ce qu'íl demandait. Une fois sur la table il m'a recouvert de linges bouillis ne laissant à nu que la partie à opérer. Puis sans m'endormir il m'a piqué la partie à opérer pour l'insensibiliser, cela avec de la cocaïne, après m'avoir passé de la teinture de iode.”(...)

    Après l’opération:

    on m'a mis au lit après de l'avoir bien chauffé et mis des bouillotes. On m'a fait boire du café très fort."

    LES LETTRES EN FAC-SIMILE
    parfois incomplètes
     

     - Réfugiés belges à Graulhet en 1914

     - Réfugiés belges à Graulhet en 1914

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    JUIN 2016

    Monsieur Johan Depoortere et son épouse sont venus à Graulhet le lundi 27 juin 2016 et ont pu (re)voir les lieux où la famille a vécu. Ils ont également rencontré Madame Monique MAUREL (ici en photo entre Madame et Monsieur DEPOORTERE), descendante de la famille SICARD en compagnie de Line MAZENS co-présidente de l'Association Mémoire Sociale Graulhétoise et de Monsieur Robert PY membre également de cette association.

     - Réfugiés belges à Graulhet en 1914

    Le quotidien flamand HET NIEUWSBLAD a consacré une page à l'histoire de la famille Thevelein en titrant
    " Je veux savoir qui a aidé ma mère à survivre à la guerre "

     - Réfugiés belges à Graulhet en 1914

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    L'article signé Gérard DURAND paru dans la Dépêche du dimanche 3 juillet 2016.

    Un ancien journaliste belge sur la trace de ses aïeux

    Pour contacter Johan Depoortere, pour d'éventuels renseignements,  jdpwash@gmail.com. /DDM.G.D.

     Pour contacter Johan Depoortere, pour d'éventuels renseignements, jdpwash@gmail.com.

    Il était venu à Graulhet à 19 ans, avec sa mère en route pour Lourdes. À 72 ans Johan Depoortere, a refait la route dans le seul but de retrouver la trace de ceux qui ont accueilli ses grands-parents, durant 5 ans, il y a 100 ans. «Quand en juillet 1914 la guerre éclate, ils fuient leur village de Flandre Occidentale, pour prendre le bateau pour l'Angleterre, et au terme d'un long voyage indécis la famille Thevelein se retrouve à Graulhet. Elle est logée dans une maison modeste de la rue St Jean. Deux fils sont mobilisés, un autre travaille à la mégisserie, les filles vont à l'école. L'accueil a été chaleureux.». L'ancien journaliste international à la télévision belge flamande s'y est rendu, dès son arrivée. «C'est une quête d'histoire et de lieux, un pèlerinage familial !».

    La ville a accueilli de nombreux réfugiés belges

    Il y a quelques années, il avait retrouvé les correspondances d'après-guerre entre ses aïeux revenus au pays et un industriel graulhétois, Lucien Sicart qui semble avoir joué un rôle essentiel dans l'hébergement des réfugiés. «Je me rends compte que très peu de gens ici, savent que la ville a accueilli des réfugiés belges durant la Première Guerre Mondiale. Mes recherches, relayées par le blog d'histoire locale «Mémoires de Graulhet » pour l'instant restent vaines. J'ai rencontré ce mardi Madame Monique Maurel, qui est la petite fille du frère de Lucien Sicart. J'ai appris peu de chose, elle connaissait peu son grand-oncle. Il me manque beaucoup de détails qui me permettraient de me faire une représentation plus complète de ce qui s'est passé il y a plus d'un siècle». Recherches de moments finalement heureux dans le Tarn, avant le retour fin 1919 à Westrozebeke, dévasté par la bataille d'Ypres toute proche. «Tout était à reconstruire. Mais mon grand-père avant de partir avait enterré ses économies au pied d'un pommier. Il y était toujours miraculeusement à son retour. Cette chance les a aidés à reconstruire et repartir». Un périple qui intéresse la télévision belge qui envisage de réaliser un sujet.

     

     


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