• - Aimé SUDRE

     Aimé SUDRE, un graulhétois si discret
    1890-1980
    Une rue à Graulhet honore cet homme

    - Aimé SUDRE

    - Aimé SUDRE

    Né le 8 février 1890 à Graulhet (Tarn) rue Gambetta, de Louis-Aristide, gendarme, et de Julie-Albanie Ségur.

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     Après son bac sciences-langues-mathématiques, il prépare le concours d’entrée à Saint-Cyr. Admis, et tenu d’accomplir une année de service militaire, il est incorporé au 15e régiment d'infanterie l 9 octobre 1910 ; il y est promu caporal le 2 octobre 1911. Entré à l’École spéciale militaire le 2 octobre 1911 (promotion de la Moskova), il en sort deux ans plus tard classé 131e sur 249 élèves et choisit l’infanterie. Nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1912, il est affecté à la 1re compagnie du 1er bataillon du 9e régiment d'infanterie, à Agen.Mobilisé avec cette unité le 2 août 1914, il est blessé par balle à la face à Raucourt, au sud de Sedan, dès le 27août ; mais il revient rapidement sur le front. Promu lieutenant le 1er octobre 1914, il exerce dès lors le commandement d’une compagnie avec savoir. Il se distingue ensuite en Champagne durant l’hiver 1914-1915. Le 17 mai 1919, il obtiendra une citation à l’ordre de la 33e division d'infanterie, la grande unité de rattachement du 9e régiment d'infanterie, pour son action lors des combats de 1914-1915 :« A participé avec entrain, courage et sang-froid à toutes les opérations du début de la campagne, blessé au Sud de Sedan, a rejoint de bonne heure le front où il s'est signalé dans toutes les attaques de Champagne durant l'hiver 1914-1915 et particulièrement dans celle des tranchées Brunes et Hurlus et des Perthes. »

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    Le 5 mars 1915, il est fait prisonnier à Perthes-les-Hurlus, au Nord-Est de Châlons-en-Champagne et interné dans l’Oflag de Friedsberg, puis dans celui d’Illerwangen dans le Wurtemberg. Il est promu capitaine le 24 juin 1916.

    De retour en France le 30 novembre 1918, il est affecté au DTI de Toulouse puis, le 26 mars 1919, il réintègre comme commandant de compagnie le 9e régiment d'infanterie, à Agen, où il s’initie aux enseignements de la fin de la guerre.

     Le 22 février 1921, il passe au 109e régiment d'infanterie en Rhénanie, puis dans la Ruhr ; il commande une compagnie de fusiliers-voltigeurs puis une compagnie de mitrailleuses. Le 10 avril 1923, il passe au 14e régiment d'infanterie ; il commande une compagnie et, en l’absence de son chef de bataillon, le détachement de Foix. Dans ces différents emplois, il est jugé « d’une belle tenue, d’une conduite irréprochable et méritant à tous égards ».

    Le 10 juin 1926, il rejoint le 502e régiment de chars de combat, à Angoulême ; il en est détaché du 1er juillet au 1er septembre 1926 pour suivre les cours de l’école d’application des chars. Il commande ensuite remarquablement une compagnie avant de prendre, le 23 octobre 1927, la fonction d’adjoint au chef de corps, le colonel Dufoulon ; il s’y distingue par sa brillante intelligence, son aptitude à traiter vite et bien les questions les plus diverses.

     Le 27 mars 1930, il rejoint la 5e brigade de chars où il remplit avec la même facilité les fonctions d’adjoint au commandant de la brigade, le général Dufoulon. Revenu au 502e régiment de chars de combat le 10 mai 1932, et promu au grade de chef de bataillon le 26 juin de cette année, il prend le commandement du 2e bataillon qu’il  Bourguignon « exerce avec la plus belle maestria » note le colonel Bourguignon.

    Le 9 novembre 1934, il part pour l’école d’application de l’infanterie et des chars comme instructeur. Son supérieur, le général Touchon, loue son énergie, sa fermeté, son activité et ses qualités d’instructeur.

