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La Marianne graulhétoise

La Marianne graulhétoise se trouve dans la Salle de la République à l'Hôtel de Ville

La Marianne graulhétoise se trouve dans la Salle de la République à l'Hôtel de Ville

 

Une inconnue célèbre : Marianne, emblème de la République

Par Virginie Inguenaud

Son buste, dont il n’existe pas de modèle officiel, est placé dans de nombreuses mairies et administrations et pourtant aucun texte réglementaire n’impose sa présence. Elle concurrence avec bienveillance le drapeau tricolore, emblème national privilégié par la constitution de 1958, mais incarne aussi bien que lui la République française.

Il s’agit de Marianne, figure allégorique moderne, dont de nombreux artistes se sont attachés à fixer les traits depuis la fin du XVIIIème siècle. Le sculpteur Jean-Antoine Injalbert (né à Béziers en 1845, décédé à Paris en 1933) a fourni un modèle dont les nombreuses reproductions témoignèrent du succès pendant plusieurs décennies.

Thème et variations

Une œuvre à la paternité avérée d’un côté, de nombreux exemplaires de l’autre, on pourrait croire à la reproduction quasi industrielle d’un buste dont le modèle n’aurait pas été protégé. Mais c’est en fait l’Etat qui, en juillet 1889 (la date n’est pas innocente), a passé commande à Injalbert de trois bustes de la République de trois grandeurs différentes, pour qu’ils soient ensuite déclinés en plusieurs exemplaires et matériaux (en marbre, en biscuit de Sèvres, mais surtout en fonte ou en plâtre) par d’autres praticiens afin de connaître une large diffusion. La majorité sont en plâtre, plus rarement en marbre ou porcelaine ; autre exemple en bronze au tribunal administratif de Melun, à la mairie de Payrac (Lot, fondeur Siot-Decauville), de Graulhet (Tarn), Place du Mercadial, à Lautrec (Tarn),...

Si la loi du 5 avril 1884 sur l'organisation des pouvoirs municipaux, promulguée sous le ministère de Jules Ferry, obligeait chaque commune à avoir un hôtel de ville (qu’elle en soit propriétaire ou locataire), l'achat d'un buste et son installation dans la salle du conseil restaient facultatifs. Les conseils municipaux pouvaient donc voter ou non son acquisition, tout comme ils restaient libres d’accepter ou de refuser les dépôts proposés par l’Etat de la version d’Injalbert, version dont la postérité s’étendit jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale.

Les raisons d'un succès ?

Faut-il trouver l’explication de ce succès sous la plume d’un critique de la fin du XIXème siècle ? Ainsi Gustave Larroumet parlait-il d’Injalbert et de son modèle de Marianne : « Chargé par l'État d'exécuter un buste de la République, il a renoncé à la matrone gréco-romaine, image officielle de notre pays, et bravement il a pris pour modèle une Française, qu'il a coiffée du bonnet phrygien en lui laissant sa finesse et sa grâce » (Petits portraits et notes d'art, Paris : Hachette, 1897-1900, t. II, p. 285). A cette finesse et cette grâce s’ajoute néanmoins un air ferme et décidé sur un visage au menton discrètement volontaire, à l’image d’une actrice s’apprêtant à déclamer sur scène une tirade attendue car Injalbert « aime le mouvement et la vie jusqu’à la violence, la parole éloquente jusqu’à la déclamation, le geste ample jusqu’à l’emphase ».

D'un symbole à l'autre : une allégorie moderne

Innovante par son mélange de joliesse et de fermeté, la « Marianne » d’Injalbert reprend pourtant, en l’adaptant, le type iconographique mis en place dès la fin du XVIIIème siècle : véritable militante, elle arbore le bonnet phrygien, symbole de liberté (en 1871, pour donner de la jeune troisième République une image plus sage, le président Adolphe Thiers avait interdit la représentation de ce couvre-chef en tant qu’ « emblème séditieux »). Son vêtement en forme de cuirasse est également riche de sens : il est orné en son centre, non plus d’une tête de Méduse (censée pétrifier ses ennemis par son seul regard) comme pour d’autres modèles, mais d’un mufle de lion, symbole de la force populaire (la République étant légitimée par le suffrage universel depuis 1848).
 

© Virginie Inguenaud / Responsable des collections historiques (1791-1870) Centre national des arts plastiques - Tous droits réservés

Jean-Antoine Injalbert

Portrait de Jean Antonin Injalbert 
Signature sur la Marianne graulhétoise

Jean-Antoine Injalbert, dit Antonin Injalbert, est un sculpteur français né le 23 février 1845 à Béziers et mort le 20 janvier 1933 à Paris.

Fils d'un tailleur de pierre, Jean-Antoine Injalbert est orphelin de mère à la naissance. Il passe son enfance à Béziers, puis entre à l'École des Beaux-Arts de Paris. L'art néo-baroque de cet élève d'Auguste Dumont est marqué par l'influence de Puget, Carpeaux et par le naturalisme de Jules Dalou[

Sa première œuvre est le tympan de la chapelle du Bon-Pasteur à Béziers. Il reçoit le prix de Rome de 1874 pour La Douleur d'Orphée. Il expose Le Christ à l'Exposition universelle de 1878 à Paris. Il obtient un grand prix à l'Exposition universelle de 1889. Son Buste de Marianne, réalisé à l'occasion du Centenaire de la Révolution française en 1889, est un des plus répandus dans les mairies et les écoles françaises à la fin du XIXe au début du XXe siècles.

Il est membre de la délégation de la Société nationale des beaux-arts de 1901 à 1905 . Son enseignement aux Beaux-Arts de Paris, de 1891 à 1929, est lié au groupe des Toulousains, par lequel Antoine Bourdelle fut profondément marqué.

Jean-Antoine Injalbert meurt le 20 janvier 1933 à son domicile au 57, boulevard Arago dans le 13e arrondissement de Paris. Il est inhumé au cimetière vieux de Béziers.

Le fondeur Joseph Malesset

En 1906, Joseph Malesset, auparavant propriétaire d’une fabrique d’appareil pour eau de Selz, se porte acquéreur à la fois de Gasne, successeur de Thiébaut frères, et des établissements Molz, qu’il fusionne en une unique société en commandite dont il est le gérant, sous la raison sociale « Joseph Malesset ». Molz reste propriétaire des locaux qu’il loue à Malesset.

L’entreprise bénéficie d’une ampleur considérable. On y fond le bronze, le cuivre, l’étain et le zinc. Malesset fait de Molz une fonderie exclusivement industrielle spécialisée dans les pièces de bronze pour automobiles, tandis que Thiébaut-(Gasne)-Malesset reste réservée à la fonte d’art.

Dès 1909, Malesset, qui a transformé son entreprise en une « Société anonyme des fonderies Malesset » abandonne la fonderie Molz, reprise par deux ingénieurs Poitevin et Klein qui poursuivent dans la voie imposée par Malesset.

Sources Wikipédia - Tous droits réservés
Photos  François MAZENS - Tous droits réservés

 

 

 

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