• - René CALVEL

    - René CALVEL

    René CALVEL reste pour de nombreux habitants de notre cité une des figures politiques graulhétoises bien présente dans la mémoire collective. A travers quelques photos, des articles de presse parus au moment de son décès ainsi que le texte de l'hommage rendu en novembre 1981 par Roger Najac vous découvrirez l'homme qu'il a été...

    HOMMAGE A RENE CALVEL
    par Roger NAJAC

    rendu au Cimetière Saint-Roch le 7 novembre 1981

    le texte

    " ...Oui, René CALVEL a fait honneur au Socialisme tarnais au sens où JAURES l'entendait " ...

    - René CALVEL

    Roger NAJAC rendant hommage à René CALVEL

    - René CALVEL



    Il a conduit mes premiers pas dans GRAULHET en mars 1943 nous avons partagé nos peines et nos joies, nous avons vécu dans la fraternité, comment ne serais-je pas ému et troublé pour rendre hommage à René CLAVEL.
    René CALVEL a voulu des obsèques simples, sobres, sa volonté a été respectée le 30 juillet 1981, jour de la séparation suprême.
    Mais René CALVEL fut un homme public de grande qualité. C'est à ce titre que je lui rends hommage aujourd'hui au nom des camarades de son idéal socialiste, au nom de ceux qui sont là silencieux, de tous ceux qui l'ont connu et estimé, très dispersés sur l'échelle sociale ou l'éventail politique, allant des plus connus aux plus anonymes, au nom de celles et de ceux qui furent les compagnons de son idéal, de son combat.
    Je le ferai sans flatterie, René CALVEL aimait trop la vérité. Je porterai donc témoignage de cette vérité accompagnée des sentiments du cœur.
    René CALVEL ? un Graulhétois de souche, amoureux de sa cité, un militant socialiste hors du commun et pour ces raisons un homme public exemplaire.
    Il est né, en effet, le 3 avril 1910 à Graulhet, d'une famille très modeste. Ses débuts professionnels furent et trop précoces et trop difficiles. Un père grand invalide de guerre, amputé d'une jambe, une mère et une sœur maladives.
    Il dut tout enfant, au sortir de la Communale, travailler pour survivre. Vif, intelligent, il se fait embaucher aux écritures dans une banque.
    Déjà l'idéal socialiste l'habite et son engagement par la suite ne sera jamais timide.
    Une grève est décidée dans les banques, discipliné, il fait la grève. Déjà aussi, il fait équipe avec ceux de son âge, il est le bout-en-train de cette jeunesse noble dans le travail et ardente dans les loisirs.
    A l'époque, le mode de vie était exigeant ; la ville isolée vivait sur elle même, grouillante au milieu des usines primitives où les antagonismes s'affrontaient parfois par manque d'évasion sur l'extérieur.
    Au hasard d'un fait divers anodin qui agite certains milieux graulhétois, Calvel est choisi pour cible parmi quelques autres et est renvoyé de la Banque.
    Les patrons lui ferment la porte et lui répondent : " Pour le travail, adresse toi aux Socialistes, à Blum ».
    D'autres, à son âge, auraient capitulé lui non. Au contraire, l'épreuve durcit son courage et fortifie ses convictions.
    Chômeur avant l'institution du chômage, il se fait marchant ambulant, effectuant du porte à porte pour vendre des chapeaux, de l'huile, de la margarine, que sais-je encore…
    La période est difficile, mais CALVEL puise l'espoir dans le désespérance. Sa ténacité se voit récompensée lorsqu'un graulhétois, qui a laissé le souvenir de sa modestie, du sens de la justice, l'embauche en qualité de comptable. Tout compte fait, la Banque l'avait servi même si elle l'avait meurtri. Il restera au service de M.FARGUES, petit maroquinier jusqu'au jour où après la Libération, il s'installera maroquinier pour son compte en s’associant avec M.BRUGUIERE, ouvrier maroquinier. Il était l’'âme de l'affaire : le commercial et le comptable.

