1ère partie
l'unique exécution capitale à Graulhet
Meurtre d'un jeune garçon dans la nuit
du 29 au 30 juillet 1855
Pour la première fois le détail des arrêts de jurisprudence et le récit de l'exécution capitale publiés dans le journal
On retrouve dans le détail de ses comptes-rendus les noms des accusés et des témoins parfois orthographiés de façon différente, il en est de même pour les noms du personnel judiciaire et des avocats. On découvrira de nombreux noms de lieux de Graulhet que nous pouvons tous connaître : les différents cafés : Café Le Tivoli, Bonnet etc...des lieu-dit : Le Louat (certainement le Loubat) , la place du Foirail (Jourdain aujourd'hui) mais également des choses étonnantes : le travail des enfants/adolescents et des lieux d'aisances peu communes que je vous laisse découvrir !
LE DROIT JOURNAL DES TRIBUNAUX 31/12/1855
COUR D'ASSISES DU TARN (Albi). Présidence de M. Sacase. Audiences des 21, 22 et 23 décembre. ASSASSINAT.— DOUBLE CONDAMNATION A MORT.
Deux jeunes gens prennent place sur le banc des accusés l’un, Pierre Camboulives, né à Saint Gaudens, garçon roulier à Toulouse, est âgé de vingt cinq ans l’autre, Joseph Parayre, dit François, né à Graulhet, domestique chez Galinier, briquetier à Graulhet, est âgé seulement de dix-huit ans.
M. Jourdanet, procureur impérial, occupe le fauteuil du ministère public.
Me Canet et Gil sont au banc de la défense ; le premier pour Camboulives, le second pour Parayre.
Dans la salle se presse une foule considérable attirée par la gravité et l’intérêt de cette affaire.
L’acte d'accusation expose ainsi les faits : Le 29 juillet dernier, François Galinier, âgé de 10 ans, partit de Graulhet, un peu avant minuit, pour se rendre à Carmaux, où son père l’envoyait acheter de la houille; il portait 50 francs dans une bourse en cuir et une montre en cuivre, que lui avait prêtée l’accusé Parayre, domestique de sa famille ; il conduisait une voiture à deux colliers et était accompagné d’un chien de garde habitué à suivre l’attelage.
Le lendemain, au point du jour, cet enfant fut trouvé mort sur sa charrette, à 4 kilomètres de Graulhet. Les chevaux ne sentant plus de guide, s’étaient arrêtés à un endroit appelé les Barrottes, le chien était auprès d’eux et prenait une attitude menaçante quand on approchait de la voiture.
Le commissaire de police, informé de cet événement, se transporta sur les lieux, à cinq heures du matin ; il constata que le jeune Galinier avait été étranglé avec une corde faisant partie de l’attelage et qui entourait encore le cou de la victime. Les 50 francs, la montre, la bourse de cuir qui les contenait avaient été volés ; la bourse fut trouvée vide et déchirée sur la route près du pont d’Agros, à deux kilomètres de la ville, dans un endroit isolé c’était là sans doute que le crime avait été commis.
Dans la soirée du même jour, le procureur impérial et le juge d’instruction de Lavaur, s’étant à leur tour rendus sur les lieux, fires procéder à l'examen et à l’autopsie du cadavre et commencèrent une information.
Le rapport médico-légal ne laisse pas la moindre incertitude sur la cause de la mort de François Galinier. La corde, fortement nouée autour du cou, y avait formé plusieurs plaies contuses, une grande quantité d’écume blanche, un peu sanguinolente, recouvrait la bouche et l’extrémité du nez; tous les vaisseaux du crâne, les veines jugulaires et les poumons étaient injectés d’un sang noir, on voyait des ecchymoses à la partie supérieure de la poitrine et au bas de la mâchoire; des écorchures et des excoriations existaient aussi sur le ventre et à l’une des jambes.
De tous ces faits les hommes de l’art concluent que le jeune Galinier a succombé à une asphyxie par strangulation, et que cette strangulation est le résultat d’un crime. Ils ajoutent que l’état du cadavre, et cette circonstance que des brins de paille étaient engagés entre la corde et le cou de l’enfant, leur paraissent démontrer qu’il a été tué pendant qu’il reposait sur un fagot de paille placé au fond de la charrette, et qu’il n’a pas opposé une grande résistance. Le fagot de paille était d’ailleurs tout en désordre, et rien n’indiquait que la lutte entre la victime et ses agresseurs se fût passée sur la route.
Les observations faites par les médecins, jointes à celles des magistrats instructeurs, permettent d’affirmer, que les coupables étaient au nombre de deux. En dehors des planches qui ferment la charrette par derrière, on remarquait plusieurs empreintes de clous produites par des souliers fortement appuyés; une empreinte demi circulaire et très prononcée, produite par un talon de soulier ferré ou de botte, avait occasionné à la partie supérieure de la poitrine l’ecchymose constatée par le rapport médico-légal ; celle qui existait au menton paraissait avoir été faite par la pointe de ce soulier ou de cette botte; tout porte donc à croire que les malfaiteurs étaient montés sur la charrette, l’un par-devant, l’autre par-derrière.
