• - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    NUIT ROUGE à GRAULHET
    le mercredi 10 janvier 1968
    INCENDIE GIGANTESQUE

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    4 MÉGISSERIES DÉTRUITES
     1 MAROQUINERIE et UN ENTREPÔT

    DES FLAMMES de 100 MÈTRES

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    PLUS DE 100 OUVRIERS
    mis au chômage
    Un pompier MICHEL RIVIERE
    saute dans le DADOU
    pour échapper aux flammes !

     

    En 1968 j'avais 8 ans et je me souviens vraiment de cet événement....le mercredi 10 janvier 1968 , après une journée d'école et veille de notre jour de repos ( le mercredi deviendra le jour de repos à partir de 1972), donc le mercredi 10 janvier vers 22 heures 30, la sirène de la caserne des pompiers située à cette époque dans le quartier de Crins 1 et à quelques centaines de mètres de notre maison se mit à retentir plus de trois fois, ce qui présageait d'un important incendie ....Premier réflexe, ouvrir la fenêtre et les contrevents pour essayer d'apercevoir une lueur ou une odeur de fumée. Et là ! oh surprise le ciel vers Saint-Pierre était rougeoyant, malgré le froid et le vent nous sommes restés mes parents, ma sœur et mon arrière grand-mère à regarder une bonne partie de la nuit  l'incendie  qui faisait rage en essayant de deviner quelle usine flambait. Il me semble que mon père est parti en vélo pour tenter d'approcher l'incendie sans vraiment avoir pu accéder au lieu mais en restant cantonné sur le Pont Saint-Pierre, ma mère est restée à la maison et elle le regrette encore !....mais mieux que mon témoignage d'enfant je vous laisse découvrir les coupures de presse de l'époque et le récit circonstancié des pompiers graulhétois.
                                                                                                                                François MAZENS

    LES PHOTOS
    ET ARTICLES
    DE LA PRESSE LOCALE

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    Le récit circonstancié des pompiers de Graulhet !

    VLR : véhicule de liaison radio
    CCI : camion citerne incendie
    FPT : Fourgon pompe tonne

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    La Presse locale en parle : LA DÉPÊCHE DU MIDI et ici SUD-OUEST (qui alors couvrait l'actualité de la région). Le journal de 20 heures de la première chaîne évoqua également l'incendie gigantesque !

    - 10 janvier 1968 : Nuit rouge à Graulhet !

    Longtemps en friches les restes des usines détruites par le feu et envahies par la végétation feront parties 45 ans plus tard (en 2013) de la Plaine de Millet ( cinéma - espace vert....) 
    Sur cet emplacement se situait l'usine CHABBAL

     ----------------------------

    Un grand merci à Monsieur Philippe BORDES
    et au Centre de Secours de GRAULHET

     


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  • - Les Peausseries de Graulhet

     - Les Peausseries de Graulhet

     

    - Les Peausseries de Graulhet

    - Les Peausseries de Graulhet

    Photo prise en 1928... l'affichette sur la gauche donne la date du 4 octobre 1928

    Photo prise lors d'un salon ....?

    - Les Peausseries de Graulhet

    Les quatre personnes photographiées

     

    LE PHOTOGRAPHE HENRI MANUEL

    - Les Peausseries de Graulhet

    Henri Manuel né le 24 avril 1874 à Paris 3e et décédé le 11 septembre 1947 à Neuilly sur Seine est un photographe portraitiste français créateur avec son frère Gaston du studio Manuel Frères. Il s'est marié le 5 août 1901 à Bâle avec Rachel Camille Meyer. En 1900, il ouvre un studio spécialisé dans le portrait des personnalités des mondes politiques et artistiques avec son frère Gaston (3 février 1881 à Paris 3e - 28 décembre 1967 à Paris 7e). De la Première Guerre mondiale jusqu’en 1944, il fait des reportages en tant que photographe officiel du gouvernement. Selon Françoise Denoyelle de 1906 à 1938, « Henri Manuel travaille pour trente revues de mode et plus particulièrement pour La Femme de France (1922-1935), Les Grandes Modes de Paris (1906-1931), Les Modes de la femme de France (1922-1935), Le Petit Écho de la Mode (1928-1936). Entre 1921 et 1931, il réalise une commande sur les prisons et les institutions pour mineurs relevant du ministère de la Justice. En 1923, avec Jacques André Boiffard et Man Ray, il illustre la première édition de Nadja d'André Breton publié dans la collection blanche chez Gallimard. Cosette Harcourt travaille de 1932 à 1933 dans le studio comme responsable commerciale avant de fonder le Studio Harcourt. Le fonds Henri Manuel est conservé aux archives photographiques de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; il contient plus de 600 plaques de verre et des tirages papier.