    - René CALVEL

    Dépôt de la plaque du parti socialiste par Marie-Claire CONTIS et Clément AZEMAR


    Il fut toujours attentif au sort des salariés et il ne cessera son activité que lorsqu'il sut que tout son personnel avait été reclassé.
    Lui-même fut recruté en juin 1965 comme comptable par une famille amie, la famille DESPRATS, exploitant une mégisserie.
    A ce poste, toujours délicat, il montra ses capacités professionnelles : la minutie, le rangement, l'assiduité, le sérieux. Il y restera jusqu'à sa retraite en septembre 1975.
    Sa vie familiale ne fut pas moins méritante : en 1931, il prend pour épouse une Graulhétoise de souche, Juliette FRANCES, elle aussi atteinte par l'atrocité de la guerre , son père étant tombé dans les tranchées de VERDUN.
    Madame CALVEL sera jusqu'à la fin la compagne courageuse de sa vie. A eux deux, ils s'occuperont de Mme Veuve FRANCES lorsque celle-ci abandonnera sa petite mercerie et pendant de nombreuses années René CALVEL donnera à sa belle-mère toute la richesse que contenait son cœur : sa jovialité naturelle, son sens élevé de la compréhension, la douceur d'un fils à une mère.
    En même temps, affrontant tous les sacrifices, René CALVEL a voulu donner à ses trois enfants une situation sécurisante. Secondé par sa femme aux sentiments maternels élevés, il atteint son but et à juste titre il en éprouvait une certaine fierté
    Mais à toute cette vie professionnelle et familiale déjà bien remplie, s'ajoute sa vie militante et sa vie d'homme public qui s’enchevêtrent.
    Sa vie militante au sein du Parti Socialiste débute très tôt. De par ses origines modestes, de par son contact précoce avec la réalité porteuse d'injustices, il réorganise en 1929 le cercle des jeunes socialistes qu'il anime avec ferveur. Il a la confiance de ses jeunes camarades graulhétois, car cet incroyant possédait la foi et son temple était Graulhet qu'il aimait.

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    La famille de René CALVEL entouré de nombreux graulhétois