Pendant que l’un tenait la victime, l’autre avait dû lui passer la corde autour du cou, et tandis qu’il lui étreignait du pied la poitrine et la mâchoire, pour accomplir en peu d’instants l’œuvre de la strangulation; si le chien, dont personne, n’avait entendu les aboiements n’avait pas défendu son maître, c’est qu’il était familier avec l’un des coupables. Comme cela a été dit plus haut, Galinier (François) avait quitté Graulhet un peu avant minuit. C’est entre minuit et une heure qu’il reçut la mort et qu’il fut volé. En effet, le sieur Gaston étant passé dans cet intervalle au lieu des Barrottes, y remarqua la charrette arrêtée sur la route vers une heure un quart ou une heure vingt minutes, le sieur Bonnet la voyait aussi au même endroit, où elle se trouvait encore, au jour naissant, lorsque la sieur Gaston, repassant sur la route, s’aperçut le premier de la mort du jeune Galinier.
Les premiers actes de l’information n’amenèrent aucun résultat, pour la découverte des auteurs du crime mais le 31 juillet, les soupçons les plus graves commencèrent à se fixer sur Pierre Camboulives et s’étendirent bientôt sur Pierre Parayre.
Camboulives, domestique du sieur Bonnet, commissionnaire de roulage de Toulouse à Lavaur et à Graulhet, arrivé dans cette dernière ville le 29 juillet au matin, avait passé chez Galinier père une partie de l'après-midi, et s’y était trouvé avec Parayre, son domestique, qu’il connaissait depuis longtemps. Il avait appris, dans ce moment que Galinier devait faire partir son fils, entre onze heures et minuit, pour aller acheter du charbon à Carmaux, qu’il devait lui donner de l’argent pour cet achat, et que l’enfant devait faire le voyage seul.
Vers six heures et demie du soir, Camboulives avait quitté la maison de Galinier, en disant qu’il allait à son auberge, chez le sieur Cagneul, au faubourg Saint-Jean. Il s’y était, en effet, rendu ; il y avait soupé, était sorti aussitôt après, et n’était rentré que fort tard, pour se coucher, car ou ne l’avait pas entendu dans la maison.
De son côté, Parayre, qui ne sortait pas le soir, avait demandé à son maître, ce jour-là, la permission de s’absenter, en lui disant mensongèrement qu’une personne l’attendait dans une maison de la ville. Il était sorti à sept heures ou huit, et bien que Galinier lui eût recommandé ne revenir le plus tôt possible, on ne l’avait revu qu’après minuit.
Eu outre, la moralité de l’un et de l’autre était suspecte, car on avait déjà eu des actes d’infidélité à leur reprocher. Enfin, il était certain que le chien dont Galinier (François) était accompagné avait suivi plusieurs fois Parayre à Albi, et le connaissait parfaitement.
Camboulives et Parayre furent, en conséquence, mis en arrestation.
On les appela immédiatement à rendre compte de leur temps, depuis leur sortie de la maison Galinier jusqu’à une heure du matin, et voici les explications qu’ils fournirent à cet égard :
Camboulives prétendit qu’après avoir recherché aux cafés Azémar et Maury un sieur Fabre qui était venu le demander chez Cagneul, il était allé vers neuf heures au café Bonnet, où il était resté avec le sieur Moulis et quelques autres jusqu’à onze heures, heure à laquelle on ferme les lieux publics à Graulhet; il était sorti de ce café avec Moulis, qui se retira chez lui. De son côté, il s’était dirigé alors vers le champ de foire, sous la promenade du Château, pour y satisfaire un besoin.
Pendant qu’il était là, il avait vu passer dans le faubourg Laval, qui longe le champ de foire, une charrette attelée de deux chevaux, avec lanterne allumée. Ayant joint cette charrette au bout du pont Saint-Jean, il avait reconnu que c’était celle de Galinier (François). Ils avaient marché et causé ensemble jusqu’à l’auberge Cagneul, où il avait quitté le jeune Galinier, et était rentré pour se coucher, il ajouta qu’il était en ce moment minuit qu'il avait trouvé la femme Cagneul et son fils cadet dans la cuisine de l’auberge qui ce dernier était monté avec lui au premier étage pour se coucher, que la femme Cagneul, après avoir pris la chandelle de sa fille qui se couchait l’avait accompagné, lui Camboulives, dans sa chambre et avait même fait la couverture de son lit.