    En 1900, Henri Manuel ouvre un studio d’art spécialisé dans le portrait. Très vite il photographie les personnalités du monde de la politique, des arts, du spectacle et des sports. Ses portraits sont peu à peu utilisés par la presse quotidienne et, en 1910, il crée un service de presse chargé de les commercialiser : l’Agence universelle de reportage Henri Manuel, « une très importante entreprise dont le prestige est dû entièrement au talent artistique, à l’esprit d’initiative et aux relations très étendues de Monsieur Henri Manuel dans tous les milieux de Paris ». Loin d’être universelle comme l’indique la publicité, l’agence opère surtout à Paris. En 1925, Henri Manuel loue un immeuble au 27, rue du Faubourg Montmartre. Sur cinq étages, il installe ses ateliers, ses laboratoires et ses services commerciaux. Pour rentabiliser son affaire il diversifie sa production, travaille pour la mode et photographie les robes et les ensembles de Chanel, Lanvin, Patou, Poiret, Schiaparelli… Pendant l’entre-deux-guerres, il est le photographe le plus prolifique dans le secteur de la mode. Près de 100 000 clichés de mode seront vendus au poids du verre pour dégager de la place et rentabiliser la production. Dans les années trente, comme nombre de ses confrères, il s’ouvre à la photographie publicitaire et poursuit ses reportages. A la vente du studio en 1941, l’inventaire fait état d’un fonds comprenant 300 000 clichés de reportages, 350 000 clichés de personnalités et clients récents, 260 000 clichés vendus au poids du verre.

     Au début de cette période, le studio est en difficulté. Si le marché est en expansion, la concurrence est importante, particulièrement avec l’arrivée des agences photographiques étrangères. Trouver de nouvelles commandes est impératif. Henri Manuel, habitué à photographier en studio, n’est pas un spécialiste des reportages. Il obtient néanmoins un reportage sur l’hôpital Sainte-Anne en 1930. Ses relations avec les membres du gouvernement et des différents ministères qui viennent se faire portraiturer dans son studio ont certainement favorisé l’obtention d’une importante commande du ministère de la Justice. Ce genre de reportage “officiel” n’est pas nouveau. Une campagne de prises de vues sur la colonie correctionnelle des Douaires a fait, en 1895, l’objet d’un album de présentation plus élaboré que ceux d’Henri Manuel. Si l'auteur des clichés reste inconnu, un texte introductif présente l’institution qui reçoit des mineurs de treize à dix-sept ans confiés à l’administration pénitentiaire par les tribunaux, ainsi que des pupilles. Un enseignement primaire ainsi qu’une éducation morale sont assurés par des institutrices. Les pupilles sont initiés aux métiers de l’agriculture et de l’industrie. Peu d’images montrent la vie quotidienne à l’école. Pour l’essentiel, le photographe a opéré comme le font ses confrères dans les pays exotiques. Des scènes de genre présentent, dans un studio improvisé et derrière un fond neutre, les Ouvriers industriels, Un jardinier, Costume du dimanche et de travail, Personnel de surveillance, Pupilles à l’arrivée. Les portraits, très statiques, prennent parfois des allures anthropométriques : Les forts, Les rachitiques, Les petits…

     


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  • - Démolition de l'Usine BARDOU

     - Démolition de l'Usine BARDOU

     

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    A la suite de la canalisation d'une partie du ruisseau du Verdaussou dans le milieu des années 60, il fut envisagé de démolir quelques bâtiments de mégisseries en particulier de l'Usine BARDOU et de l'Usine Septime CAZELLES se trouvant au centre de Graulhet - pour des raisons essentiellement de salubrité, mais aussi pour permettre de nouveaux aménagements en centre ville : la création de la Place de la République, aménager un marché couvert et également améliorer la circulation et créer des places de stationnement....(la Halle rue Jean JAURÈS a été démoli en 1981).