    Avec ses camarades, il  anime la ville, les fêtes de  quartiers, créant des associations, des troupes. Pour lui, l'idéal s'incarnait à l'action, à l'action populaire.
    A l'inverse de certains hommes politiques, il ne se penchait pas vers le peuple,  il était dans le peuple qu'il brûle de servir.
    Adhérent à la section socialiste adulte en 1934, il apporta à ses camarades sa vive intelligence et le sens de la dignité qui est bien souvent le propre du pauvre. Ils le designeront aussitôt Secrétaire Adjoint.
    L'année suivante, les militants le désignent comme candidat à une élection municipale complémentaire. Il est brillamment élu et le 12 mai 1935 il devient, à 25 ans, le benjamin du Conseil Municipal de GRAULHET avec notre ami Théophile Maire.
    Là débute sa carrière d'homme public et les choses vont vite. Le 12 octobre 1937, il est élu au Conseil d'Arrondissement le 27 mars 1938, il succède à François MOREL, décédé, et siège au Conseil Général après une brillante campagne électorale.
    A l'issue du scrutin, la population graulhétoise, en délire, le porte en triomphe à travers les rues de la Cité.
    Il est vrai qu'après chaque scrutin, CALVEL augmentait ses suffrages.
    Il fut, à ce moment-là, le plus jeune Conseiller Général de France.
    Lorsqu'en 1941, notre ami Noël PELISSOU fut limogé par VICHY de ses fonctions de Maire, CALVEL, solidaire de ses amis, démissionna de toutes ses fonctions pour entrer dans le combat obscur de la Résistance Graulhétoise à la tête de laquelle se trouvait Lucien Pélissou.
    C'est la raison pour laquelle le Comité Départemental de la Libération le désigna, le 29 avril 1945, membre de la Délégation Municipale et le réintégra Conseiller Général.
    Par la suite, il fut réélu à toutes les élections municipales jusqu’en 1971 et devint Maire- Adjoint sous le Municipalité de Noël PELISSOU. Il fut réélu Conseiller Général jusqu'en 1961, battu au deuxième tour par 9 voix seulement.
    Il est resté, 23 ans Conseiller Général où il avait l'estime de tous et tout particulièrement du personnel préfectoral. 36 ans Conseiller Municipal. Mais le militant c’est révélé sous d’autres circonstances : En 1958, il est désigné comme candidat du Parti Socialiste aux élections législatives. Il mena aux côtés de Léopold RAYNAUD, Maire et Conseiller Général de PUYLAURENS, et à mes côtés, une campagne exemplaire qui reste mon meilleur souvenir.
    Le jeu des désistement ne s'effectua pas et il fut battu dans l'honneur, mais non abattu sa foi resta : intacte
    En 1962, René CALVEL n'hésite pas à  faire campagne pour son ami Georges SPENALE présenté par les sections socialistes comme candidat aux législatives Il l’accompagna dans toutes les réunions publiques, lui fit découvrir la circonscription et les hommes, invita es électeurs par la parole et la plume à voter pour lui
    CALVEL fut le meilleur support de la campagne de Georges SPENALE et un élément essentiel de son élection qui allait marquer le départ de la progression socialiste du Département
    Cet homme loyal, d'une franchise sans faille, d'un désintéressement le plus total qui avait attiré l'estime du plus grand nombre dut affronter la campagne électorale des cantonales en 1961, avec contre lui, la calomnie la plus féroce, le mensonge le plus pernicieux, propagé de bouche à oreille et même par le truchement d'une affiche diffamatoire. Pour abattre un tel serviteur depuis toujours de sa petite patrie, l'adversaire n'a su trouver que cette arme, la plus détestable. Il avait plus de 1200 voix d’avance au premier tour, il ne lui manquait que 25 voix pour être élu... c'est dire sa popularité. Mathématiquement, sa victoire paraissait largement assurée au deuxième tour et nombre d'électeurs trop "assurés" ne votèrent pas, certains même organisèrent le jour du deuxième tour des excursions…
    La calomnie avait atteint ceux qui n'avaient pas connu CALVEL qui fut battu de 9 voix. Trois fois rien... Mais ses qualités de caractère lui permirent de rester serein face aux critiques injustes qui atteignent tout homme public honnête. Les regrets se réveillèrent tardivement et il fut réélu minoritaire certes mais il fut réélu aux élections municipales de 1965. C'est dire l'estime que lui portait, malgré tout, la population graulhétoise.
    Au cours de ses mandats électifs, René CALVEL a toujours défendu les intérêts de GRAULHET et les intérêts des plus démunis comme des autres. Sa porte restait toujours ouverte à tous et nombreux sont ceux qui lui doivent beaucoup.

