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L'HISTOIRE DES PLAQUES D'ASSURANCE SUR LES BÂTIMENTS ANCIENS.

L'histoires des plaques d'assurances sur le bâtiments anciens….

Ici à Graulhet au 13 rue du Docteur Bastié

En flânant regardez les façades des maisons… 

Texte : Jean-Philippe LAUREAU / Expert d'Assurance honoraire. Écrivain Historien

À l'origine, l'assurance était maritime et l'assurance incendie ne va apparaître en France qu'à la fin du XVIIIème siècle et elle ne trouvera véritablement preneur qu'au XIXème siècle lors de la révolution industrielle. En la matière, les Anglais ont été des précurseurs à la suite du gigantesque incendie de Londres en 1666 qui a pris naissance dans le fournil d'un boulanger et lequel a détruit une partie de la ville. En France, il faudra attendre celui qui a démarré dans la salle des suifs de l'Hôtel Dieu à Paris en 1772 pour atteindre tout un quartier pour que l'assurance Incendie se développe en remplacement des "Bureaux des Incendiés" ou des "Caisses diocésaines" qui existaient à Paris dès 1717 et en province, savoir des fonds provenant de cotisations ou de la charité privée, les futures "Caisses départementales".

A Graulhet au 20 et 35 rue de Panessac 

Mais ce n'est qu'à partir de 1754 que vont apparaître les 2 premières compagnies d'Assurance Incendie, dont l'une, la Société d'Assurances Générales, avait obtenu du Roi Louis XV le privilège d'étendre son assurance maritime aux immeubles et l'autre, la Compagnie Royale d'Assurances contre l'Incendie qui deviendra La Nationale, ancêtre du GAN.

Cette dernière, avant de disparaître à la Révolution lors de la nuit du 4 août 1789 abolissant les privilèges et de renaître par la suite sous le nom précité, pour chaque maison assurée, elle va apposer systématiquement une petite plaque en métal portant les lettres M.A.C.L qui voulaient dire: Maison Assurée Contre L'incendie, principe repris en 1817 par la Compagnie d'Assurance Mutuelle Contre l'Incendie pour les Maisons de Paris à l'aide de plaques en tôle quand ces lettres n'étaient pas gravées dans la maçonnerie ou simplement peintes.

Pour l'anecdote et dans l'esprit caustique des parisiens annonçant les "Sans culotte", on donna à la fin de l'Ancien Régime, non sans un certain réalisme, une signification tout autre à ces lettres, savoir: "Marie Antoinette Cocufie Louis" ou lors de la Restauration de ce régime en 1814 avec Louis XVIII: "Mes Amis Chassons Louis".

Par la suite, les assureurs vont prendre l'habitude de clouer une plaque de différentes couleurs ou bien unie mais rehaussée d'un filet d'or au dessus de la porte principale ou celle cochère de chaque immeuble assuré, mettant en évidence et souvent en relief le nom de leur Compagnie ou de leur Mutuelle avec sa symbolique comme un soleil, un aigle, une abeille, une gerbe de blé, des divinités ou des motifs représentant le travail par une enclume, la paix avec une colombe, l'abondance avec une corne, le commerce et l'industrie par des rouages ou une balance.

Citons pèle-mêle et pour exemples les plaques bien connues des sociétés: La France, L'Union, l'Urbaine, La Providence, Le Soleil, Le Secours, La Mutuelle de l'Indre, La Paix, La Séquannaise, L'Aigle, Le Phœnix, Les Assurances Générales de France, L' Uap ou comme ci dessus L'Abeille Bourguignonne fondée à Dijon en 1856 et bien d'autres encore...

Au départ, ces petites plaques rectangulaires en tôle étaient faites et peintes à la main par la Maison fondée en1825 par un certain Hébrard de Villiers, puis fabriquées de façon industrielle dès 1832 par estampage pour donner du relief et aussi par vernissage au four. Ces procédés ont été depuis améliorés par ses successeurs N. Nollet puis M.Manceau avant la production de plaques émaillées modernes dans la première moitié du XIXème siècle. À noter que les agences ou les bureaux d'assurance arboraient également des plaques en guise d'enseigne, mais ces dernières étaient de dimensions plus importantes avec bien entendu toujours un texte sur les activités.

Ces plaques "publicitaires" ou de "réclame" servaient également à indiquer les bâtiments assurés, mais aussi à les désigner auprès de gens ayant donné l'alerte ou d'éventuels sauveteurs venus aider lors d'un incendie en leur signifiant aussi qu'une récompense pouvait être remise afin de les stimuler. À noter que le caractère bénévole de l'intervention des Sapeurs-Pompier n' excluait pas non plus un geste de l'assureur de l'époque en cas de sauvetage certain, mais les temps ont bien changé depuis.

On attribue également à ces plaques le fait qu'elles avaient un effet protecteur et surtout en zone rurale où les rivalités étaient fréquentes, ainsi et à la fin du XIXème siècle. les actes de malveillance représentaient déjà 20 à 30% des sinistres incendie. En effet, on croyait que le voisin mal intentionné ne pouvait ruiner définitivement le propriétaire d'un immeuble si il était assuré et l'on observait même que très peu de bâtiments munis d'une plaque d'assurance étaient sinistrés, d'où une forte demande d'assurance dans nos campagnes.

Ces faits sont en partie tirés de l'excellent ouvrage de G.Hamon dans son "Histoire Générale de l'Assurance en France et à l'Étranger", édition de 1895, réédité par la BNF.

Texte : Jean-Philippe LAUREAU / Expert d'Assurance honoraire. Écrivain Historien - https://www.linkedin.com/pulse/lhistoire-des-plaques-dassurance-sur-les-b%C3%A2timents-jean-philippe/

Photos François MAZENS - Tous droits réservés

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