    LE RUISSEAU DU VERDAUSSOU

    Le ruisseau du Verdaussou prend naissance au dessus du barrage de Miquélou, qu'il alimente en partie et descend entre la Côte de la Bouriette et l'avenue de la Résistance ensuite il  traverse l'Avenue Gambetta et la Place de la République, longe le quai Raspail et  tourne à gauche en contrebas de la rue du Verdaussou dans un ravin encaissé (illustré par de nombreuses cartes postales), traverse la Place du Mercadial, suit la rue Barricouteau pour se jeter dans le Dadou face à l'ancien Moulin de la Ville récemment détruit par un incendie.

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    Il existe également un bras mort du ruisseau qui tourne sur la droite avant le ravin et traverse la place du Jourdain pour se jeter dans la Dadou entre les deux ponts.

    Pour des raisons essentiellement de salubrité, mais aussi pour permettre de nouveaux aménagements en centre ville, le ruisseau fut canalisé à partir des années 60. D'abord Quai Raspail, ensuite le ravin fut aménagé, plus récemment la partie du Verdaussou qui traversait la future Place de la République (derrière l'ancien commissariat) et dernièrement la partie qui longeait la rue Barricouteau.

    TRAVAUX DE CANALISATIONS DU RUISSEAU DU VERDAUSSOU

    - Construction de la Place de la République

    Quai RASPAIL : travaux de canalisation du ruisseau du Verdaussou début des années 70

     

    GRAULHET - AVANT ET APRÈS 1980
    L'IMPASSE VILLE HAUTE - ODÉON - TRIANON
     PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    Merci à la personne qui a réalisé ce plan....

    PLAN GENERAL DE DEMOLITION DE L'USINE BARDOU

    en jaune la partie à démolir

    - Construction de la Place de la République

    les cartes postales avant la démolition. Vues qui montrent l'endroit et les bâtiments à détruire....

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    LES BÂTIMENTS A DÉMOLIR : LES PLANS OFFICIELS

    En jaune les bâtiments à démolir , ensuite la photo "normale"

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    LES PHOTOS APRÈS LES DÉMOLITIONS
    ET LES AMÉNAGEMENTS

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    et aujourd'hui...

    - Démolition de l'Usine BARDOU

    - Démolition de l'Usine BARDOU

     


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  •  

     - Atelier BREILHAC

     - Atelier BREILHAC

     


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  • - Grève 1909 : L'article de l'Humanité

    - Grève 1909 : L'article de l'Humanité

     - Grève 1909 : L'article de l'Humanité

    Le quotidien L’HUMANITÉ
    L’Humanité est un journal français socialiste jusqu'à fin 1920, puis communiste -  fondé en 1904 par le dirigeant socialiste Jean Jaurès.

    - Grève 1909 : L'article de l'Humanité

    - Grève 1909 : L'article de l'Humanité


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  •  - Démolition de l'Usine OMNICUIR

    Découvrez la vidéo de la démolition de la cheminée de l'usine OMNICUIR - Démolition de l'Usine OMNICUIR

    - Démolition de l'Usine OMNICUIR

    (© photo Guillaume Courveille - Tarn Libre)

    La vidéo de la démolition
     Merci au Journal 

    - Démolition de l'Usine OMNICUIR

    © Guillaume Courveille - Tarn Libre

    Démolition de l'Usine OMNICUIR dans le Quartier Saint-Pierre.

     La photo avant la démolition ( © MEMOIRES DE GRAULHET)

     Les photos de l'Usine démolie ( © MEMOIRES DE GRAULHET)

     Avant la démolition ( © MEMOIRES DE GRAULHET)

     

     

     


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  • - L'Entreprise SICARD FRERES

     

    ENTREPRISE DE MACHINES POUR MÉGISSERIES ET TANNERIES

    publicité parue dans le programme des Fêtes centrales du pays graulhétois de 1938

    Les rares cartes postales.....