Parayre dit à son tour avoir passé une grande partie de la soirée avec le sieur Marcel Saul, qu’il aurait rencontré en sortant de chez son maître. Ils allèrent ensemble au café du Midi, ou ils restèrent jusqu'à huit heures et demie environ, ils se promenèrent ensuite du côté de Saint-Projet et sur la place du Château, et vinrent de là au bal de Tivoli, où ils passèrent environ une heure. Il n’était pas encore dix heures lorsqu’ils en sortirent. Ils voulurent se rendre au café Bonnet, mais ils n’y arrivèrent pas, parce qu’on leur dit qu’on n’y laissait pas entrer. Ils retournèrent ensuite sur la place du Château où, après quelques instants, il dit à Saul: Si nous trouvions Camboulives, nous lui ferions payer le café; je vais faire un tour pour voir si je le trouve.
Quittant alors son compagnon, qui lui dit de retourner au bal Tivoli, il s’engagea lui-même dans la rue qui aboutit au pont Saint-Jean, alla jusqu’à ce pont, et n’ayant pas aperçu Camboulives, revint au bal Tivoli, où il trouva le sieur Déloustal. Il était dans ce moment environ dix heures et demie; il sortit du bal, seul, vers onze heures, passa près d’un quart d’heure près la promenade du Château, descendit dans un trou, sous cette promenade, pour y satisfaire un besoin, et rentra ensuite chez Galinier, après s’être reposé un instant sur la paille, dans la remise, et alla au four rejoindre son maître et la fille de ce dernier. Celle-ci, à laquelle il demanda quelle heure il était, lui dit que minuit avait sonné depuis peu ; en effet, minuit et demi sonna quelque temps après à l’horloge. Parayre dit encore que, pendant qu’il se trouvait sur le champ de foire, il n’avait pas vu passer la charrette de François Galinier, et qu’il ne l’avait pas non plus rencontré en retournant chez son maître.
Ce récit des accusés a été contredit de la manière la plus formelle par divers témoins, sur plusieurs points importants eux-mêmes l’ont contredit dans les conversations qu’ils ont eues les jours qui ont suivi leur crime.
Ainsi le sieur Moulis n’est allé au café Bonnet que sur les dix heures; il y a vu Camboulives, il en est sorti vers onze heures moins un quart, mais non avec cet accusé, et il ne sait dans quel moment celui-ci aurait lui-même quitté ce café.
Le sieur Rouffiac a vu entrer Camboulives dans ce même café vers dix heures, l’accusé resta assis non loin de lui, quelques minutes seulement, et disparut ensuite.
Vers dix heures et demie, le sieur Blatgé le vit arriver au café Azémar avec deux autres individus, en ressortir dix minutes après.
Cagneul, sa femme et leur fils démentent aussi la déclaration de Camboulives relative à ce qui se serait passé à sa rentrée dans leur auberge. Ce n’est que le lendemain qu’ils ont su qu’il couchait chez eux. Ordinairement il ne dépassait pas onze heures. Ils étaient tous couchés lorsqu’il rentra, le dernier d’entre eux, le fils aîné, s’était mis au lit à dix heures et demie, et le fils cadet dès neuf heures; Camboulives dut éviter en rentrant tout espèce de bruit, car ce fut la première fois qu’aucun d’eux ne l’entendit, bien qu’il fût obligé, pour aller à sa chambre, de traverser la cuisine où se trouve le lit des époux Cagneul, de monter un escalier en bois qui passe au-dessus de leur alcôve, et de passer encore dans la chambre du plus jeune de leurs fils.
Au surplus, dès le 30 juillet et quelques heures après le crime, Camboulives commençait à se mettre en contradiction, par ses propos, avec ce qu’il a dit sur l’emploi de son temps au magistrat instructeur. A cinq heures du matin, le sieur Bruyère (Jean) à qui il avait donné rendez-vous à quatre heures pour l’aider à décharger sa voiture, le trouve encore endormi, il le réveille et lui apprend qu’on a trouvé, aux Barottes un homme mort sur sa charrette. Ils descendent avec Philippe Cagneul, et lorsqu’ils sont dans la rue l’accusé leur dit : je parie que c’est le fils de Galinier. Hier au soir, quand il partait, je l’ai accompagné sur la route d’Albi jusqu’à l’embranchement de Saint-Mémy, après le pont d’Agros et en le quittant, je lui ai donné deux pipes de tabac.
Le sieur Isnard l’entend tenir ce propos quelques instants après.
Bientôt, changeant de version, il dit au commissaire de police qui passait sur la route: j’étais hier au soir sur le devant de ma remise, à minuit il n’y a que Galinier (François) qui soit passé avec sa charrette, et quelque temps après le petit courrier de Lavaur à Albi.
Le même jour, vers dix heures du matin, il dit au sieur Carivenc : Hier au soir, vers minuit, j’étais sur le pont Saint-Jean, lorsque Galinier passa avec sa charrette ; comme il n’avait pas sa lanterne allumée, le commissaire de police et le brigadier de gendarmerie voulaient lui dresser procès-verbal. Un instant après, oubliant sans doute ce qu’il venait dire à Carivenc, il lui dit qu’il avait rencontré Galinier à un endroit appelé le Louat, et qui se trouve environ à 200 mètres des dernières maisons de Saint-Jean.