    Lorsque Noël PELISSOU ne put, en raison de son état de santé, assumer entièrement sa charge de Maire, il n'hésita pas un instant à le remplacer.
    C'est lui qui au cours d'une réunion du Conseil Municipal fit part de ses idées mûrement réfléchies concernant la restructuration de la ville en fonction de son expansion. Il est regrettable pour notre cité que ses successeurs ne se soient pas inspirés de ses idées. GRAULHET aurait aujourd'hui un autre visage.
    Mais René CALVEL ne s'est pas manifesté que sur le plan des mandats électifs. Tout jeune, il anima une troupe de variétés restée dans la mémoire de nombreux Graulhétois. Il possédait l'art de l'humour, de la jovialité, cet art qui  le rendait naturellement attachant et populaire.
    Il s'est, d’ailleurs toujours occupé des jeunes. C'est ainsi qu'il fut fondateur du Foyer Léo Lagrange et en 1954 de l'Amicale Laïque, et en 1955 du Centre Aéré de la Courbe où il s'est dépensé sans compter. La Courbe  fut pour lui l’apogée de sa vie ;  il fut un fidèle supporter de tous les sports et particulièrement du Sporting Club Graulhétois. Il fut administrateur écouté de la Caisse d'Épargne où tout dernièrement il siégeait aux côtés de sa compatriote Madame Denise SATGE, disparue tragiquement 48 heures avant lui. Étrange hasard !
    René CALVEL, à sa retraite en 1976, quitta GRAULHET pour vivre à côté de ses enfants à COLOMIERS, mais physiquement seulement car il vivait avec ses nombreux souvenirs, avec le souvenir de ses anciens compagnons Graulhétois, avec les réussites réalisées avec eux, se plaisant à dire avec modestie :" Ce n'est pas moi, c'est le résultat d'une équipe". C'est d'ailleurs ainsi que le Commandant SICARD lui décerna le titre de Caporal Honoraire des Pompiers parce qu'il avait fait équipe avec eux.
    René CALVEL, amoureux de sa petite patrie, de son temple, jusqu'à délaisser son travail, ses affaires, a servi d'une façon exemplaire GRAULHET qui lui doit beaucoup. Et je revois Augustin MALROUX, Député mort en Déportation, me dire en 1942 : " CALVEL est mon plus fidèle ami, un copain, lui " et je revois René CALVEL, petit, le front haut, l'œil vif incarnant la fierté Graulhétoise de la lignée des Théophile, Noël PELISSOU, SATGE Gabriel, HOULES, BOULADE, Louis GALAN et j'en passe…qui ont tous honoré la cité:
    Dans toutes les situations où il s'est trouvé sur le plan politique : simple militant, élu municipal ou départemental, il s'était affirmé comme un socialiste exigeant, mais compréhensif, toujours vivement engagé mais jamais sectaire, en sorte que ses qualités de droiture, d'honnêteté et de courage étaient reconnues de tous.
    Oui, René CALVEL a fait honneur au Socialisme Tarnais au sens où JAURES l'entendait.
    Il fut bien par là même un homme public, un administrateur exemplaire : doué de lucidité, d'esprit de décision, qualités remarquables chez un autodidacte qui peu à peu forçait l'estime de tous.
    Ni les soucis professionnels, ni ceux de sa famille, ni ceux de la politique, ni ceux de sa propre santé n'ont pu ternir le cristal exceptionnel de son amitié qui a toujours brillé pour ses camarades de l'éclat le plus direct, le plus naturel, plus pur.
    Et c'est tout cela, avec l'affection profonde qu'il portait aux siens, à vous Juliette, à tous ses enfants, et à sa petite fille, c’est tout cela, qui lui a permis de dominer sa dure fin et de traverser avec le sourire de la sérénité les dernières saisons d'une vie consacrée aux autres.
    C'est pourquoi, bien que son humilité nous ait demandé de ne point nous attrister sur ses cendres, nous avons souhaité nous réunir aujourd'hui pour rappeler tout ce qu'il fut pour nous et pour dire à sa veuve, aux siens et à tous ceux oui l'ont connu et estimé que nous ne l’oublierons pas et que nous entendons avec  les jeunes qui nous suivent recueillir et prolonger son exemple.

    Roger NAJAC - Le 7 novembre 1981

    PHOTOS

    René CALVEL et son épouse Juliette FRANCES  lors de leur mariage en 1930

    - René CALVEL

    - René CALVEL

    A un banquet de la SFIO on reconnait Etienne Bosc,  René Calvel, Madame Satgé, Georges Spénale, Madame Calvel, Monsieur Satgé.....

    - René CALVEL

    René et Juliette CALVEL

    - René CALVEL

    René CALVEL dans les dernières années de sa vie 

    L'ARTICLE PARU DANS LA DEPECHE SUITE A L'HOMMAGE RENDU AU CIMETIERE SAINT-ROCH en novembree 1981.