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  • - L'Usine SABIN

    INTÉRIEURS DE L'USINE SABIN

    L'Usine SABIN éditait des cartes postales en voici deux 

    - L'Usine SABIN

    - L'Usine SABIN

    Collection François et Marcel MAZENS

    Une reproduction de cette carte postale figure en bonne place dans la Brasserie des Vignes

    - L'Usine SABIN

     

    - L'Usine SABIN

    LE PLAN DE L'USINE

    - L'Usine SABIN

    La mégisserie Hubert SABIN se trouvait route de Gaillac aujourd'hui avenue Marcel Pagnol. Créée en 1923 son activité s'est poursuivie jusqu'en 1997. Aujourd'hui une partie des locaux abrite la Brasserie des Vignes

    PHOTOS DE LA BRASSERIE DES VIGNES

    - L'Usine SABIN

    Aujourd'hui la Brasserie des Vignes..... (voir commentaires)

    - L'Usine SABIN

    - L'Usine SABIN

     


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  • - 25/10 Saint Crépin  - Journée du Cuir

    Depuis 2006, le 25 octobre est la journée du cuir, journée de la Saint Crépin (le patron des cordonniers).

    Crépin et Crépinien venus de Rome, étaient chrétiens et cordonniers à Soissons. Ils fabriquaient des chaussures pour les pauvres, qu'ils ne faisaient pas payer, et pour les riches qui appréciaient leur production.

    En 285 ou 286, ils furent dénoncés et conduits devant l'empereur Maximien de passage dans le nord de la Gaule. L'empereur leur ordonna d'abjurer leur foi, ce qu'ils refusèrent vivement. Maximien les fit alors torturer par Rictiovarus, un de ses plus cruels exécuteurs. Celui-ci leur fit enfoncer des roseaux pointus sous les ongles, mais les roseaux jaillirent des mains des saints et vinrent blesser les bourreaux. On les précipita ensuite dans une rivière, avec une meule attachée à leur cou mais ils flottèrent à la surface sans se noyer. Puis l'empereur les fit jeter dans une citerne remplie de plomb fondu, mais une goutte de plomb rejaillit dans l'œil de l'exécuteur qui fut éborgné, tandis que Crépin et Crépinien en sortaient indemnes. Finalement, après qu'ils eurent résisté à plusieurs autres supplices, Rictiovarus les fit jeter dans de l'huile bouillante d'où deux anges vinrent les sortir, tandis que lui-même s'y jetait de rage. Crépin et Crépinien furent finalement décapités le lendemain.
    Leurs tombes se trouvent dans l'église San Lorenzo in Panisperna à Rome.



     


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  • - Groupes d'ouvriers

    C'était une tradition de faire une photo de l'ensemble des ouvriers de la même entreprise, en voici quelques unes.....

    OUVRIERS ET ATELIERS DE MAROQUINERIES

    ATELIER FARGUES - 1927 - Avenue du Stade - L'atelier d'emballage se trouvait rue Pierre Boulade au n°2.

    Les intérieurs d'usines

    ATELIER VIALA - Place du Jourdain - A côté de l'ancien Hôtel Durand (Grandgousier)- emplacement démoli.

    Les intérieurs d'usines

    INTERIEURS D'USINES DE MEGISSERIES OU PHOTOS DE GROUPES D'OUVRIERS

    Carte postale la plus courante sur un intérieur d'usine à Graulhet.
    Remarquez les jeunes enfants

    Les intérieurs d'usines

    PHOTOS OU CARTES PHOTOS

    USINE PONS- Quartier Saint-Pierre

    Les intérieurs d'usines

    Rares cartes photo de l'Usine COMBET ET FAU  - Quartier Saint-Jean

    Les intérieurs d'usines

    Les intérieurs d'usines

    Les intérieurs d'usines

    USINE LOUIS MAURIES - Quartier Saint-Jean

    Les intérieurs d'usines

    USINE AUQUE - Quartier Saint-Pierre

    Les intérieurs d'usines

    GROUPES D'OUVRIERS (usines non localisées)

