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La Statue de l'Amiral JAURES

 LA STATUE DE L'Amiral Jaurès

Située au bas de la Place du Jourdain, avant son transfert au bout de l'Avenue Jean Jaurès en 1989, la statue de l'Amiral Jaurès est une œuvre du sculpteur Gabriel  PECH né à Albi en 1854. Inaugurée le 27 septembre 1903 par Camille PELLETAN, ministre de la Marine.

Extrait du quotidien LE JOURNAL du lundi 28 septembre 1903

 

 - PELLETAN

LE COMPTE-RENDU DES FESTIVITES PELLETAN A GRAULHET

Graulhet, 25 septembre

C'est sous les caresses d'un clair et beau soleil que Graulhet s'éveille. Le ciel est radieux, pas un nuage n'entame le bleu pur, la journée paraît devoir être belle. Sur toutes les routes, sur tous les chemins, sur tous les sentiers, une file ininterrompue de piétons et de véhicules. Tout a été utilisé pour transporter du monde, depuis la calèche élégante et rapide jusqu’à la lente mais solide charrette à bœufs. L'affluence est telle qu'on se demande comment l'on pourra se mouvoir, dans quelques heures, après l'arrivée du ministre et des nombreux trains organisés spécialement.Les ouvriers endimanchés, fiers et joyeux de recevoir Pelletan, se dirigent vers la gare, où déjà la circulation devient difficile. Du haut de la terrasse du château, dont une épaisse bordure humaine longe la grille, qu'on a consolidée pour la circonstance, le coup d'œil est splendide. La place du Jourdain, où s'élève le monument Jaurès ; les ponts sur le Dadou, le square et l'avenue de la Gare, sont encombrés de monde. Sur tous les visages on lit la joie éprouvée de pouvoir manifester ouvertement ses sympathies et nous prévoyons que la réception sera chaude, très chaude.

La Décoration

En attendant l'arrivée du ministre, jetons un coup d'œil sur la décoration. Le long parcours que doit suivre le cortège est jalonné par deux files de mâts élevés, au sommet desquels flottent des oriflammes tricolores. Des cordons de buis et de coquettes guirlandes en papier les joignent, formant une voûte gracieuse. Des milliers de serpentins multicolores, adroitement jetés sur les arbres du Jourdain, ont transformé cette place en décor de féerie. Un splendide arc de triomphe, monté en quelques heures, est élevé au bout du Pont-Neuf et forme à quelques pas de la gare la véritable entrée de la ville. Sa décoration particulière est sobre et de bon goût. Sur la face, regardant la rivière, on lit l'inscription suivante : « A Pelletan, ministre de la marine ».Remarqué la façade de la mairie, qui produit un bel effet sous sa jolie décoration. Le local du syndicat des ouvriers moutonniers, où une grande bande rouge porte en lettres d'or l'inscription : « A Pelletan le syndicat ».Des transparents sont placés devant les croisées. Sur le premier nous lisons : « Les ouvriers moutonniers à l'innovateur officiel de la journée de huit heures. » Sur la deuxième : « Ouvriers, saluons Pelletan, qui des paroles est passé aux actes. » Sur le troisième : « L'émancipation des travailleurs ne se produira que par la révolution sociale. » La gare, dont la façade intérieure disparaît sous les trophées de drapeaux et dont la salle d'attente a été transformée en un coquet salon orné de draperies blanches et rouges, est garnie à profusion de plantes et d'arbustes verts. Des milliers de drapeaux ornent les maisons particulières, marquant ainsi que la population graulhétoise accueillera franchement et avec enthousiasme le ministre réformateur. Çà et là, malgré l'heure un peu matinale, des batailles de confettis s’esquissent. Mais voici des musiques. Ce sont le conseil municipal et les délégations qui se rendent à la gare pour recevoir Pelletan. L’affluence augmente, la circulation est déjà gênée.

L'Arrivée

Des bombes éclatent, Le remous de la foule devient plus fort. Voici le train dont la machine et les wagons sont gentiment décorés. A dix heures, il stoppe devant le bâtiment des voyageurs. Une immense acclamation s'élève, et les applaudissements commencent. Les cris de : « Vive Pelletan ! Vive la République ! » sont tels qu'on s'entend à peine. C'est bien l'accueil sympathique et vibrant que nous avions annoncé qui se dessine. Une centaine de personnes ont pu pénétrer sur le quai.M. Pelletan que la grandiose et magnifique manifestation d'hier, à Albi, paraît ne pas avoir fatigué, descend de wagon. Dès qu'il touche le trottoir, il serre la main au maire de Graulhet et aux personnes qui l'entourent. Nous remarquons dans la nombreuse suite qui accompagne le ministre, MM. le préfet du Tarn, Barbey, Savary sénateurs, Jaurès, Andrieu, Gouzy et Compayré, députés, des maires et conseillers généraux républicains du Tarn. On entre dans le petit salon que nous avons décrit, où la bienvenue va être souhaitée à l'éminent visiteur.M. Serres, maire, prononce le petit discours suivant :

