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    la UNE de l'Almanach François 1938

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    La découverte d'une nouvelle carte photo représentant la pharmacie BALZAME située 27 rue Jean Jaurès me permet de vous proposer un article spécialement écrit pour le blog MÉMOIRES DE GRAULHET par Pierre AUSTRUY, sur cette pharmacie ainsi qu'un historique des pharmacies graulhétoises

    PHARMACIE BALZAME – AUSTRUY

     

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    27 rue Jean Jaurès

    Edmond Balzame est né le 24 août 1878 à Graulhet, son père Émile est pharmacien de 2ème classe, installé rue St Projet et son grand-père Auguste est médecin, ils sont originaires de l'Ariège.

    Edmond va épouser en juillet 1910 Marie-Henriette Descargue originaire d'Agen.

    C’est un homme très actif, grand sportif, il pratique l'aviron, le rugby l'intéresse beaucoup et il va participer d'abord comme soigneur puis comme président aux destinées du Sporting Club Graulhétois notamment quand le SCG devient champion de 4ème série en 1920.

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    Il est passionné de pêche qu'il va pratiquer souvent avec ses amis.

    Le docteur Jean Rouzet, alors âgé de 5 ans, raconte une anecdote vécue par son père le Dr Eugène Rouzet en évoquant le souvenir que lui avaient laissé les inondations de 1930 à Graulhet.

    Il pleuvait abondamment et le ruissellement de l'eau suivait les canalisations des rues. La rue dans laquelle nous habitions ne s'appelait pas encore rue du Docteur Rouzet, mais rue Edouard Branly ; elle n'était pas goudronnée et le passage très fréquent des roues de l'auto de mon père avait creusé deux ornières qui rentraient dans le garage. C'est ainsi que la voie était tracée pour le ruisseau qui dévalait la rue. Le niveau du sol du garage étant de dix centimètres inférieur à celui de la cour, il fallait donc vider cette poche d'eau avec un seau et la serpillière. Mon père fut fort surpris de voir un poisson essayant de s'enfuir. Il réussit à l'attraper et constata qu'il s'agissait d'un poisson chat (ou silure). Il pensa que ce poisson venait du barrage de Miquelou.

    On le mit dans un bocal, à ma grande satisfaction. Mais, voilà qu'un jour, racontant sa pêche dans le garage à M. Balzame, celui-ci dit : " mais il est à moi, ce poisson ! ".

    En effet, à l'arrière de la pharmacie, il y avait un petit jardin dans lequel se trouvait un bassin habité par notre poisson-chat qui avait profité du débordement pour s'enfuir et finir son périple dans notre garage. Convaincu par mon père que ce poisson n'était pas de ceux qu'on garde dans un bocal, le poisson chat fut ramené dans son bassin.

    Ce n'est pas à l'âge de cinq ans que l'on garde des souvenirs précis. C'est donc plus tard que j'ai fixé dans ma mémoire les traits de ce personnage très attachant : grand, avec une abondante chevelure blanche légèrement ondulée, une grande lavallière autour de son cou et surtout un lorgnon fixé à la racine de son nez (le lorgnon ou pince nez était une lunette sans monture qui était remplacée par une pièce métallique qui tenait les verres et comportait une pince qui se fixait à la racine du nez).

    Pendant ses études de pharmacie, à Toulouse, il pratiquait l'aviron, participant à des compétitions. Ses études terminées, il s'installa à Graulhet où son esprit sportif le conduisit à la fonction de soigneur de l'équipe de rugby. Il faut se rappeler qu'à l'époque les joueurs de rugby étaient assimilés à des artistes du piano ! En effet, les trois quarts jonglaient avec le ballon en esquivant l'adversaire, c'étaient "les joueurs de piano", quant aux avants, ils ne touchaient pas le ballon mais ils empêchaient "manu militari" l'adversaire de jouer : ils étaient

    "les porteurs de piano". Le match terminé, le combat se poursuivait dans le rang des supporters.

    C'est ainsi, m'expliquait Mr. Balzame, qu'un mauvais coup fit tomber ses lorgnons qui furent rapidement écrasés par le piétinement des supporters. Aussi, prenait-il la précaution d'en avoir une paire de rechange. (Jean Rouzet).

    La pharmacie Balzame était installée au 27 rue Saint Projet (devenue ensuite rue Jean Jaurès).

    Edmond Balzame avait comme préparateur Monsieur Rudeau dont l'épouse avait un magasin de maroquinerie Avenue Victor Hugo.