    Les intérieurs d'usines

    Les intérieurs d'usines

    USINE TIGNOL - Laboutarié

    Les intérieurs d'usines

    Les intérieurs d'usines

    Carte postale moderne

    Les intérieurs d'usines


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  • - Mégisseries et maroquineries

    Les cartes postales illustrées uniquement par des vues extérieures de  mégisseries ou de maroquineries sont peu courantes. Il existe bien sûr une multitude de photos mais voici les cartes postales que je possède de quelques batiments industriels sur Graulhet mais aussi de Laboutarié.

    Manufacture PERRON ET VIDAL
    (se trouvait Angle Boulevard de Genève - Boulevard de Byans)

    Les intérieurs d'usines

    LABOUTARIE - Usine ARMENGAUD

    Construction vers les années 1850,
    Exploitation jusqu'au milieu des années 50 (1950)

    Les intérieurs d'usines

    LABOUTARIE - USINE BONNET

    Ancien moulin et exploitation agricole,
    transformation en batiment industriel vers 1933.

    Les intérieurs d'usines

    Mégisserie PAGES
    située  au 43 rue Colonel NAUDY après le pont de Ferran.
    Construction et mise en activité  1905-1935.

    Les intérieurs d'usines

    Mégisserie CALMES - La Ventenayé -
    Début de construction et d'exploitation : 1920

    Les intérieurs d'usines

    GRAULHET - LE LOUBAT - USINE ARMENGAUD

    Début de l'exploitation 1882-1887

     Les cartes postales de mégisseries ou de maroquineries

    USINES DE LA VENTENAYE - Usine WEISHARDT 

    Construction d'une usine de colles et gélatines en 1933. En 1945 création d'unité de mégisserie (arrêtée en 1982) . Toujours en activité.

    Les cartes postales de mégisseries ou de maroquineries

     Dates trouvées dans le livre : Graulhet son Dadou et ses mégisseries - Albert et Suzanne Cathalau - 2010


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  • - L'Usine POULIE : le dessin des câbles

     - L'Usine POULIE : le dessin des câbles

    Usine de tannerie - mégisserie - colles et gélatines, l'usine Poulié était située route de Gaillac - Avenue Marcel Pagnol - actuellement entre autres sur l'emplacement des ateliers municipaux .

     

    L'USINE POULIE : INEDIT le dessin des câbles sur le Dadou !

    L'Usine POULIE côté Dadou

     

    Cette entreprise fut gérée par les Poulié à partir de 1820 et jusqu'en 1912, ensuite reprise par COMBET et COMBET et FAUX de 1913 à 1962 pour le bâtiment situé aux bords du Dadou et pour le bâtiment perpendiculaire à la rue Saint-Jean par Messieurs CALMES et ensuite CHANSOU de 1903 à 1968.

    Charles Poulié possèdera également le Moulin des Voûtes de 1882 à 1911.

    Dès 1865, l'entreprise Poulié a recours à l'énergie hydraulique pour actionner la mégisserie. La turbine placée sur le Moulin des Voûtes transmettait l'énergie par un système de câbles et de poulies de 800 mètres de long. L'implantation de trois piliers rive gauche pour aboutir en traversant le Dadou avec un quatrième pilier fut nécessaire.

     

    Facture de l'usine Poulié :

     

    L'USINE POULIE

     

    Le dessin de l'usine, sa situation géographique et son ingénieux système. On distingue les quatre piliers, du Moulin des Voûtes à droite jusqu'à l'usine. Sur la gauche la petite chapelle de Saint-Roch.

     

    L'USINE POULIE  

    Il ne reste à ma connaissance qu'un seul pilier (en ruine ) rive gauche du Dadou et bien sûr l'ancien Moulin des Voûtes. Quelques photos actuelles tout d'abord du pilier.

     

    L'USINE POULIE

    L'USINE POULIE : INEDIT le dessin des câbles sur le Dadou !