    Les amis de René Calvel
    lui ont rendu un dernier hommage

    un article de Laurent RAMIERE

    Le 30 juillet dernier René CALVEL nous quittait. Comme il l'avait voulu, ses obsèques furent simples et sobres alors que l'homme public de grande qualité qu'il avait été, que ce Graulhétois de souche amoureux de sa cité, que ce militant socialiste hors du commun aurait mérité des funérailles à la mesure de son œuvre et des trente-six ans passés au conseil municipal, toutes au service de notre ville. Il ne l'a pas voulu et sa volonté fut respectée.
    En ce mois de novembre où depuis le jour de Toussaint jusqu'à la date anniversaire de l'armistice nous honorons plus particulièrement nos morts, le parti socialiste et les amis de René CALVEL ont voulu rendre à sa mémoire un solennel hommage au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée au cimetière Saint-Roch, près de sa tombe où fut déposée une plaque souvenir portant gravé « A notre camarade René CALVEL, conseiller général de 1938 à 1961 la section socialiste ».
    Une nombreuse assistance parmi laquelle nous reconnaissions M. PISTRE, député; MM. ARGELÈS, maire et conseiller général; G. ROUYRE, maire adjoint; M. GARRIGUES, ancien maire de PEYROLE a participé autour de la famille de René CALVEL, à cette épouvante manifestation. Au nom du parti socialiste et de la famille, Mme CONTIS, secrétaire de la section, remerciait tous les participants, fidèles à la mémoire de leur camarade dont l'action a profondément marqué la vie de la cité. Elle ajoutait que pour lui rendre l'hommage qu'il convenait, il appartenait à ceux de sa génération et compagnon de route de prendre la parole.
    L'allocution de M. Najac.
    C'est M. NAJAC, l'un de ces compagnons de route qui ont appris à estimer et aimer René CALVEL, qui a rendu cet hommage en une vibrante allocution où l'on a senti qu'il avait mis tout son cœur. C'est d'ailleurs de celle-ci que nous avons tiré le préambule de notre article, notamment lorsqu'il disait René CALVEL ? Un Graulhétois de souche, amoureux de sa cité; un militant socialiste hors du commun et pour ces raisons un homme public exemplaire.
    Graulhétois de souche il l'était, né le 3 avril 1910 à Graulhet, d'une famille très modeste. Ses débuts professionnels furent précoces et il débuta aux écritures dans une banque. Mais déjà l'idéal socialiste l'habite et son engagement ne sera jamais timide. Au hasard d'un fait divers qui agite certains milieux graulhétois il est choisi pour cible parmi quelques autres et renvoyé de la banque. Dès lors, les patrons lui ferment la porte et cette épreuve durcit son courage et fortifie ses convictions. Chômeur avant l'institution du chômage il se fait marchand ambulant et puis, un jour, un maroquinier, M. FARGUES, l'embauche en qualité de comptable. La maroquinerie deviendra son domaine et après la libération, il s'installera à son compte en s'associant avec M. BRUGUIÈRE. A la cessation de cette activité il assumera les fonctions de comptable à la mégisserie DESPRATS et y restera jusqu'à sa retraite en septembre 1975.
    Militant socialiste, René CALVEL le deviendra très tôt et en 1929 il réorganise le cercle des jeunes socialistes qu'il anime avec ferveur. Il a la confiance de ses jeunes camarades graulhétois, car cet incroyant possédait la foi et son temple était Graulhet qu'il aimait. Il anime les fêtes de quartiers, crée des associations, des troupes... En 1934 il adhère à la section socialiste adulte, il s'y fait remarquer et en devient aussitôt le secrétaire adjoint. En 1935 il est désigné comme candidat aux élections municipales complémentaire et est brillamment élu et à 25 ans, le 12 mai 1935, il devient le benjamin du conseil municipal de Graulhet.
    C'est là que débute sa carrière d'homme public et les choses dès lors vont vite. Le 12 octobre 1937 il est élu au conseil d'arrondissement, le 27 mars 1938, il succède à François MAUREL, décédé et siège au conseil général, étant même, à ce moment-là, le plus jeune conseiller général de France. En 1941 solidaire de Noël PÉLISSOU, limogé par Vichy, il démissionna de toutes ses fonctions et rentra dans le combat obscur de la résis-tance. Le 29 avril 1945 il est réintégré au conseil général par le comité départemental de la Libération. Par la suite il fut réélu à toutes les élections municipales jusqu'en 1971 et devint maire-adjoint sous la municipalité de Noël PÉLISSOU. Réélu conseiller général jusqu'en 1961, il fut battu alors au deuxième tour, par neuf voix seulement. Il sera resté vingt-trois ans conseiller général et trente-six ans conseiller municipal. En 1958 il fut désigné par le parti comme candidat aux législatives. En raison de désistements non effectués il y fut battu dans l'honneur. En 1962, il fit campagne avec son ami Georges SPÉNALE et fut un des meilleurs atouts de celui qui allait marquer le départ de la progression socialiste dans le département.
    Au cours de ses mandats électifs René CALVEL a toujours défendu les intérêts de Graulhet et les intérêts des plus démunis comme des autres. Sa porte restait toujours ouverte à tous et nombreux sont ceux qui lui doivent beaucoup. Il avait des idées mûrement réfléchies concernant la restructuration de la ville en fonction de son expansion. Homme d'action et aussi ami des jeunes il fut fondateur du foyer Léo- Lagrange et en 1955 du centre aéré de La Courbe où il s'est dépensé sans compter. Il faut aussi un fidèle supporter de tous les sports. René CALVEL siégeait aussi au conseil d'administration de la Caisse d'Épargne où il était très écouté.
    C'est tout cela qu'a été René CALVEL, un homme qui a aimé sa ville, aimé ses concitoyens, engagé mais compréhensif en sorte que ses qualités de droiture et de courage étaient reconnues par tous. Oui, René CALVEL a fait honneur au socialisme tarnais au sens où Jaurès l'entendait.
    En nous réunissant aujourd'hui nous entendons avec les jeunes qui nous suivent recueillir et prolonger son exemple.
    Le message de Georges SPÉNALE : Actuellement aux États- Unis, Georges SPÉNALE, sénateur, a téléphoné de New -York un message très émouvant à la mémoire de René CALVEL. Il y rappelle la campagne des législatives menée ensemble et qui se termina victorieusement grâce surtout à l'œuvre de René CALVEL. Une campagne fraternelle qui devint le fondement d'une belle amitié.
    L'homme et l'ami demeureront pour lui un exemple de dévouement envers un idéal et sa cité. Graulhet saura, ajoute-t-il, lui marquer sa reconnaissance en inscrivant son nom quelque part et perpétuer ainsi son souvenir. Nous avons aimé René CALVEL, concluait le message et comme disait Brassens au décès de Jacques Brel « Quand on aime les gens, ils meurent bien sûr, c'est-à-dire ils s'absentent un petit peu. Jamais personne de ceux que j'ai aimé, n'est mort » - Laurent RAMIERE

