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Raid Paris Persépolis Paris 1971
Un an après le succès du Paris-Kaboul, Jacques Wolgensinger décide de renouveler l’expérience, cette fois-ci en prenant la direction de l’Iran. Mille trois cents participants, embarqués sur quatre cent soixante-sept « deux pattes » et dérivées, se lancent dans l’aventure. En tout, treize mille cinq cents kilomètres de route et de pistes traversant la France, l’Italie, l’ex-Yougoslavie, la Grèce, la Turquie, le Kurdistan et enfin l’Iran.
Le 31 juillet 1971, les concurrents du Raid Citroën 2 CV Paris Persépolis Paris quittent les halles de Rungis pour l’autoroute A6, direction le tunnel du Mont-Blanc en Haute-Savoie. Le tout sous les yeux de vacanciers surpris par ce cortège de voitures à la décoration parfois farfelue. Le périple se déroule normalement jusqu’en Turquie, où les véhicules sont régulièrement la cible de galopins, dont le jeu préféré est de jeter des pierres sur les phares et les pare-brise.
Mécanique au Top pour le raid Citroen 2 CV Paris Persepolis Paris
Côté mécanique, tout se passe heureusement pour le mieux. Le témoignage de ce concurrent restitué bien plus tard par la depeche.fr est plus qu’éloquent sur la fiabilité de la fameuse « Deudeuche » : « Ce périple a duré trente et un jours, et nous n’avons pas eu une seule panne, sinon une crevaison, sur une route asphaltée à dix kilomètres de Téhéran ! ». Le 30 août, quatre cent dix 2 CV Dyane et Méhari sont de retour dans les temps à Rungis. Fort de cette réussite, et pour prolonger l’esprit de ce type de raid, Jacques Wolgensinger envisage une nouvelle forme de compétition pour Citroen. Un an plus tard, le premier 2 CV Cross voit ainsi le jour à Argenton-sur-Creuse.
Les caractéristiques du Raid Citroen 2 CV Paris Persepolis Paris
Départ : Paris (Halles de Rungis) Arrivée : Persépolis, et retour à Paris (Halles de Rungis) Villes traversées : Milan, Split, Istanbul, Ankara, Hamadan. Distance 13 500 km Durée : 31 juillet au 30 août 1971
Quelques coups de pompe pour les concurrents et leurs voitures, mais rien de grave à signaler sur ce périple de près de 1 3 500 kilomètres.
1 300 jeunes ont pris la route à travers l’Italie, l’ex-Yougoslavie, la Grèce, la Turquie, le Kurdistan et l’Iran.
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LE LIVRE INDISPENSABLE



Son raid à Persépolis devient un livre
Publié le 06/11/2011
40 ans après, le Saintais Pierre Lacasta raconte son périple à travers l'Europe et le Moyen-Orient. Soit 13 500 kilomètres dans une 2 CV qu'il a conservée. Petit retour en arrière. Pierre Lacasta, 60 ans, professeur d'Espagnol au lycée de Pons à la retraite depuis un an, parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. D'un temps où la climatisation dans les voitures n'existait pas, où les bonnes vieilles cartes routières faisaient office de GPS et où l'électronique n'avait pas encore envahi le tableau de bord. Bref, il parle de sa voiture de jeunesse, une robuste 2 CV de 1955 avec laquelle il a, en 1971, parcouru l'Europe et le Moyen-Orient, en compagnie de son ami Jean-Paul Martin, lors du raid Citroën Paris-Persépolis-Paris. Soit 13 500 kilomètres bouclés à bord d'une « Deudeuche » qui est l'une des seules rescapées de cette aventure hors du commun. Un bijou de famille convoité par les organisateurs de salons consacrés à la gloire des 2 CV et que le Saintais conserve dans un garage loin des regards envieux. Cabossée, fatiguée, mais toujours sur ses quatre roues, cette pièce de collection a de quoi faire à nouveau vibrer ses chevrons de plaisir. Son conducteur vient, en effet, d'éditer à compte d'auteur un livre retraçant tout ce périple vécu il y a quarante ans et préfacé par Jean-Pierre Beltoise (1).
Fêter ses 21 ans à Téhéran, en plein milieu du mois d'août, après des milliers de kilomètres passés au volant d'une 2 CV et avoir traversé des pays qui n'existent plus comme la Yougoslavie, forcément ça laisse des traces et des souvenirs. Le premier remonte à fin août 1970. « C'était à Paris. J'ai assisté par hasard à un défilé de 2 CV qui venaient de boucler le premier raid organisé par Citroën entre Paris et Kaboul. C'est ce qui m'a donné envie de participer à la seconde édition l'année suivante », se souvient Pierre Lacasta.
Une couchette dans la 2 CV
À cette époque, son père lui avait offert une 2 CV grise avec quinze ans d'ancienneté au compteur. « Je l'avais repeinte en jaune bouton-d'or pour que ça fasse plus jeune. Il n'y en avait pas deux comme ça. Je faisais sensation », s'amuse aujourd'hui le Saintais.
Il s'inscrit donc au raid Paris-Persépolis-Paris auprès de Citroën et se retrouve sélectionné avec 650 autres équipages. D'où le titre de son livre : « 1 300 jeunes en 2 CV sur les pistes de l'aventure. » Pour le début des années 70, ce raid, avec autant de véhicules, est un énorme pari. Le constructeur automobile doit apporter une grosse logistique.
Une dizaine d'étapes figurent au programme. « Il y avait une ribambelle de voitures sur les routes. Dans beaucoup de coins qu'on a traversés, ils n'avaient jamais vu ça. Notamment en Iran où nous avons reçu un accueil fantastique de la part de la population. Nous avions l'impression d'être des héros », se souvient Pierre Lacasta.
Mais, avec un moteur de 425 cm3 et des pointes de vitesse à 80 km/h, le temps a, parfois, paru long. « Nous avions aménagé une couchette adaptable à la place du passager. Nous retournions le siège pour nous allonger dans l'habitacle. Pendant que l'un de nous deux conduisait, l'autre pouvait se reposer. Et, la nuit, nous dormions dans la voiture », précise l'intéressé.
Des anecdotes, ce passionné en regorge. Comme ce Stanbouliote interviewé par ses soins sur les affres de la conduite à Istanbul, grosse métropole de Turquie. « J'ai accompagné le livre d'un CD audio sur lequel figure cette interview. J'avais emporté avec moi un magnétophone pour réaliser un reportage. C'est d'ailleurs ce qui m'a permis de terminer septième au classement final après le retour à Paris. Plusieurs concurrents ont, en effet, été départagés grâce à leurs reportages. » Son prix ? : une 2 CV6. « Du coup, j'ai, par la suite, roulé avec la neuve. C'est sans doute ce qui a sauvé la jaune bouton-d'or. »
Musée éphémère à Salbris
En intégrant le comité d'organisation du rassemblement mondial des 2 CV qui s'est déroulé, l'été dernier, à Salbris, dans le Loir-et-Cher, Pierre Lacasta a eu l'occasion d'exhumer ses vieux souvenirs. « On m'a demandé si on pouvait exposer ma voiture dans un musée éphémère. J'ai ressorti tous mes vieux documents sur le raid que j'ai numérisés pour préparer l'exposition », explique-t-il.
C'est alors que quelqu'un lui a suggéré de faire un livre. « C'était un gros truc, mais je me suis lancé pour qu'il puisse sortir au moment du rassemblement de Salbris. » Tiré à 1 000 exemplaires, ce livre est encore disponible dans les librairies de la région.
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