    L'actuel moulin des Voûtes (ATTENTION le moulin ne se visite pas c'est un lieu privé)

    Le Moulin des Voûtes

    Le Moulin des Voûtes

    Le Moulin des Voûtes

    L'intérieur du Moulin, avec encore des restes et des traces du système de transmission.

    Le Moulin des Voûtes - Intérieur

     

     

    Le Moulin des Voûtes - Intérieur

    Le Moulin des Voûtes - Intérieur

    L'USINE POULIE : INEDIT le dessin des câbles sur le Dadou !

    CHARLES POULIE : HOMME POLITIQUE

    Né le 4 février 1845 à Graulhet (Tarn), mort le 16 juillet 1914 à Graulhet.

    Député du Tarn de 1889 à 1893.

    Charles Poulié est issu d'une vieille famille graulhetoise. Son père exploita dans cette ville une tannerie puis plus tard une fabrique de gélatine. Charles Poulié lui succède et se déclare industriel-propriétaire, mégissier fabricant de colle forte à Graulhet.

    Lorsqu'il se présente en 1889 aux élections législatives il est déjà conseiller municipal de Graulhet. Il est, pour l'arrondissement de Lavaur, le candidat du comité conservateur. Fermement hostile à la politique opportuniste il réclame dans son programme des réformes financières, des économies et des diminutions d'impôts. Il est partisan d'une révision de la Constitution et affirme la nécessité de défendre la liberté de conscience menacée et de rétablir les droits du père de famille.

    Au premier tour de scrutin Charles Poulié recueille 7.066 voix contre 7.042 à Compayre, professeur de droit à Toulouse, député sortant. Il bat ce dernier au second tour par 7.378 voix contre 6.094.

    Député discret, il se contente de prendre part à la discussion du budget de 1891.

    Charles Poulié se représentera sans succès aux élections législatives de 1893 et 1898. En ces deux occasions il sera battu de justesse au second tour de scrutin par Compayre : en 1893 par 6.781 voix contre 6.565 et en 1898 par 7.180 voix contre 6.239.

    Il meurt à Graulhet le 16 juillet 1914.

    Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

    . Quelques rares bulletins de vote conservés.

     

    L'USINE POULIE

    L'USINE POULIE

    Crédits :

    Graulhet son Dadou et ses Mégisseries : Albert et Suzanne Cathalau

    Graulhet et ses célébrités - Henry MANAVIT

    Un merci tout particulier à Monsieur Eric BISCOND qui m'a permis de photographier l'intérieur du  Moulin des Voûtes.

     


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  • - La grève de 1910 inédite

    La Grève de 1910 à travers les cartes postales et la presse

    NOUVEAUTES

     

    Pour illustrer les cartes postales éditées sur cette grève MEMOIRESDEGRAULHET propose de vous replonger dans la presse nationale de l’époque et de relire articles et dépêches tels qu’ils sont parus. Articles et depêches que j'ai retranscrits pour vous.
    L’ensemble de la presse n’étant pas disponible en ligne, c’est donc une sélection involontairement subjective, mais qui décrit bien l’ampleur de ce mouvement et certainement la violence qui devait régner durant ces longs mois. Volontairement je n'ai pas choisi uniquement des journaux proche de la classe ouvrière , toutes les sensibilités politiques sont représentées.
    La presse quotidienne s’est intéressée à ce mouvement que tardivement, cependant le premier mois de grève (décembre 1909) on trouve quelques articles. A partir de janvier et jusqu’à début mars 1910 les articles et surtout les dépêches sont plus nombreux. Les gros titres sont souvent en une de quotidiens tirant à plus d’un million d’exemplaires ! J’ai essayé de mélanger les titres de journaux et de donner aux principales dates, les événements marquants mais également les faits quotidiens. En particulier vous pourrez lire, en date du mardi 11 janvier 1910 et dans le journal LE TEMPS, un article passionnant qui donne un regard intéressant sur Graulhet et son industrie en 1910.

    L'ensemble de cette chronologie est illustrée par notre collection de cartes postales, de cartes photos. Toutes ces cartes sont rares et recherchées. D'autres cartes de la grève de 1910 seront publiées prochainement....

    Maintenant, ouvrons les journaux d'époque et laissons filer l'histoire...