A ces déclarations diverses et si rapprochées, un soupçon traversa l’esprit du sieur Carivenc aussi dit-il à Camboulives qu’il pouvait savoir quelque chose sur cette affaire.
A trois heures du soir, l’accusé reproduit à peu près, dans une conversation avec le sieur Gau, la dernière version qu’il a faite à Carivenc
Sur les six heures, il s’arrête, en retournant à Toulouse, à la briqueterie du sieur Pierre Mauriès, près de Briatexte là, revenant à ses premiers dires de la matinée du même jour, où perce une partie de la vérité, il les entoure d’allégations mensongères pour mieux détourner les soupçons qui pèsent déjà sur lui, et il s’exprime ainsi, en présence du briquetier et des sieurs Bru et Gairal .
Hier au soir, vers minuit, j’ai rencontré Galinier fils, qui partait pour Albi ; nous allâmes prendre tous les deux une tasse de café au café Bonnet, qui resta ouvert toute la nuit, à cause de la fête des chapeliers. En sortant de ce café, je dis à Galinier : je vais t’accompagner jusqu'à ma remise, dans le faubourg Saint-Jean. Dans le parcours, nous rencontrâmes le commissaire de police et les gendarmes qui nous laissèrent passer sans nous adresser la parole. Arrivés à mon écurie, le fils Galinier m’engagea à l’accompagner plus loin. Sur son désir, je l’accompagnai jusqu’au chemin de Saint-Mémy là j’ai donné du tabac à Galinier qui monta sur sa charrette, et lorsque je rentrai chez Cagneul à une heure du matin, je rencontrai deux gendarmes qui faisaient leur ronde; nous entrâmes ensemble chez Cagneul, nous prîmes un verre de vin, et puis j’allai me coucher.
C’est encore le même récit, mais avec quelques variantes et de nouveaux détails non moins mensongers, qu’il fit à peu d’instants après, en traversant Briatexte, à la femme Saurel, et aux sieurs Eugène Bruger et Moulet.
Parayre tombe de son côté dans de nombreuses contradictions, soit avec les témoins, suit avec lui-même.
(Avec les témoins).— Marcel Saul, qu’il prétendait avoir quitté sur la place du Château, vers dix heures, a déclaré que c’était une heure auparavant. Ce témoin ajoute que Parayre ne lui dit pas en le quittant: « Je vais voir si je trouve Camboulives et il nous paiera du café » mais qu’il s’exprima ainsi qu’il suit : Attends-moi là, je vais descendre à Saint-Jean pour parler à Camboulives, et je vais te rejoindre.
Saul le vit en effet prendre la direction du pont Saint-Jean, il rentra lui-même au bal Tivoli et y resta jusqu’à dix heures sans revoir reparaître l’accusé. Le sieur Déloustal donne également un démenti à Parayre, en déclarant qu’il a quitté le bal à neuf heures, et qu’en conséquence ce dernier n’a pu l’y voir, comme il le prétend, sur les dix heures et demie; c’est vers huit heures et demie, que Déloustal avait aperçu l’accusé dans cet établissement, en compagnie de Marcel Saul. Jean Saul, qui a passé toute la soirée au bal Tivoli, n’y a vu Parayre qu’un peu avant neuf heures, et affirma de plus que ce dernier ne s’y trouvait pas à onze heures au moment où le bal s’est fermé.
Le sieur Isnard fait la même déclaration ; puis, il ajoute que, vers dix heures et à dix minutes d’intervalle, il a vu deux fois Parayre se promenant seul, les bras croisés à quelques mètres de la porte du café Bonnet.
Galinier père ne peut préciser le temps qui s’est écoulé entre le départ de son fils et le retour de son domestique à la maison, sa femme ne s’est couchée qu’environ trois quarts d’heure après le départ de François Galinier, et Parayre n’était pas encore rentré en ce moment ; Victoire Galinier leur fille, croit qu’il était une heure du matin lorsque l’accusé est revenu.
Peu d’instants avant l’arrivée de ce dernier, l’horloge avait sonné un coup et il sembla à cette fille entendre un autre coup peu de temps après. Elle dit encore que ce fut seulement le lendemain du crime que Parayre prétendit s’être couché sur un fagot de paille, dans la remise, avant de rejoindre son maître au jour.
Avec lui-même. — Le 31 juillet, Parayre disait au sieur Blatgé que le 29, à onze heures du soir, il était au café Bonnet le 3 août, il déclarait au sieur Jousine, tantôt qu’en se retirant, vers minuit, chez Galinier, il venait du bal du café Bonnet, tantôt qu’il venait au contraire du bal Tivoli.
