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Baron Charles-Philippe-Auguste CORBIERE né à Graulhet le 4 septembre 1759 Représentant à la Chambre des Cent-Jours, né à Graulhet (Tarn), le 4 septembre 1759 « fils de monsieur Louis Corbière avocat en Parlement et de Delle Jeanne Roques mariés », mort à Toulouse (Haute-Garonne), le 21 juillet 1845, il débuta, le 16 janvier 1788, dans la magistrature de l'ancien régime, comme lieutenant de juge à Guitalens (Tarn); il occupa cette fonction jusqu'au 20 novembre 1790. Le 16 mai 1815, il est élu pour le département du Tarn membre de la Chambre des Cent Jours. Napoléon s'est souvenu de lui, mais, à la restauration des Bourbon, officier trop zélé et par trop bonapartiste sur-tout, il est tenu à l'écart et il faut attendre le 20 août 1830 pour le voir replacé à la tête du Parquet de Toulouse. Parfait aristocrate, il jouit d'une amène existence et, en 1832, le 28 novembre, il est fait officier de la légion d'honneur en récompense de son dévouement pour l'Empire. Il termine d'ailleurs sa carrière comme premier président honoraire à la Cour de Toulouse et c'est dans le libre et simple exercice de cette fonction qu'il s'éteint en sa 86e année à Toulouse, le 21 juillet 1845. Cent-Jours
Armoiries : D'azur à la fasce de gueules, accompagnée de trois coeurs d'or, deux en chef, un en pointe ; franc-quartier des barons procureurs généraux de cours impériales, brochant au neuvième de l'écu ; pour livrées les couleurs de l'écu.
Texte paru à la suite son décès M. le Baron Corbière était né en 1759. Pendant cette longue vie, dont une grande partie a été consacrée au service de son pays , il avait su , par un caractère essentiellement droit , par un inviolable dévouement à tous ses devoirs, conquérir l'estime universelle dans les situations diverses où il avait été placé. Le 4 septembre 1791 il fut nommé juge de paix du canton de Graulhet ; appelé comme juge au tribunal du district de Lavaur le 4 avril 1794, il fut placé le 8 août suivant au poste de commissaire du roi près le même siège. Dans cet emploi son énergie et son activité attirèrent l'attention sur lui ; le 1er novembre de la même année il devint membre du directoire du département du Tarn. Mais s'il était ferme et ardent dans ses convictions, il était , avant tout , ennemi de tous les excès. Dans sa rude franchise il ne sut point cacher sa pensée sur les désordres dans lesquels la révolution s'égarait, il fut révoqué le 10 novembre 1793 et emprisonné comme suspect. À la suite de la journée du 9 thermidor, il fut rendu à la liberté, et le 17 juin 1795 le district de Tarn l'eut pour procureur-syndic. Il ne tarda pas à rentrer dans la magistrature. Il dut se faire remarquer par de bien éminentes qualités dans l’emploi de commissaire du gouvernement près les tribunaux civils et criminels du département du Tarn qui lui fut confié le 23 novembre 1795, puisque moins de quatre ans après le 14 avril 1799, il fut nommé Juge à la Cour de cassation. Mais il sentait que c'était dans son pays surtout et dans les fonctions actives du ministère public qu'il devait rendre de plus utiles services, et le 24 mai 1800, il fut nommé procureur-général près la cour d'appel de Toulouse. Il fut attaché en la même qualité à la Cour impériale lors de sa création en 1811, et remplit cette place jusqu’au moment où, entonné par la réaction de 1815, il fut destitué le 31 août de cette année. Un des premiers actes du gouvernement actuel a été de le réintégrer dans un poste qu’il avait si bien occupé ; il n’a cessé de s'y montrer animé d’un esprit de conciliation qui n'étonne point de la part d’un homme, dans le cœur duquel il n'y avait point de place pour le ressentiment. Il est demeuré digne de lui-même dans ce poste jusqu'en 1833 ; à cette époque il quitta les fonctions publiques avec le titre de premier président honoraire. Porté comme candidat au sénat conservateur en 1809 par le département de la Haute-Garonne il a été député du département du Tarn à la chambre des représentants en 1815; et de 1833 à 1849 il a été envoyé par le canton de Graulhet au conseil général de son département, Des témoignages si nombreux et si persévérants de l'estime de ses concitoyens,de la confiance du gouvernement suffiraient à l'éloge d'un homme. Pour prouver combien M. le baron Corbière était digne de si honorables suffrages , il ne faut que rappeler la part qu'il a prise à la formation de la cour d'appel et de la cour impériale, la salutaire impulsion qu'il a contribué à donner à leurs travaux, l’infatigable activité qui pendant 15 ans, l'a engagé à entrer à presque toutes les audiences de la chambre civile, sans que jamais un seul détail de son administration ait été négligé, cette inaltérable fermeté qui faisait de lui le gardien sévère de la discipline et le défenseur ardent des prérogatives de la magistrature. Chacun a rendu justice à cette inflexible droiture qui ne lui a jamais permis de dissimuler une vérité utile, à cet amour de la justice qui n’a jamais su sacrifier un droit ou se courber devant la faveur. Les personnes qui l'ont bien connu se plaisent à dire comment il savait unir à cette énergie de caractère les qualités de cœur qui font aimer. C'est le sentiment de tous ceux dont il a partagé à diriger les travaux. Il n'y a pas eu un membre de son parquet à qui il n’ait inspiré une affection véritablement filiale. C'est qu’ils formaient pour lui comme une famille dont il était toujours prêt à faire valoir les droits, à défendre les intérêts. Les magistrats de la cour, et ceux des tribunaux du ressort n'ont cessé de l'environner de leur respect et de leur attachement dans sa retraite. Il s'est éteint après une courte maladie , dans laquelle il a dès le premier jour, jugé la gravité de son mal. Mais la vue du danger n'a pas un instant troublé la sérénité de son âme. Une vie si bien remplie l'avait préparé à être ferme et résigné en présence de la mort. Ses obsèques ont eu lieu ce matin, ainsi que nous l'avions annoncé. On y remarquait la cour royale en robes rouges, le tribunal de première instance et toutes les autorités civiles et militaires.
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