« Monsieur le ministre,

Au seuil de la cité industrielle de Graulhet, que j'ai l'avantage de représenter et que vous avez bien voulu honorer de votre visite, permettez-moi de vous offrir les souhaits de bienvenue que vous adresse une population ardemment dévouée aux institutions démocratiques. Depuis longtemps votre nom, symbole d'honneur républicain et de désintéressement est connu et respecté parmi elle. Exclusivement composée de travailleurs, elle suit pas à pas la fluide campagne que vous menez sans relâche contre la routine, les abus et l’injustice. Elle applaudit aux sages réformes que vous accomplissez et vous en est reconnaissante.

Mais j'ai hâte de terminer, je sens combien mes camarades sont impatients de vous accueillir et de saluer en vous le représentant de ce gouvernement qui a résolument engagé une lutte décisive contre les éternels ennemis de la République que l'impunité avait rendu arrogants. Je vous livre, monsieur le ministre à leurs applaudissements à leurs acclamations.Le ministre répond qu'il connaît depuis longtemps l'esprit républicain de la ville de Graulhet et qu’il est heureux d'être reçu aujourd’hui par sa vaillante population où il vient honorer l'illustre mémoire d’un homme qui est justement aimé des Graulhétois. Il aura, en même temps, la borne fortune de se trouver en contact avec une patrie de la démocratie. Faisant allusion aux paroles que le maire a prononcées au sujet de l'attitude résolue du gouvernement M. Pelletan dit qu'elles ne peuvent que l'encourager et le soutenir dans la lutte qu'il a entreprise avec une foi sincère contre les éternels ennemis de la République (applaudissements.) Pendant que la bienvenue est souhaitée au ministre, le cortège s'organise sur le boulevard de la Gare, sous la protection de quelques gendarmes et des pompiers. Des musiques de la localité et celles qui sont déjà arrivées venant prendre part au concours, se mettent rang. Sur la place du Jourdain, dans l'enceinte réservée pour l'inauguration, les élèves des écoles laïques sont massés sous la surveillance des instituteurs. Par une attention délicate, la municipalité et le comité ont estimé qu'ils devaient participer à la manifestation en l’honneur d’un membre du gouvernement qui montre tant de sollicitude pour les écoles qu'ils fréquentent ! La file des sociétés, délégations est interminable. Nous remarquons : les syndicats des ouvriers moutonniers et des ouvriers en bâtiment, la Libre-Pensée, la Jeunesse socialiste, les vétérans des armées de terre et de mer, les sociétés de secours mutuels, le Sou des écoles laïques, la Société des retraites. Dès que les divers groupes ont défilé, viennent les voitures. Dans la première ont pris place : MM. Pelletan, Phélut, préfet du Tarn, Barbey, vice-président du Sénat, Serres maire de Graulhet

Dans la deuxième : MM. Savary, sénateur, Jaurès, Andrieu et Gouzy, députés. Dans la troisième : MM. le général commandant la 64e brigade, Tissier, chef de cabinet du ministre, Compayré, député ; Bécus adjoint au maire. Dans la quatrième : MM. les sous-préfets de Lavaur et Castres, M. le secrétaire général du Tarn

Dans la cinquième : MM. les officiers d’ordonnance du ministre, M. le chef du cabinet du préfet, etc. Nous citons au hasard dans les autres MM le docteur Guiraud, maire et conseiller général de Lavaur, Vieu, maire et conseiller général de Castres, Rolland, maire de Gaillac, Rossignol, Rigaud, Soulié conseillers généraux, Calvignac maire de Carmaux, Bés adjoint du maire de Castres. Au moment où la première voiture paraît une immense acclamation part de la foule qui s’étend partout ; Les cris de : Vive Pelletan ! Vive la république ! Vive Jaurès ! A bas la calotte deviennent assourdissants. Tous les bras sont en l’air brandissant des chapeaux. C’est du délire, on se presse, on se bouscule, tout le monde veut voir de près le ministre, chacun veut lui montrer la joie qu’il éprouve de pouvoir le saluer, le remercier d'être venu. Tout le long de la place du Jourdain, de la rue Gambetta, de la rue Saint-Projet, jusqu’à la mairie ce ne sont qu’applaudissements et acclamations. Le spectacle est magnifique. Les Sociétés se sont massées sur la petite place de la mairie où déjà la foule s'était ruée. Pelletan descend de voiture et monte dans la salle du premier étage qu'on a transformée en un splendide salon et où les présentations vont avoir lieu.