Le 5 août, il fait au sieur Louis Mauriés, aubergiste, à Poujoulet, le récit suivant : Dans cette soirée, celle du crime, j’étais au café à Graulhet je me retirai du café avec Camboulives que j’allai accompagner à une demi-heure de la ville. Là, nous nous quittâmes, j’allai chez mon maître où j’arrivai entre dix heures et demie et onze heures. Je me couchai immédiatement sur une botte de paille, entre dix heures et dix heures et demie, la fille Galinier vint m’engager, de la part de son père, à me lever et à aller l’aider aux travaux de la briqueterie. Je me levai, en effet, et à peine étais-je debout, que j’entendis sonner une demie qui devait être l’indication do onze heures et demie ou minuit et demi. L’assassinat de Galinier a eu lieu vers minuit. Je ne puis donc y avoir participé, attendu que la fille de mon maître attestera qu’elle est venue me faire lever vers cette heure.
On a pu voir par ce qui précède que ce récit était complètement inexact sur ce dernier point.
Camboulives et Parayre, qui ont soutenu dans leurs interrogatoires ne pas s’être vus dans la soirée du 29 juillet, depuis leur sortie de la maison Galinier, avaient donc, d’après l’aveu échappé à Parayre, au milieu de ses allégations mensongères, passé une partie de la soirée ensemble après être allés au café, ils étaient aussi allés ensemble à une certaine distance de la ville. Déjà, d’ailleurs, d’autres circonstances concouraient avant cet aveu à démontrer ces faits importants, et précisaient même d’une manière positive le dernier de ces faits, par le moment où il a eu lieu, qu'il se lie de la manière la plus étroite à la perpétuation du crime. Et d’abord, Camboulives et Parayre avaient dû se voir dans la soirée. En effet, vers neuf heures, Parayre quitte Déloustal eu disant qu’il va parler à Camboulives.
En supposant qu’il n’ait pas trouvé son coaccusé, il l’a vu sans doute à la sortie de celui-ci du café Bonnet, car, suivant Isnard, il était, un peu après dix heures, devant ce café où se trouvait alors Camboulives, qui, d’après Rouffiac, en est sorti dans le même moment.
A dix heures et demie, on a vu entrer Camboulives au café Azémar avec deux autres individus. Parayre n’était-il pas l’un d’entre eux ? De plus, de l’aveu des accusés, ils se sont trouvés l’un et l’autre, à onze heures, sous la promenade du Château pour y satisfaire un besoin.
Il y a trois fosses à peu de distance les unes des autres, dans l’endroit ou ils disent s’être arrêtés. Parayre était dans la seconde, et Camboulives dans la troisième; il est impossible qu’ils ne se soient pas vus en ce moment. Que sont-ils devenus depuis onze heures jusqu’au moment où Parayre est entré chez son maître et Camboulives à son auberge ? Que l’on prenne les déclarations des témoins ou celles des accusés pour fixer l’heure de leur retour, ils ne peuvent dans aucun cas rendre compte d’une manière satisfaisante de l'emploi de leur temps.
Eu effet, Camboulives est obligé de convenir qu’il est resté de onze, heures à minuit sur le champ de foire, et que c’est à cette dernière heure qu’il a vu passer Galinier (François). Parayre, qui dit n'être resté qu’un quart d’heure au même endroit, aurait mis près d’une heure pour rentrer chez Galinier, trajet pour lequel il ne fallait que cinq minutes.
Mais les dépositions du sieur Calmés et de la femme Soulet viennent encore mieux prouver que les accusés se sont réunis dans la soirée du 29 juillet. Il résulte, en effet, de ces déclarations que Camboulives et Parayre étaient ensemble à minuit, qu’ils épiaient dans le faubourg Laval le passage de la voiture du jeune Galinier et qu’ils ont suivi cette voiture lorsqu’elle était engagée sur le pont Saint-Jean. Calmés, dont la maison est située dans le faubourg Laval, en face du champ de foire, rapporte qu’étant à sa fenêtre un instant avant minuit, il a vu passer la charrette de François Galinier, allant vers le pont Saint-Jean, qu’il l’a vue tourner ce pont, et qu’en ce moment il a aperçu, au milieu de la rue, à sept ou nuit mètres de son habitation, deux individus qui prirent d’un pas accéléré la même direction. La taille de ces deux hommes, leur costume, leur démarche ne laissait aucun doute sur leur identité. C’étaient Camboulives et Parayre.
Une expérience faite dans la maison d’arrêt par le juge d’instruction, imprime à ce fait le caractère le plus sérieux de vérité. Calmés, placé à une fenêtre des cellules du premier étage, a vu passer dans le préau, à une distance à peu près égale, les deux accusés vêtus comme ils l’étaient le 29 juillet, et il a dit que ces individus étaient absolument les mêmes que ceux qu’il avait aperçus ce jour-là, sous sa croisée que ce, qui augmente sa conviction à cet égard, c’étaient non-seulement leur costume et leur taille identiques, mais encore la démarche et le bruit qu’ils faisaient sur le pavé avec leurs bottes eu leurs souliers.