    Quotidiens cités :
    LE MATIN :
    Le Matin journal quotidien français créé en 1883. Il fut l'un des quatre grands quotidiens dans les années 1910 et 1920, tirant un million d'exemplaires à la veille de 1914
    LE FIGARO
    Le Figaro journal français fondé en 1826 est un journal de droite et de centre-droit.
    LE PETIT PARISIEN
    Le Petit Parisien journal français qui a existé de 1876 à 1944. A la veille de la guerre de 1914-18, c'est l'un des quatre plus grands quotidiens français d’avant-guerre.
    LA PRESSE
    La Presse quotidien français lancé en 1836. La Presse est avec Le Siècle le premier des grands quotidiens populaires français.
    LA CROIX
    La Croix quotidien français catholique créé en 1880.
    L’HUMANITE
    L’Humanité journal français, socialiste jusqu'à fin 1920 puis communiste, fondé en 1904 par le dirigeant socialiste Jean Jaurès.
    LE TEMPS
    Le journal fut fondé en 1861 devenant ensuite le journal le plus important de la Troisième République.

    NOUVEAUTES vendredi 10 décembre 1909

    La grève est complète à Graulhet. Dix-huit cents ouvriers ont quitté le travail, qui a cessé dans toutes les usines. Des réunions entre patrons et ouvriers n'ont donné aucun résultat. Les grévistes ont fait appel aux organisations syndicales et à la C.G.T. qui va envoyer un délégué. Des soupes communistes ont été organisées. Jusqu'ici le calme est complet.

    Deux rares cartes postales des soupes communistes 

     

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

     

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    Carte postale : Epluchage de pommes de terre par le Comité de la grève (au centre Vincent AURIOL futur président de la République)

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

     NOUVEAUTES lundi 13 décembre 1909

    L'accord n'est pas fait à Graulhet, les patrons avaient accordé une augmentation de salaires, mais avaient refusé une diminution parallèle de la durée du travail.

    NOUVEAUTES mercredi 29 décembre 1909

    On signale de nouveaux troubles à Graulhet où les ouvriers mégissiers sont en grève depuis trois semaines. Des manifestations ont eu lieu dans la rue et des balles de sumac ont été éventrées. Le sous-préfet est sur les lieux.

    Carte postale :  Manifestation gréviste carrefour Saint-Projet

     

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    NOUVEAUTES jeudi 30 décembre 1909
    Violents incidents de grève a Graulhet
    LES MÉGISSIERS FORCENT UN TRAIN A S'ARRÊTER

    La grève des mégissiers de Graulhet qui, depuis trois semaines, s'était passée sans incident grave, a pris, hier, un caractère de violence spontané.
    Les grévistes, après avoir parcouru les rues de la ville hier soir, se sont rendus en cortège dans les environs. Ils ont brisé les vitres des usines Cathalo, puis se précipitant sur les balles de sumac, les grévistes les éventrèrent et répandirent leur contenu dans la boue. Une autre usine voisine eut le même sort.
    La nuit a été calme en ville où les patrouilles de cavaliers cavalcadaient à de courts intervalles. Par contre, dans la campagne, une vingtaine de poteaux amenant l'énergie électrique aux usines, ont été sciés.
    Les grévistes, de leur côté, ont organisé des patrouilles qui ont mission de surveiller les paysans qui vont travailler aux usines. La ville a perdu son aspect de calme. Des groupes stationnent au coin des rues, des incidents nombreux se produisent.

    Fac-similé de l'article en première page du Petit Parisien daté du 30 décembre 1909, illustré par ce cliché inédit, pris devant la Halle.

    greves

     NOUVEAUTES dimanche 2 janvier 1910
    NOUVEAUX INCIDENTS A GRAULHET

    On annonce que de violentes manifestations se sont produites à Graulhet. Les grévistes, qui, pendant les deux dernières journées, étaient restés très calmes, ont recommencé leurs sorties hors la ville. On signale qu'ils ont commis des actes graves. Ils auraient, en effet, renversé plusieurs poteaux électriques pour interrompre les communications. On ne possède aucun détail sur ces faits, mais l'autorité militaire, prévenue de ces nouveaux incidents, est prête à expédier à Graulhet un bataillon du 154° d'infanterie.