    - René CALVEL

    L'ARTICLE PARU DANS LA DÉPÊCHE DU MIDI
    A LA SUITE DE SON DÉCÈS en juillet 1981

    Silhouette tarnaise.


    René CALVEL

    René CALVEL, qui a tenu une place importante dans la vie tarnaise, est décédé à Colomiers (Haute-Garonne), le 28 juillet, à peine âgé de 71 ans.
    Il appartenait à une famille implantée depuis longtemps à Graulhet. Fils de Jules CALVEL et d'Elia-Marie-Louise JAMME, il était né à Graulhet le 3 avril 1910. Tout jeune, il devint orphelin : son père fut tué à la guerre de 1914. (Erreur dans ce texte de la DEPECHE : Jules CALVEL est décédé d'une longue maladie en 1948 entouré de sa famille )
    Il se lança très vite dans la politique : à 25 ans, le 12 mai 1935, il était élu conseiller municipal sous l'étiquette socialiste. Quelques mois plus tard, le 12 octobre 1937, il devenait conseiller d'arrondissement. Ce fut pour peu de temps. Le conseiller général François MOREL, ancien députe, étant mort au début de 1938. René CALVEL recueillait sa succession le 27 mars 1938, et il devenait de ce fait le plus jeune conseiller général de France. La brochure administrative L'administration du Tarn, de l'an VIII à nos jours fait partir de 1945 son mandat de conseiller générai ; c'est une erreur (ce n'est d'ailleurs pas la seule).
    Lorsqu'au sortir de la Résistance, Noël PÉLISSOU devint maire de Graulhet le 6 mai 1945, René CALVEL fut son premier adjoint. L'équipe géra les affaires municipales pendant vingt ans. Sur la fin même, Noël PÉLISSOU, gravement malade, se déchargea de ses fonctions sur son adjoint. Aux élections municipales de 1965, il ne put demander le renouvellement de son mandat, et la liste socialiste fut conduite par René CALVEL, qui fut élu avec quatre de ses colistiers, cependant que la liste PONTIER-DUMONTIER enlevait 21 sièges. C'était la fin de la carrière politique de René CALVEL, ,qui, depuis le 11 juin 1961, n'était plus conseiller général. Il se consacra entièrement à sa profession de maroquinier.
    René CALVEL fut vice-président de la Caisse d'Épargne de Graulhet, président de l'Amicale laïque, délégué du Conseil général aux H.L.M. du Tarn, membre de la Commission départementale, membre fondateur du Foyer Léo- Lagrange ; c'est à son instigation qu'a été créé le centre aéré de La Courbe. Plusieurs sociétés ont bénéficié de son appui.
    En mars 1976, il prit sa retraite et rejoignit ses enfants dans la région toulousaine.
    Il est mort à Colomiers. Son corps e été incinéré dans la plus stricte intimité, et ses cendres ont été déposées dans le caveau de famille à Graulhet.