LE BANQUET

La halle où a lieu le banquet a été magnifiquement décorée. L’immense salle où un plafond est ménagé pour en cacher la charpente, a fort grand air avec ses larges et hautes baies munies de guirlandes gracieusement disposées. Dans le fond, derrière la table d’honneur, un très beau palmier étend ses larges et vertes feuilles d’où émerge le buste de la république placé exactement derrière la chaise réservée au ministre. Les tables disposées en fer à cheval sont bien ornées. De nombreux porte-manteaux sont accrochés aux murs. Mais, cessons d'admirer et décrire, les convives sont déjà nombreux et Pelletan que la foule n’a cessé d’acclamer fait son entrée. Il est salué par une longue salve d’applaudissements. Toute l'assistance est debout. L'ovation est longue, indescriptible. Le silence se rétablit, on s'installe et le banquet dont ci-après le menu, commence :

HORS-D'ŒUVRE /Beurre, saucisson, olives

POISSONS  loup sauce hollandaise

ENTRÉE Gigot de pré-salé sauce chevreuil

PIÈCES FROIDES Jambon d'York glacé

RÔTI Poulet du Bruc et canetons

Salade panachée DESSERT VARIÉ

VINS / Ordinaire (blanc et rouge)  VINS FINS Cahors Gaillac Café – Fine Champagne

Le service est parfait, les mets exquis. L'hôtel Larquié s'est surpassé. Pendant le repas la plus grande cordialité règne entre les convives.Au dessert, M. le préfet du Tarn, le premier, porte un toast au président de la République, toast longuement applaudi. Après lui, le maire de Graulhet, en un court discours déclare au ministre que la lutte contre la congrégation soutenue par le ministère est approuvée de tous les républicains. Pelletan remercie et dit que le parti républicain peut compter sur le dévouement du gouvernement.

INAUGURATION DU MONUMENT JAURÈS

A l'issue du banquet a eu lieu l'inauguration du monument élevé à la mémoire ce l’amiral Jaurès. Ce monument, du sculpteur albigeois Pech, se dresse au milieu de la grande place du Jourdain, où stationne une foule compacte. L’amiral Jaurès est représenté en uniforme de général de division, dans une attitude martiale et souriante, la main gauche appuyée sur le sabre qui traîne au coté, le bras droit plié à la hauteur de la poitrine. Les traits du visage sont fins et énergiques.Quand le ministre et son escorte arrivent pour prendre place sur la tribune élevée du monument, la foule éclate en acclamations et applaudissements frénétiques. La musique joue la Marseillaise. Sur l'estrade on remarque à la gauche du ministre, Mme Jaurès veuve de l'amiral. Y ont pris place également les notabilités républicaines de l’arrondissement parmi lesquelles ; Jean Jaurès, Savary, Barbey, le préfet du Tarn, le fils de l'amiral Jaurès, le capitaine de frégate Jaurès, etc...Au début de la cérémonie, Jaurès fils de l’amiral remercie au nom de sa mère et au sien le maire et la municipalité de Graulhet, le comité des fêtes et toutes les personnes qui ont concouru à l'érection de l’impérissable monument, élevé à la mémoire de l'amiral et général de division de la défense nationale. Il remercie également le statuaire Pech, qui, avec un art si convaincu, a su retracer l'image l’image fidèle de son père.M. Serres, maire de Graulhet, prononce ensuite une courte allocution où il exprime sa joie et sa fierté de remettre à la ville au nom du comité d’initiative ce monument élevé à la mémoire de Jaurès...concitoyens et administrés. Puisse conclut-il, l'exemple de ses éminentes vertus civiques, perpétuer parmi les générations futures,le calme du devoir envers la patrie et la République. (Applaudissements.) Pelletan se lève et prononce l'admirable discours que les lecteurs de la Dépêche, comme tous ceux qui eurent le plaisir de t'entendre, nous sauront gré de reproduire en son entier.