La femme Soulet étant sortie vers l’heure indiquée par Calmés, et se trouvant à l’angle du champ de foire, au-dessous de la côte du Château, a vu de là, deux individus qui, après s’être blottis dans une encoignure en face du pont Saint-Jean jusqu’au passage de la charrette de Galinier, suivirent cette voiture. Cette femme ne peut préciser quelle était la coiffure de Parayre, mais sur toutes les autres particularités du costume des accusés et sur leur taille elle fournit les mêmes renseignements que Calmés.
Entre minuit et une heure, le sieur Gaston rencontra sur la route avant d’arriver aux Barrottes, et par conséquent non loin du pont d’Agros, deux individus qui se dirigeaient vers Graulhet, et c’est précisément vers une heure que les accusés rentrèrent, l’un chez son maître, l’autre à son auberge. Ce fut peu de temps après cette rencontre que Gaston aperçut pour la première fois la charrette de Galinier arrêtée sur la route aux Barrottes. L’instruction a complété les preuves résultant de tous les faits qui précèdent par d’autres qu’elle puise principalement dans la conduite des accusés, le lendemain du crime et pendant les quelques jours qui ont précédé leur arrestation.
On connaît déjà le propos tenu par Camboulives à Jean Bruyère et à Philippe Cagneul, le 30 juillet, à cinq heures du matin. Bruyère lui avait dit seulement qu’on avait trouvé un homme mort sur sa charrette, et Camboulives répondit : je parie que c’est le fils à Galinier. Un instant après, comme le docteur Bonnet et le commissaire de police passaient devant l’auberge de Cagneul, Camboulives dit à ce dernier : C’est un grand malheur qui est arrivé cette nuit, ou a tué le fils à Galinier. Le commissaire de police fut tellement surpris de ces paroles, qu’il lui répondit : Comment le savez-vous ? Bruyère et Isnard se mettent eu route avec Camboulives pour aller voir le cadavre. En arrivant au pont d’Agros, on leur apprend que la charrette est aux Barrottes, et Camboulives s’écrie: Je le croyais mort ici puis il reprend avec Bruyère la route de Graulhet. Ils n’ont rien appris sur la cause de la mort de Galinier et cependant, Camboulives dit à Bruyère, à leur arrivée : Ah ! mon Dieu si l’on peut découvrir qui l’a fait, on ne lui en fera jamais assez.
L’accusé part à trois heures pour Lavaur; à Briatexte, au-delà, il rencontre plusieurs personnes qui lui demandent des détails sur les événements de la nuit, et il leur fait alors les récits qui ont été rapportés plus haut. Son extrême agitation, son air égaré, pendant ces conversations, frappent ses auditeurs et leur font concevoir des soupçons contre lui.
Les yeux, a dit l’un d’eux, lui sortaient de la tête. On ne l’avait jamais vu eu pareil état ; aussi disait-on, autour de lui : Cet homme parle beaucoup trop, il se fera prendre.
En même temps, il tenait des propos qui indiquaient la connaissance des détails du crime et, par suite, la participation qu'il y avait prise: il disait au sieur Eugène Bruyère que ceux qui avaient commis l’assassinat, devaient être des connaissances ou des habitués de la maison, puisque Galinier fils était accompagné d’un chien qui se serait défait de deux hommes ; au sieur Robert, en lui parlant de la victime : On lui a mis les genoux sur la poitrine et on l’a étranglé avec une corde ; au sieur Papaïx: Le pauvre enfant, à minuit nous étions ensemble, et à une heure il était mort ; enfin, à un autre témoin , que, sans doute, l’assassinat avait eu lieu vers minuit et demi.
Le 2 août, à son retour de Toulouse, il rencontra près de Briatexte le sieur Bosc et lui demanda si l’on n’avait arrêté personne à l’occasion de la mort de Galinier, le témoin lui répond négativement ; l’accusé lui parla alors avec beaucoup d’agitation de cette affaire, il lui dit qu’il vient de voir passer le commissaire de police de Graulhet, qui lui a demandé son nom. Dieu me d..., tu comprends si j’ai voulu le lui dire, ajouta-t-il. Il va et vient, entre dans le grand panier de sa charrette en sort aussitôt, il prend une bouteille et va se faire donner de l’eau dans une métairie voisine, il verse sans en donner à Bosc qui lui en a demandé. Il jette la bouteille dans le panier comme pour la casser, la roue lui brise le bout de son fouet, il achève de le détruire en le plaçant sous cette roue, et il s'écrie : Voilà le dernier que j’achète.
Les préoccupations qui assiègent Parayre ne sont pas moins grandes et se traduisent par des propos ou des faits tout aussi significatifs.
Le 30 juillet, dès quatre heures du matin, il fait à Galinier père cette étrange question: Où pensez-vous que soit votre fils maintenant ? Il doit bien regarder la montre que je lui ai prêtée.
