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Salaires des mégissiers - L'Humanité 7 mars 1933

Les enquêtes de nos rabcors

7 mars 1933


DES SALAIRES DE 120 FRANCS PAR SEMAINE CHEZ LES MÉGISSIERS DE GRAULHET


 
Graulhet est une petite ville ouvrière du Tarn de 8000 habitants environ. Sa principale industrie est la mégisserie. Du monde entier, parviennent à cet endroit des peaux de mouton ou de chèvre que l'on tanne et livre propres à la consommation : doublures peau des chaussures, etc.

Le chômage s'est installé depuis quelque temps dans les usines, et dans beaucoup de foyers,« c'est la "misère.

Dans la ̃̃ Dépêche de Toulouse, un certain-André Jaurès dépeignait ainsi la situation '̃

:| « ̃En 1928 les 100 usines de Graulhet produisaient 36.000 peaux de moutons par semaine, soit environ 18 millions par an, plus un million de peaux de chèvres pour la maroquinerie. Maintenant, en raison de la crise, ce sont 11 millions de peaux seulement qui sortent des fabriques ».

Et de nous assurer que les industriels graulhétois subissent la crise avec courage ». Deux ou trois usines seulement auraient fermé leurs portes. Toutes les autres, travaillant sans bénéfices, ou peu s'en faut.

Toujours d'après la Dépêche, les patrons hésitent tellement à se séparer des ouvriers et ceux-ci comprennent si bien la situation qu'ils « préfèrent gagner un peu moins, et avoir du travail Examinons un peu ces arguments. Trois usines seulement ont fermé : Oui, mais ce sont les plus importantes. Les autres occupent 8 à 10 ouvriers, quelquefois même 2 ou 3: Et il y a du chômage partiel.

De vieux ouvriers ayant de nombreuses années de service dans les usines ont été renvoyés. En 1930, les mégissiers gagnaient 186, 192, 200 et jusqu'à 210 francs par semaine.

Actuellement, ceux qui travaillent continuellement arrivent à peine à 156 et 162 francs. -Des, patrons embauchent même à 120 francs par semaine.

Les pères de famille touchaient autrefois une prime mensuelle, versée par le syndicat patronal. Aujourd’hui, plus rien. En chômage la municipalité SFIO. alloue 42 francs par semaine. Les ouvriers mariés et dont la femme ne travaille pas touchent 60 francs.

Face à cette situation deux syndicats un confédéré et un unitaire, très faibles. La combativité de ce dernier ne suffit pas à elle seule. .̃.̃̃

Les mégissiers doivent rejoindre en masse leur. Syndicat unitaire et réaliser à la base leur front unique de lutte. L’attaque patronale va s'accentuer. Il faut organiser la résistance, établir un cahier de revendications sérieux et précis, répondant bien aux aspirations des travailleurs. La lutte des chômeurs doit être liée à celle des ouvriers occupés. Ainsi par l'action, les mégissiers arracheront de meilleures conditions de travail et des salaires plus élevés.

Rabcor.

Appel aux travailleurs de Graulhet. L' « Huma » est le seul journal qui décrit véritablement votre situation. Formez un comité de défense de l’Huma. Diffusez l' « Huma » !

 

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