Discours de M. Pelletan

Les Décorations 

Le ministre remet ensuite quelques décorations : les palmes académiques à M. le docteur Bastié, à M. Charles Serres, maire de Graulhet ; la croix de chevalier du Mérite agricole à M. Chabbal, industriel à Graulhet ; à M. Mauriès. caissier de la caisse d'épargne. Après cette belle cérémonie, Pelletan, accompagné de ses nombreux amis et d'une foule considérable qui l'acclame, se rend à la gare pour prendre le train qui doit le ramener à Paris. Le train est déjà loin que les cris : « Vive Pelletan !Vive la République ! » retentissent encore. Et Les Graulhetois, heureux et satisfaits de l'honneur que leur a fait le ministre populaire, continuent la fête qui se prolonge fort avant dans la nuit, au milieu de la joie générale.

Incident à Lavaur

Pendant l'arrêt du train, à son passage en gare de Lavaur M. Camille Pelletan, accompagné de ses amis, a eu une de ces surprises à laquelle, certainement, il était loin de s'attendre. L'inoubliable député Compayré, qui s'entend à merveille à jouer les grotesques, n'a pas voulu perdre l'occasion de démontrer au ministre de la marine une partie de ses nombreux talents. Voici ce qu'avait imaginé la cervelle profonde du député de Lavaur : M. Pelletan descendu du wagon, une fillette stylée par M. Compayré, offre un superbe bouquet au ministre qui l'embrasse. Cinq minutes après, et voici où la scène prend la caractère bouffon, M. Compayré lui-même offre le même bouquet — lisez bien le même bouquet — à Pelletan qui paraît surpris de la démarche et dans un ton familier où perce l'ironie, fait très délicatement comprendre à l'inénarrable député de Lavaur son procédé quelque peu comique. L'incident hélas qui n'a pas tourné à l'avantage du spirituel Compayré, Camille Pelletan est vivement acclamé dans la cour de la gare par une foule de plus en plus nombreuse venue pour saluer de ses vivats le très sympathique ministre rue la marine.

Un Discours de M. Jaurès


Albi, 27 septembre. — M. Jaurès, vice-président de la Chambre des députés, a prononcé, hier, au cours de la visite du ministre de la marine à la Verrerie ouvrière, une harangue qu'il nous paraît intéressant de reproduire.M. Boyanique, administrateur de la Verrerie ouvrière, venait de saluer Camille Pelletan, de le féliciter des réformes qu'il accomplissait et d'adresser des encouragements au ministère Combes.M. Jaurès, se levant alors, a dit ceci :« Les paroles que vous venez d'entendre et auxquelles je m’associe s'écrie-t-il montrent à quel degré de maturité, dans la pensée et l'action est arrivée la classe ouvrière, qui n'a pas en vain lié son avenir à celui de la République. Il y a, entre les ouvriers verriers et nous, tout un passé de luttes, de souvenirs, de souffrances. C’est donc en leur nom comme au mien, comme au nom de tous les travailleurs et de tous les socialistes de la région, que je veux féliciter Pelletan de son œuvre propre, et le gouvernement de son action. Tout à l'heure, au banquet, Pelletan engageait les représentants du peuple à pousser le gouvernement en avant. Il y a beaucoup de gens qui poussent le ministère, il y en a qui le poussent pour le faire avancer, d'autres pour le faire tomber, d'autres enfin qui le poussent soi-disant pour qu'il avance, en réalité pour se débarrasser de lui. (Rires et applaudissements.)Nous ne sommes pas avec ces derniers nous avons confiance dans la loyauté du gouvernement. Nous savons à quelles difficultés il se trouve exposé en s’appuyant sur une majorité dont les origines sont diverses. Voilà pourquoi nous sommes à côté de ce gouvernement, non pour le trahir, mais sans arrière pensée, nous contentant de développer devant lui les espérances d’avenir plus vastes qui sont en nous, et sachant que nous servons, ce faisant, le désir secret des meilleurs d'entre les membres du cabinet. (Cris : « Vive Pelletan ! Vive Jaurès ! ») C'est ainsi que nous entendons remplir notre devoir envers la République et envers le prolétariat. Le prolétariat ne peut être dupe de ses faux amis. Il sait qu'il ne peut y avoir d'émancipation économique, tant que l'œuvre de laïcité ne sera pas accomplie, tant que l'émancipation intellectuelle ne sera pas faite. » (Bravos) Et, montrant de la main les fours de l'usine, l'éloquent orateur s'écrie : Cette usine, élevée par tant d'efforts elle tomberait demain en poussière s'il n'y avait pas hors d'elle des écoles laïques pour lui préparer des générations nouvelles de travailleurs verriers, mes camarades, votre œuvre ne sera immortelle que sur le fondement de la République inébranlable et de la raison incontestée. (Longues acclamations.) Mais, continue Jaurès, il faut faire ainsi apparaître aux yeux de tous le lien qui rattache la politique de laïcité aux réformes sociales, et c'est le sentiment profond de ce lien qui fait que les travailleurs de l'usine et des champs attendent la réalisation des réformes destinées à les unir indissolublement. C'est dans cette pensée et cette espérance, avec la ferme volonté de lui voir continuer la politique où il s'est engagé, que nous félicitons le gouvernement d'aujourd’hui, qui sera le gouvernement de demain, et aussi, je l'espère, celui d'après-demain. Que demandons-nous, nous autres socialistes ? Nous avons notre idéal, nous croyons que la période du salariat aura son terme, comme la période du servage ; que les hommes seront capables de s'organiser et de prendre la direction du travail, comme ils ont pris par le suffrage universel la direction de la Politique. Cette croyance, que nous affirmons, elle est la conclusion même de notre raison. Eh bien ! nous demandons, s'écrie Jaurès, de ne pas opprimer la raison et de ne pas opposer au peuple en marche les ruses du cléricalisme ou la fureur de la réaction. (Vifs applaudissements.) Ce sera ensuite à nous de marcher si nous avons du souffle, et nous n'en manquons pas. Dès maintenant, une grande chose est acquise en France : c'est que la réaction ne peut plus compter sur le succès des guets-apens périodiques qu'elle organisait contre la démocratie. Oui, Pelletan, vous étiez avec nous à Albi contre les juges de classe qui terrorisaient nos amis ; à Carmaux contre ceux qui faisaient peser sur la population le cauchemar grotesque et sauvage de leur joug. Vous avez reçu avec nous, Pelletan, des coups des injures, des ordures… oh ! qui continuent quelquefois. (Acclamations et rires.) Mais le peuple peut juger, et la preuve est faite que, même lorsque la réaction possède à son service toutes les puissances de conservation sociale, la force du peuple suffit à supprimer tous les complots. La réaction ne pourra pas recommencer ses mauvais coups ; c'est qu'elle ne trouvera plus pour la servir les forces pliantes qui redoutaient la perpétuité de son pouvoir. La réaction est écroulée ; c'est maintenant la République qui apparaît, le socialisme qui monte, et les courtisans de la force sont obligés de se dire que c'est du côté du droit que la force est passée. (Longue ovation, cris : Vive Jaurès ! » )