Il n’a pas réclamé le prix de cette montre. Vers les six heures du matin, il se rend avec les filles Galinier sur le lieu du crime. Avant d’y arriver, et sans avoir encore rien vu, il éprouve une défaillance sur la route, on le dépose sur un faix de paille, on lui donne des soins et on le ramène à Graulhet.
Pendant qu’il était sur le faix de paille, la demoiselle Austry, fille du commissaire de police, remarque qu’il a sur la joue droite des traces d’égratignures toutes récentes et qu’on y voit encore l’empreinte de plusieurs ongles. Il a cherché à faire croire qu’il s’était fait ces égratignures lorsqu’il était tombé sur la route; mais il n’y avait, à l’endroit où eut lieu cette syncope, ni ronces, ni autre chose qui pût les produire. Plus tard, d’ailleurs, changeant de version, il a prétendu se les être faite- en se laissant tomber lorsqu'il allait boire dans un ruisseau. Ces égratignures provenaient évidemment de la résistance qu’avait opposée le jeune Galinier à ses agresseurs.
À son retour des Barrottes, Parayre se trouvait dans la plus grande agitation, il allait, il revenait, il s’asseyait un luttant; se relevait aussitôt. Il se frappait la tête à plusieurs reprises, eu disant : Ah ! Dieu me d...! La femme Marty lui demanda si c’était sa montre qu’il regrettait : Ah bah ! la montre, lui répondit-il.
Le 3 août, le sieur Auriol le rencontre revenant de Carmaux, l’accusé lui demanda si l’on a arrêté quelqu’un : On a arrêté Camboulives, répond Auriol, et l’on prétend que l’on va arrêter... Parayre ne le laisse pas achever, ses traits s’altèrent, et vivement impressionné, il reprend sa route sans rien dire.
Le même jour, et plus tard, il demande à d’autres témoins si des arrestations ont été faites, et tous ont déclaré qu’il avait l’air égaré dans les conversations qu’ils eurent avec lui. — Comme Camboulives, il fixa l’heure du crime : C’est à minuit ou minuit et demi, dit-il aux sieurs Viguier et Rougé, qu’il a eu lieu.
Le 30 juillet, pendant que l’on faisait l’autopsie du cadavre de Galinier, il dit au sieur Artous : Il faut que celui qu’il l’a fait soit bien bête, je suis sûr que c’est la corde de la charrette qu’il a autour du cou et même elle est coupée.
Galinier (Martin), lui faisant connaître, le 1er août, que Camboulives a dit à Briatexte, avoir pris le café avec François Galinier, dans la soirée du 29 juillet, et l’avoir accompagné pendant une partie de la route, Parayre lui répond : Camboulives est une bête de parler ainsi; si je le rencontre, je lui ferai des reproches.
Enfin huit jours après le crime, et alors qu’il peut déjà espérer ne pas être poursuivi, il change d’attitude et dit à Victoire Galinier qui l’a surpris chantant dans la maison et qui lui fait remarquer que cela n’est pas convenable après le malheur qui est arrivé : Cela ne me fait rien à moi. Telles sont les preuves nombreuses qui résultent de la procédure et qui ne laissent aucun doute sur la culpabilité de Camboulives et Parayre.
Les débats ont rempli plusieurs audiences sans donner lieu à aucun incident important.
Plus de soixante témoins ont été entendus. Les accusés aux charges élevées contre eux, n’ont cessé d’opposer des dénégations absolues.
L’accusation soutenue par M. le procureur impérial a été énergiquement combattue par Me Canet et Gil.
Après le résumé de M. le président, le jury est entré dans la salle de ses délibérations d’où il a rapporté un verdict qui, en écartant la préméditation, déclare Parayre et Camboulives coupables de meurtre et de vol, avec cette circonstance que le meurtre a précédé, accompagné ou suivi le vol. Le verdict est muet sur les circonstances atténuantes.
M. le Président a donné lecture de l’arrêt de la Cour qui condamne les deux accusés à la peine de mort.
En attendant prononcer cet arrêt, Parayre et Camboulives sont restés calmes et impassibles. Ils ont été reconduits dans la prison au, milieu d’une foule fortement émue par le dénouement de ce drame qui, pendant trois jours, avait excité le plus vif intérêt.
D’après le Journal du Tarn, le condamné Parayre aurait fait, dès le soir même de sa condamnation, des révélations complètes, dont la conséquence serait de faire peser sur lui seul tout le poids du crime et de faire ressortir l’innocence de Camboulives :
Parayre aurait déclaré, dit ce journal, que Camboulives n’était pour rien dans le crime commis qu’il était lui le seul assassin. Depuis quelque temps, une cause bien futile en apparence avait jeté dans sa pensée des germes de jalousie et des projets de vengeance. Parayre, domestique dans la maison Galinier, avait été pendant longtemps chargé, par son maître, des voyages à Carmaux que nécessitait l’exploitation de la briqueterie, il se plaisait à ces voyages, il était heureux de la confiance qui lui était témoignée.