    Le 1er décembre 1935, il passe au centre d’instruction des chars à Versailles que dirige le colonel Bruché ; il se fait de nouveau remarquer à la tête des divisions d’application pour la « vigoureuse et productive impulsion qu’il donne de l'instruction ». Le 13 juillet 1937 le centre d’instruction des chars devient l’École des chars de combat où ilà l’instruction »prend les fonctions de directeur de l’instruction militaire et obtient le grade de lieutenant-colonel le 25 mars 1939.

    Maintenu à l’École des chars à la mobilisation, il continue à remplir brillamment sa mission puis devient commandant en second le 11 novembre 1939.

     Le 17 mars 1940, il est nommé au commandement du groupe de bataillons de chars n°533 ; jusqu’à la dernière minute, il se dévoue à l’école malgré la lourde charge que constitue la formation et l’instruction de son GBC (46e) qui devient la 6e demi-brigade de chars.et 47e BCC.

     Le 15 mai 1940, il entre avec sa demi-brigade dans la constitution de la 4e DCR du colonel de Gaulle. Il combat avec cette dernière à Montcornet, Crécy-sur-Serre puis Abbeville. Il retraite ensuite avec sa division entre Therainet Dordogne. Le général de la Font, commandant la 4e DCR, écrit : « La guerre l’a consacré comme un magnifique chef de chars. »

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    Le général Sudre au sommet de son blindé à Marseille, le 27 août 1944

    © Collection Charles et Julien Jansana, DR Droits réservés

    Son rôle à la tête de la 6e demi-brigade pendant la campagne de mai-juin 1940 lui vaudra une citation à l’ordre du corps d’armée, le 15 mai 1943 : « Chef énergique payant de sa personne en toutes circonstances. A brillamment conduit sa demi-brigade à Montcornet, à Crécy, au Mont de Caubert, animant ses unités, manœuvrant avec habilité et audace, en particulier le 17 mai 1940 laissant son char à la garde d'un défilé, s'est porte à découvert aumilieu de ses unités afin de mieux les guider. » Entre-temps, il a reçu la croix d’officier de la Légion d’honneur le 2septembre 1940.

    Le 16 juillet 1940, après la dissolution de sa demi-brigade, il devient chef d’état-major de la subdivision de Brive. Maintenu dans les cadres de l’armée d’armistice, il est placé le 1er août 1940 à la tête du régiment de cuirassiers motorisés et classé pour ordre au 26e régiment d'infanterie le 1er septembre. Le 25 octobre 1940, l’armée d’armistice ayant interdiction de posséder des chars, il passe au 51e régiment d'infanterie, à Albi, où, comme commandant en second du colonel Foucault, il est chargé de diriger l’instruction, fonction dans laquelle il excelle et obtient les meilleurs résultats.

    Le 1er décembre 1941, il passe dans l’arme de la cavalerie et, le 22 janvier 1942, il quitte la métropole pour l’Algérie où il prend le commandement du 2e régiment de chasseurs d’Afrique, à Oran, où il est promu colonel le25 mars suivant. Il trouve ce régiment mal organisé et manquant d’impulsion à la suite d’une interruption de plusieurs mois dans le commandement. Malgré la lourdeur de cette unité (3 GE dont l’un de chars D2, l’autre d’AM motos, le 3e de portés), malgré les difficultés d’installation matérielle (3 quartiers dispersés dans Oran et un escadron à Misserghin), malgré son origine étrangère à la cavalerie, il réussit en quelques semaines à donner à son régiment une impulsion et une cohésion remarquables, sachant s’attacher ses cadres par son caractère franc et gai,sa justice et surtout son exemple.

    Du 8 au 10 novembre 1942, il s’oppose au débarquement américain sur la côte africaine. Engagé contre les forces germano-italiennes à partir de la mi-novembre, il est notamment au combat de Thala le 23 février 1943. Début mars 1943, il rentre à Oran où son régiment doit entrer dans la composition de la 1re division blindée et être équipé en matériel américain.

    Au moment de la création de la 1re division blindée, le chef de cette dernière, le général Touzet du Vigier,l’appelle le 25 avril 1943 à la tête de la brigade de chars de la division qui deviendra le Combat Command. Il y  donne toute la mesure de sa compétence et de son esprit d’organisation et, sans se laisser rebuter par des difficultés provenant aussi bien du personnel que du matériel, il réussit en peu de temps à créer de toutes pièces une brigade instruite sur un matériel américain entièrement nouveau, au moral très élevé et d’une magnifique tenue. Jusqu’à l’été 1944, il entraîne son Combat Command au cours de nombreuses manœuvres, travaillant beaucoup pour mettre  au point son emploi tactique selon les normes américaines. Le 25 juillet 1943, il est promu général de brigade à titre temporaire.

