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une célébrité graulhétoise oubliée
Le Père Élie COLIN
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Né à Graulhet (Tarn), le 28 novembre 1852, Élie Colin fait ses études d’abord à la maîtrise d’Albi, puis au petit séminaire de Lavaur. Il entre au noviciat des jésuites de Toulouse le 25 août 1870. De 1872 à 1874, il se perfectionne dans les études littéraires à la maison Sainte Marie de Toulouse. Après quoi, durant trois ans il étudiera la philosophie à Vals près le Puy. À la rentrée des classes de 1877 et jusqu’en 1882, il enseignera d’abord la grammaire puis les mathématiques et les sciences à Bordeaux, Sarlat, et Monaco. À l’automne 1882, il commence l’étude de la théologie et en 1886 entreprend des études spécialisées en sciences. L’année suivante on l’enverra à Stonyhurst College, près de Blackburn, en Angleterre, auprès du P. Perry, célèbre astronome. Il est déjà désigné pour fonder et diriger un observatoire à Madagascar. L’année suivante, il fera encore un stage à l’Observatoire de Montsouris. Ses projets malgaches seront vivement soutenus par Mascart et Le Myre de Vilers. C’est fin 1888 que le P. Colin s’embarque à Marseille. Il arrive à Tananarive, le 4 janvier 1889. Dès le mois d’avril de cette année, il commence la construction de l’Observatoire d’Ambohidempona. L’année suivante commencent les publications des observations météorologiques. Dès son débarquement à Tamatave, il contracta la fièvre. En 1893 son état de santé est tel qu’il devra rentrer en France pour se soigner. Grâce aux quelques auxiliaires qu’il a pu former, l’Observatoire continue à fonctionner jusqu’en août 1895. Cette première œuvre sera détruite sur ordre du gouvernement malgache le 18 septembre. Après la guerre Franco-hova, dès les premiers mois de 1896, le P. Colin regagne Tananarive. Il faudra du temps pour reconstruire, de façon plus modeste, l’observatoire. À part un voyage à Paris, via île Maurice, il ne quittera plus Madagascar, jusqu’à sa mort survenue le 10 avril 1923.
Le travail scientifique Dès son arrivée à Madagascar, la vie du savant va être partagée, d’une part en un travail sédentaire à l’observatoire et d’autre part en de nombreuses courses à travers le pays. C’est qu’il doit prendre le relais d’initiatives prises par d’autres. Ainsi depuis 1872, Jean Laborde d’abord, puis les frères des Écoles chrétiennes et les PP. Delbosc et Roblet firent des relevés quotidiens de températures et de pressions à Tananarive. Par ailleurs, on connait la mine de renseignements ramassés par Alfred Grandidier au cours de ses explorations depuis 1869, ainsi que les travaux cartographiques entrepris par le P. Roblet depuis 1872. Le P. Colin se trouvait donc déjà devant une riche moisson de matériaux à vérifier et à exploiter. Cette circonstance explique l’orientation de l’Observatoire qui va être créé. On se cantonna d’abord dans des travaux pratiques: service de l’heure, géodésie, météorologie. Plus tard, on fut amené également à s’intéresser aux questions concernant le magnétisme terrestre. Çà et là, on fut mis à contribution, lors de phénomènes astronomiques passagers: éclipses de soleil, passage de Mercure devant le soleil le 9 mai 1891. Enfin, la position de Madagascar amena également le directeur de l’Observatoire à étudier de près les cyclones qui sévissent dans la région. La matière à observer de façon régulière ne manque pas. Plus délicat est le travail de synthèse et d’interprétation. Dès 1890, le P. Colin entreprend un énorme travail soit par des publications annuelles présentant la synthèse des diverses observations, soit par des monographies sur certains phénomènes particuliers à cette région: le régime des vents, la température, la pluie, etc. Promu membre correspondant de l’Académie des sciences de Paris: section géographie et navigation, le P. Colin aura le souci de communiquer les résultats de ses recherches. Son travail fut vivement apprécié et lui valut l’obtention d’un certain nombre de prix : prix Jérôme Ponti en 1890; prix Louise Bourbonnaud en 1895; prix Herbert Fournet en 1898; prix Valz, la même année et le prix Gay de l’Académie des sciences en 1903. En reconnaissance de ses travaux, il fut créé chevalier de la Légion d’honneur le 4 août 1921. Le musicien La musique ne fut pas seulement un violon d’Ingres pour le savant. C’est au contraire très tôt que se révéla son talent musical. Dès l’âge de 17 ans, il tenait les orgues de la cathédrale d’Albi. Ce don ne fut pas négligé. Arrivé à Tananarive, il sera très vite consacré organiste de la cathédrale d’Andohalo. Non seulement organiste, car c’est à lui qu’on doit également l’installation des orgues de Tananarive, Fianarantsoa et Rose-Hill (Maurice). La musique est aussi à Madagascar un moyen de communication, puisque le peuple malgache est musicien. Chaque semaine, le P. Colin descendait de sa colline d’Ambohidempona, pour rejoindre Andohalo où il avait organisé des classes de chant. Il s’intéressait à la musique du pays et publia en 1899 un recueil de Mélodies malgaches précédés d’une introduction sur la musique et le musicien malgache. L’homme et le religieux Sans aucune ambition humaine, le P. Colin était universellement aimé. Voici ce que dit de lui un de ses amis, le P. de La Devèze :
J. L. Peter s.j.
![]() Cet article est tiré d’Hommes et Destins: Dictionnaire biographique d’Outre-Mer, tome 3, publié en 1977 par l’Académie des Sciences d’Outre-Mer (15, rue la Pérouse, 75116 Paris, France). Tous droits réservés. |