 

LES NOUVELLES ILLUSTRÉES DU 8 OCTOBRE 1903

 

- La Statue de l'Amiral JAURES

- La Statue de l'Amiral JAURES

- La Statue de l'Amiral JAURES

Le carton d'invitation à la réception qui suivit l'inauguration de la Statue (collection privée)

carte postale de l'inauguration de la statue par Camille PELLETAN

STATUE DE L'AMIRAL JAURES

- La Statue de l'Amiral JAURES

les cartes postales illustrées par la statue sont nombreuses et courantes
à l'exception de la première me semble-t-il.

STATUE DE L'AMIRAL JAURES

 - Camille PELLETAN à Graulhet

Portrait officiel du Ministre Camille PELLETAN, suivi d'une notice biographique

Venue à Graulhet du Ministre de la Marine Camille PELLETAN, pour l'inauguration de la Statue de l'Amiral JAURÈS, du Groupe scolaire des Jeunes filles (École Gambetta) et de l'Hôtel de la Caisse d’Épargne. Retrouvez une série de photos rares ou inédites et pour la première fois la publication intégrale du Programme des Festivités de ces trois journées : 26, 27 et 28 septembre 1903.

- Camille PELLETAN à Graulhet

Homme politique français (Paris 1846-Paris 1915).

Journaliste, député radical de 1881 à 1912, il combattit la politique coloniale de Jules Ferry, puis le boulangisme. Il joua un grand rôle au premier congrès radical-socialiste (1901). Ministre de la Marine de Combes (1902-1905), il chercha à démocratiser le corps des officiers et s'associa à la politique anticléricale. 

CAMILLE PELLETAN A GRAULHET LE 27 SEPTEMBRE 1903

- Camille PELLETAN à Graulhet

L'arrivée vers la gare

- Camille PELLETAN à Graulhet

Le cortège traverse le pont neuf

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

Un arc de triomphe a été construit à l'entrée de la Place du Jourdain...on peut apercevoir la
Statue de L'amiral JAURES

- Camille PELLETAN à Graulhet

La foule immense

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

Le cortège poursuit la route ...ici devant la Caisse d’Épargne

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

Devant le Groupe scolaire des Jeunes filles (École Gambetta)
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LE PROGRAMME OFFICIEL DES FESTIVITÉS 1903

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet - Camille PELLETAN à Graulhet

 

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

- Camille PELLETAN à Graulhet

 

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