    Le 15 août 1944, le Combat Command débarque en Provence avec les éléments d’assaut du 6e corps américain. Il se distingue lors des combats pour la prise de Marseille puis entame la remontée du sillon rhodanien, atteignant successivement Lyon, Mâcon, Beaune, Dijon et Langres où il obtient la capitulation de la citadelle. Pour l’ensemble de ces opérations, il est fait commandeur de la Légion d’honneur le 24 septembre 1944.

    Le 9 octobre 1944, il abandonne le commandement du pour devenir adjoint du général du Vigier commandant la division. A ce titre, il le conseille et règle la coopération des différents  Combat Command de la division, jouant un rôle important lors des combats de la région du Thilliot, de la vallée de Servance et de Rupt-sur-Moselle au cours desquels il fait face à des situations très délicates avec des moyens faibles. Il participe ensuite à la conquête du sud de l’Alsace et à la prise de Mulhouse le 21 novembre 1944.

    Le 5 décembre 1944, il prend le commandement de la 1re DB, remplaçant le général du Vigier nommé gouverneur militaire de Strasbourg. Ce dernier écrit : « Je ne pouvais souhaiter mettre cette division en meilleures mains. »

    Il conduit sa division avec brio lors des opérations de la poche de Colmar en janvier-février 1945. Pour cette action, la 1re division blindée obtient une citation à l’ordre de l’armée le 29 avril 1945 :« Magnifique division blindée qui, aux ordres du général Sudre, a pendant trois semaines de combats incessants, dans des conditions atmosphériques très dures et contre un ennemi se défendent farouchement, puissamment contribué à la réduction de la poche de Haute-Alsace et à la victoire de Colmar. Du 20 janvier au 3 février, appuyant l'action des n°.division d'infanterie marocaine et n°. division d'infanterie coloniale, elle participe à la conquête pied à pied de tout le bassin minier des potasses, menant de durs et couteux combats de jour et de nuit dans un terrain fortement miné et âprement défendu, et devant les blindés allemands supérieurs en qualité. Profitant de la première percée,elle passe ensuite à l'exploitation et, après avoir fait sa jonction le 5 février à Sainte-Croix-en-Plaine avec les unités américaines venant du Nord, fait face à l'Est et force avec l'infanterie des lignes d'eau successives de l'Ill et du Canal du Rhône Au Rhin, atteignant le Rhin le 9 au matin au pont de Chalampe. A, au cours de ces vingt journées de lutte, capturé de nombreux prisonniers et un important butin achevant ainsi de façon particulièrement glorieuse la tâche qu'elle avait si brillamment commencée en libérant Mulhouse en novembre 1944. »

    Lui-même obtient la croix d’officier de la américaine Legion of Merit américaine « pour conduite exceptionnellement méritoire dans l'accomplissement des remarquables services en Afrique du Nord et dans le Sud de le France du 15 juillet au 20 août 1944. Comme général commandant le groupement tactique n°1 de la 1re division blindée française, le général Sudre a fait preuve de qualités techniques et professionnelles en entraînant et préparant son unité pour l'invasion alliée du Sud de la France. Le 15 août après le débarquement de ses unités blindées sur des plages difficiles, il a dirigé une avance brillamment conçue sur Goufaron puis sur le Luc et Brignolles et enfin sur Saint-Maximin, réussissant à désorganiser et à mettre en déroute une énergique résistance allemande. Cette manœuvre, qui a permis le capture d'un grand nombre de prisonniers et d'une importante quantité de matériel et d'équipement ennemie a contribué largement à l'avance victorieuse des forces alliées depuis leur tête de pont initiale. »

    En avril 1945, sa division constitue l’avant garde du 1er corps d’armée du général Béthouart, et joue un rôle déterminant dans les combats menés sur le sol allemand. Le 20 avril, il débouche de la région de Freudenstadt et fonce vers le Danube qu’il atteint à Müllheim puis à Tuttlingen. Sans laisser de répit à ses adversaires, il poursuit son avance le long du fleuve parcourant plus de 80 kilomètres en treize heures, atteignant Ulm le 23 avril et entrant dans la ville le lendemain, en même temps que les troupes américaines venues du Nord. Il s’élance ensuite vers le Sud-Est en direction des Alpes bavaroises et autrichiennes, arrivant à Immenstadt le 30 avril. Le lendemain, il franchit la frontière autrichienne à Aach.