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    Thermomètre publicitaire Pharmacie BALZAME

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    Maurice Rudeau son fils raconte une anecdote amusante pendant l'occupation Allemande dans les années 40, Monsieur Balzame préparait des colis de médicaments pour la résistance et les confiait dans le plus grand secret à Mr Rudeau pour qu'il les transmette aux résistants en lui recommandant bien de ne pas en parler à Mme Balzame. Il se trouve que Mme Balzame faisait de même en préparant des colis, en les confiant à Mr Rudeau et en lui recommandant de ne pas en parler à son mari.

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    Monsieur RUDEAU préparateur à la pharmacie AUSTRUY (Merci à Maurice Rudeau)

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    On peut reconnaître Edmond BALZAME sur cette célèbre carte postale

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    Le 9 janvier 1949, Edmond Balzame vend la pharmacie à Jean Austruy qui était venu le remplacer l'année précédente. Le fils de Mr Balzame a fait des études de notariat et ouvert une étude à Grenade sur Garonne qui existe encore aujourd'hui (exploitée par un arrière-petit-fils d'Edmond).

    Edmond Balzame décèdera à Grenade le 17 décembre 1950.

    Jean Austruy (1921-2002), venu de Carmaux, épouse une graulhétoise Arlette Cols en 1949. Ils s'installent au 27 rue Jean Jaurès.

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    Il continuera à employer Monsieur Rudeau comme préparateur, puis passeront au début des années 50, Marcel Roques (le 3ème ligne du SCG), Georges Ravari, plus tard c'est André Cortès puis Yvon Jammes et enfin Jacques Devaux. 

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    En 1957, il effectue des travaux de modernisation de la pharmacie.

    Au début des années 60, tout en continuant son activité de pharmacien, Jean Austruy se lancera dans le métier de mégissier suite à la disparition de son beau-père et pour épauler sa belle-mère dans la gestion de l'entreprise Bounhiol et gendres chemin de la Trularié à St Pierre.

    La pharmacie sera cédée à Mme Lafon dans les années 80, puis plus tard à Monsieur Outabia et enfin à Madame Foulard qui transfèrera l'officine où elle se trouve aujourd’hui, au 99 avenue Charles de Gaulle.

    Pharmaciens de 1ère classe - 2ème classe

    Après la révolution, une nouvelle organisation de la profession a été mise en place, notamment pour la formation des pharmaciens, deux classes de pharmaciens ont été créées :

    Les pharmaciens de 1ère classe qui suivaient une filière universitaire : 3 ans de formation théorique dans une école de pharmacie (Paris, Montpellier, Strasbourg, Toulouse…) puis 3 ans de formation pratique en apprentissage, le tout validé par un diplôme devant le jury de l’école.

    Ces pharmaciens pouvaient exercer partout sur le territoire français.

    Les pharmaciens de 2ème classe qui devaient justifier de 8 ans d’exercice dans une ou plusieurs pharmacies, subissaient au terme de ces 8 ans un examen devant un jury départemental composé de pharmaciens et de médecins. Ces pharmaciens ne pouvaient exercer que dans le département où ils avaient obtenu le diplôme.

    A partir de 1898, il n’y a plus eu que les pharmaciens de 1ère classe. Et au début du 20ème siècle les écoles de pharmacie ont été intégrées aux facultés de médecine et de pharmacie telles que nous les connaissons aujourd’hui.

    Les Apothicaires et pharmaciens à Graulhet*

    Graulhet dispose déjà d’un apothicaire à la fin du 16ème siècle : Maistre Jacques Affinhes, apothicaire, est en effet cité dans le compoix de 1594. Ses descendants (6 générations) prennent sa suite jusqu’au milieu du 18ème siècle, le dernier établi étant Jean Joucaviel, gendre, apothicaire puis chirurgien (vers 1755-1775).

    Plusieurs autres membres de la profession, moins fortunés, sont présents dans la ville au cours de la seconde moitié du 17ème siècle : Hubert Larroque, Pierre et Louis Cahusac…

    Dans le dernier quart du 18ème siècle, Graulhet dispose de deux médecins, Jean-Jacques Mauriès et Philippe Charles Rossignol et de trois à quatre maîtres chirurgiens. Aucun apothicaire n’apparaît dans le compoix de 1783. Il semble pourtant que l’un d’eux ait exercé temporairement à cette époque : Félix Lussignol.

    Petite anecdote concernant Félix Lussignol un apothicaire Graulhétois

    En 1783 les ruelles graulhétoises n'étaient pas sûres !