Mais le fils Galinier, quoique bien jeune encore, semblait devoir le remplacer dans ce service, et plusieurs fois déjà il s’était rendu à Carmaux. Parayre fut irrité par ce changement dans ses habitudes ; avec la violence de sou caractère, ses passions les plus mauvaises furent soulevées, sa haine et sa jalousie se traduisirent en projets d’homicide.
Le 29 juillet ou soir était fixé pour le départ de Galinier fils, ce malheureux enfant se met en route à onze heures et demie. Parayre a vu les apprêts du voyage, il se rend sur la route et attend caché dans un champ de millet, le passage du fils de son maître.
Enfin, la charrette paraît, Parayre se présente au jeune Galinier : Ah ! te voilà dit celui-ci, tu m’accompagneras quelques instants ? En effet, ils marchent ensemble bientôt Parayre monte sur la charrette, le moment est venu où il pourra accomplir ses funestes projets. Il se couche, il se cache pour ne pas être aperçu par les personnes qui passent sur la route ; Galinier monte à son tour. — Eh bien, dit-il, tu le vois, je vais à Carmaux ; c’est moi qui, à l’avenir, ferai toujours ce voyage; pour toi, c’est fini. Ces paroles activent la résolution de Parayre, il se précipite sur Galinier, le saisit au cou qu’il serre de ses deux mains, d’une constitution faible, l’enfant ne peut lutter contre son agresseur; sous cette étreinte terrible, il ne tarda pas à perdre connaissance, sans mouvement, il respire encore, l’assassin détache une corde de la charrette, la passe au cou de sa victime la serre fortement, de ses genoux, de ses deux pieds, il presse, il écrase la poitrine, Galinier est bien mort. Parayre alors abandonne le cadavre sur la charrette, il s’enfuit.
Mais bientôt il réfléchit qu’il détournera plus sûrement les soupçons en faisant croire à un assassinat par des voleurs; il revient sur ses pas, remonte sur la charrette, enlève la bourse en cuir et la montre que portait le jeune Galinier. Avant de rentrer à Graulhet, en passant sur le pont, il jette la montre dans la rivière, va ensuite cacher l’argent dans un pré. Quelques heures après le crime est découvert.
Tels seraient les aveux de Parayre ; il ajoute que, deux jours après le crime et en revenant de Carmaux, où le lendemain même il avait été charger du charbon craignant que l’argent caché avec précipitation ne fut découvert, il fut le prendre là où il l’avait déposé, sa pensée était de le jeter dans la rivière mais la présence de quelques personnes l’en empêcha, il fut alors le cacher dans un lieu qu’il désigne, et dont il trace même le plan. Sur ces indications, l’argent a été trouvé le lendemain par les gendarmes envoyés par la justice.
Je suis le seul assassin, disait Parayre, j’ai bien mérité la mort, mais mourir si jeune ! Si mes aveux et mon repentir pouvaient sauver ma tête, je serais trop heureux !... Camboulives est innocent... je ne puis expliquer l’accusation et sa condamnation à mort à présent que j'ai parlé, je me sens soulagé d’un poids énorme qui m oppressait.
Camboulives, qui, assure-t-on, ignore encore les révélations de Parayre, conserve le calme et le sang froid qui ne l’ont pas un instant abandonné pendant les débats et se montre d'une résignation extrême, en protestant toujours de son innocence, il ne peut attribuer sa mise en accusation qu’à des jactances imprudentes qui l’ont compromis, et qu’il n’osa d’abord rétracter et sa condamnation qu’à des erreurs ou des oublis de la part de quelques témoins.
Tels sont les bruits que recueille avidement la curiosité publique.
Notre correspondant nous écrit que Parayre n’a pas tardé à modifier ces déclarations. Il résulterait de ses aveux que non seulement son coaccusé est coupable mais qu’il est le principal auteur du crime et que c’est à son instigation que Parayre l’a aidé à étrangler le jeune et malheureux Galinier, fils de son maître. D’après les bruits qui circulent et que tout fait présumer exacts Camboulives voulait épouser la sœur de la victime et entrer en qualité de gendre chez Galinier père mais comme ce dernier s’y opposait destinant son fils à continuer son état de chauffournier. Camboulives aurait prémédité de se défaire de son futur beau-frère et aurait déterminé Parayre à l’aider, sous la promesse qu’il le garderait comme valet et peut-être même le ferait entrer dans la famille Galinier à son tour comme mari de la seconde fille de Galinier.
Il résulterait aussi des mêmes bruits que tous les deux auraient coopéré au crime et du reste, il paraîtrait, d’après l’état du cadavre et le genre d’assassinat auquel on a eu recours, qu’il est à peu près impossible qu’un seul homme ait pu le commettre, et à plus forte raison Parayre à peine âgé de deux ou trois ans de plus que le malheureux Galinier fils. Cette invraisemblable n’aurait pas peu contribué à entraîner Parayre à confesser la vérité tout entière.