    Pour sa participation brillante à la campagne d’Allemagne, la 1re DB obtiendra une nouvelle citation à l’ordre de l’armée le 23 juillet 1946 : « Magnifique division blindée qui, aux ordres du général Sudre, a joué à l'avant-garde du 1er corps d’armée un rôle déterminant au cours de la campagne d'Allemagne et d'Autriche d'avril-mai 1945. Débouchant le 20 avril de la région de Freudenstadt, la 1re DB, moins le CC3, qui participe avec la 9e DIC aux opérations de dégagement de la rive droite du Rhin et de la frontière Suisse, fonce sur le Danube qu'elle atteint le 21 à Müllheim puis à Tuttlingen, saisissant les ponts intacts par lesquels elle s'engouffre pour se rabattre aussitôt face à l'Est. Poussant résolument et sans un instant de répit le long du fleuve, parcourant en combattant plus de 80km en 23 heures, ses éléments de tête atteignent en fin de journée du 23 Ulm où ils entrent le 24 en même temps que les troupes alliées venant du Nord. S'élançant ensuite, face au Sud-Est, vers les Alpes bavaroises et autrichiennes, la division atteint Immenstadt le 30 avril et franchit le lendemain la frontière austro-allemande à Aach. Au cours de cette action fulgurante en territoire allemand, la 1re division blindée a capturé 30.000 prisonniers, dont 8 généraux, détruit ou pris intact un matériel considérable dont plus de 100 pièces d'artillerie,des trains entiers de matériel, un nombre impressionnant de véhicules de toutes sortes, plusieurs dizaines d'avions. Elle a, en deux semaines, réalisé la plus belle, la plus souple et la plus efficace des manœuvres d'exploitation pouvant être confiées à une division blindée. »

    Après la cessation des hostilités, la 1re DB rejoint sa zone d'occupation dans le Palatinat où elle passe deux mois,puis, dès que l'organisation du secteur français de Berlin le permet, l'état-major de la division s'y rend. Le 5 septembre, l'état-major de la division vient s’installer à Trèves. Du 6 septembre au 3 novembre 1945, il exerce le commandement provisoire du 2e corps d’armée et assure le commandement de la zone française Rhénanie et Hesse-Nassau. Le 1er octobre 1945, il est promu général de division. Après cinq mois d’occupation en Allemagne,la 1re DB, à effectifs réduits par la démobilisation, revient en France et stationne dans l’Ouest de la France ; elle est dissoute le 31 mars 1946.

    Le 10 avril 1946, le général Sudre prend à Tours la tête de l’élément divisionnaire blindé n°1, qui a succédé à la1re DB.

    Le 26 juin 1948, il devient inspecteur de l’arme blindée et de la cavalerie. Atteint par la limite d’âge, il quitte l’armée le 8 février 1949 et se retire à Lavaur. Bien que proposé en décembre 1947 pour le grade de général de corps d’armée, il n’obtient finalement pas sa quatrième étoile. Il est néanmoins élevé à la dignité de grand-officier de la Légion d’honneur le 27 octobre 1948.Le général Sudre est décédé le 20 novembre 1980 à Lavaur (Tarn). Il est inhumé dans le cimetière de cette ville.Il était grand-officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1914-1918 (1 citation), Croix de guerre 1939 (3 citations), Croix du Combattant, médaille coloniale avec agrafe « Tunisie 1942-1943 », médaille commémorative de la Grande guerre, médaille interalliée de la Victoire, médaille commémorative 1939-1945 avec agrafes « France », « Libération » et « Allemagne », médaille des Blessés. 

    Texte biographique émanant du site (achat par le blog MÉMOIRES DE GRAULHET)
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