    Félix Lussignol, apothicaire habitant dans le haut de Graulhet, le mercredi 15 janvier vers 9h et demi du soir fut arrêté dans la Grand rue près de la maisonnette de l'oustal nau, par trois inconnus dont l'un lui mis son pistolet sous la gorge et le força à donner trois signatures sur papier blanc avec ces mots approuvant l'écriture ci-dessus,  mais en réalité il n'y avait aucune écriture au-dessus des signatures.

    L'apothicaire demanda à Maître Corbières fils, avocat au parlement de Toulouse de le défendre dans cette affaire qui le mettait en cause pour une reconnaissance de paternité d'une demoiselle logée et nourrie chez lui. Les papiers signés stipulaient que Félix Lussignol s'engageait à nourrir et à loger l'enfant et à transférer la mère dans un couvent de la province du Languedoc qui lui conviendrait. 

    Cette affaire avait fait beaucoup de bruit à Graulhet et impliqué des personnalités de la ville :

    Guilhaume de Facieu (bourgeois), Cazes (archiprêtre), Gisclard (curé de St Jean), Demonricous (notaire), Chatard (bourgeois). 

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    Parmi tout cet aréopage, le procès verbal ne dit pas qui avait eu des faiblesses pour la jeune demoiselle… 

     

    Le premier pharmacien à exercer au début du 19ème siècle a été Paul Augustin Bogues diplômé à Toulouse et exerçant de 1810 à 1823. Lui succèdera Isidore Salvy Facieu (1799-1870) originaire de Montans, pharmacien de 2ème classe il exercera jusqu’en 1862. Auguste Marcel Alexandre Frayssé, fils d’Antoine Frayssé, professeur au collège d’Albi, reprend la pharmacie jusqu’en 1870.

    Marie Jean Eugène de Vialatte de Pémille (1810-1870) fils de Philippe Marie Eugène de Vialatte de Pémille et de Charlotte de Milhau, est issu d’une famille noble de Graulhet (son grand-père était chevau-léger de la garde du roi). Il créé une seconde pharmacie, au N°19 place du Mercadial, aussitôt après avoir obtenu son diplôme (Paris 1835). Il exerce jusqu’en 1862. Jean François Bernard Jules de Martrin (1839- ) pharmacien de 2ème classe prend le relai jusqu’en 1882 où son fils François de Martrin prendra la suite jusqu’en 1929.

    Henri Dubois (père du compositeur Pierre Max Dubois (1930-1895)) reprendra la pharmacie jusqu’en 1935. C’est Melle Marty qui exercera de 1935 à 1972 puis Melle Bourdariès jusqu’en 1974 au N°19 puis transfèrera au N°30 et y exercera jusqu’en 1999. Aujourd’hui la pharmacie est tenue par Jean Ah-Cuitz.

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    Auguste Eugène Emile Balzame (1839-1918), pharmacien de 2ème classe exerce au N°27 rue St projet jusqu’en 1900. Edmond Balzame (1878-1950) reprend l’officine de son père jusqu’en janvier 1949.

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    Jean Austruy exercera jusqu’en 1986, Madame Lafon jusqu’en 1992 puis Mr et Mme Outabia et enfin Mme Foulard qui tranfèrera l’officine au 99 avenue du général de Gaulle où elle se trouve actuellement.

    En 1900, Joseph Cennes ouvre une 3ème pharmacie au 1bis place du Jourdain, il y exercera jusqu’en 1910.

    En 1932 Mr Rey va créer une pharmacie au N°30 rue Jean Jaurès, il y exercera jusqu’en 1945. Maurice Drugeon reprendra jusqu’au début des années 1990. Aujourd’hui l’officine est tenue par Mr Chabbert.

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    En 1960 au N° 44 de la rue Gambetta Mr et Mme Cathalau vont créer une pharmacie qui sera transférée en 1976 au N°1 place Bosquet où exerce aujourd’hui leur fils Pierre Cathalau. 

    En 1967, Michèle Batigne va créer sa pharmacie à Crins, rue de Normandie où elle exercera jusqu’en 2007. C’est Sylvain Mette qui a repris l’officine et l’a transférée en 2018 au N°50 de l’avenue du printemps.

    Au N°24 de l’avenue Victor Hugo Nicole Deltrieu crée son officine en 1980, son fils prendra la suite et aujourd’hui la pharmacie est tenue par la Selarl Roullier.

    Mrs  Chabbert, Roulier et Ah-Cuitz ont regroupé leurs trois officines en s’installant depuis le 1er octobre  2019 place du Jourdain.

    *Informations tirées du livre d’Aimé Balssa : « Apothicaires et pharmaciens en Albigeois »

    Pierre AUSTRUY

     


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