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    Mais aussi n'oublions pas le magasin de son épouse

    Le magasin de son épouse

    Le n°3 de la rue Jean Jaurès appartenait à la mère de Madame CALVEL qui a tenu dans cette maison un commerce de mercerie situé au rez-de-chaussée, pour ensuite être loué à Hervé QUINTÉ, photographe. Au numéro 5 était la librairie de M. et Mme Vedel papetiers libraire.
    Vers 1955 les époux CALVEL décidèrent d'ouvrir un commerce papeterie maroquinerie qui sera tenu par Madame CALVEL jusqu’en 1973-1974
    René CALVEL alors associé à son ami Paul Bruyère avaient créé une fabrique de maroquinerie ( trousses, cartables…) Madame CALVEL se chargeant de les vendre en boutique.
    Sous le sigle " CB" la maroquinerie en plein essor est installée dans la maison natale de René CALVEL- Avenue de la Résistance et les articles "CB" sont vendus dans la région par le biais d'un représentant, plus tard par René CALVEL lui-même.
    Dans ce contexte, les époux CALVEL achètent le n°5 de la rue Jean Jaurès appartenant à la famille VEDEL.
    Les deux maisons au n°3 et 5 sont abattues pour construire la maison - qui existe encore - avec le commerce de Juliette CALVEL au rez -de chaussée. La famille CALVEL y habite à partir de 1958.

     Carte postale de la Rue Jean JAURES vers 1958 avec indication de l'emplacement du Magasin tenu par Juliette CALVEL épouse de René

    Hommage à René CALVEL

     

    A Graulhet ...une rue porte son nom à Graulhet....

     

    Hommage à René CALVEL

     

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    Je remercie les enfants de Juliette et René CALVEL
    qui m'ont prêté ces documents et évoqué leurs souvenirs.

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       © MEMOIRES DE GRAULHET - REPRODUCTION INTERDITE sous quelque forme et quelque support que ce soit.


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  • Commentaires

    1
    tlse31
    Lundi 23 Décembre 2013 à 08:21
    Petite erreur: Jules Calvel,père de René, et amputé d'un jambe est décédé d'une longue maladie entouré des siens en mai 1948.
    2
    Lundi 23 Décembre 2013 à 08:38

    Merci pour cette précision , je rajoute une ligne rectificative dans le texte de la DEPECHE....

    3
    papimougeot
    Samedi 28 Décembre 2013 à 22:30

    René Calvel appartenait véritablement à cette catégorie d'hommes de conviction capables de partager ou de susciter estime et sympathie, sans arrière-pensée.    En dépit de ses épreuves, il montra en toute simplicité,  ce que l'homme a de meilleur !  

     

    4
    Jean Pierre Ramondou
    Mardi 31 Décembre 2013 à 15:02

    Sur la photo de mariage on peut reconnaître Jean Piquemil et Jeanne Marquié parents de Francis Piquemil.

    La mère de Jean Piquemil était une Jamme comme celle de René Calvel.

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