    Carte postale : Ouvrières grévistes

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

     NOUVEAUTES Lundi 3 janvier 1910

    De nouveaux actes de sabotage ont été commis l'avant-dernière nuit sur la route de Labessières. Des poteaux ont été sciés et des câbles électriques rompus le résultat en a été la privation de force motrice pour Graulhet et d'éclairage pour Albi.
    NOUVEAUTES Mardi 4 janvier 1910

    Le Préfet du Tarn s’est rendu aujourd'hui à Graulhet, où il a conféré avec le comité de la grève et avec quelques patrons.
    Le nombre des grévistes est actuellement de 1800, nourris à l'aide de soupes communistes. Ils viennent d'adresser un pressant appel à la solidarité ouvrière et aussi au concours des municipalités républicaines de la région.
    Un fort chargement de peaux entièrement préparées a été escorté à la gare par les gendarmes. Les grévistes préparent de nouveaux départs d'enfants, qui auront lieu, mercredi, pour Saint-Sulpice et Toulouse.  

    Carte postale : Camions de marchandises escortés par la troupe (sur le Pont Neuf)

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    Carte postale : La gare protégée par la troupe

                          

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    LE TEMPS mercredi 5 janvier 1910

    La grève des mégissiers de Graulhet
    On mande de Graulhet qu'il se produit toujours des actes de sabotage sur les lignes portant le courant électrique; des patrouilles de gendarmerie surveillent les usines.
    L'exode des enfants a commencé vingt ont été dirigés sur Decazeville, d'autres vont partir sur Toulouse, Castres, Mazamet et Albi.    

                      Carte photo : Les enfants de Mazamet Graulhet sont tous frères

     

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    Des soupes communistes fonctionnent. Un appel est adressé par le comité de grève aux municipalités républicaines et socialistes, demandant des secours pour pouvoir faire face aux dépenses de ces soupes communistes qui doivent alimenter trois mille huit cents bouches.
    Le préfet du Tarn et le sous-préfet sont sur les feux.

    NOUVEAUTES Jeudi 6 janvier 1910

    Un groupe de grévistes ont tenté d'empêcher ce soir la rentrée des charrettes chez un patron mégissier. Ces voitures portaient, sous escorte de gendarmes diverses marchandises. Une cinquantaine d'hommes et de femmes se sont couchés devant le portail de la petite vitesse, afin d'arrêter la marche des chevaux.
    Le sous-préfet et le commissaire spécial parlementèrent avec les grévistes, et l'incident n'eut pas de suites fâcheuses.
    Dans la soirée, des pierres ont été jetées dans les vitres de la maison Fabre.


    NOUVEAUTES Vendredi 7 janvier 1910

    LES GRÈVES DE GRAULHET
    De nouveaux départs d'enfants de grévistes ont eu lieu hier et aujourd'hui pour Saint-Sulpice, Castres et Toulouse. Cela a donné lieu à quelques manifestations, car un imposant cortège accompagnait les partants à la gare.

    Carte postale :   L'exode des enfants (devant la Halle)

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    Les gendarmes procèdent sans cesse à des patrouilles, ils accompagnent les convois de marchandises à destination soit des usines, soit de la gare.
    Je vous disais hier soir que des pierres avaient été lancées dans les fenêtres de M. Laurent-Fabre. Le bruit ayant couru parmi les grévistes que celui-ci avait, à cette occasion giflé la femme du président du syndicat ouvrier, une formidable manifestation fut organisée devant sa demeure. La force armée barra la route, et les grévistes et manifestants, voulant passer outre, se heurtèrent à elle. Pris entre deux pelotons, les grévistes hommes et femmes se couchèrent devant les chevaux des gendarmes et chantèrent l'Internationale. La gendarmerie put cependant, grâce à son extrême modération, éviter toute collision fâcheuse. M. Laurent Fabre affirme qu'il ne gifla pas la femme du président du syndicat, Mme Bressolles, mais il lui aurait reproché seulement sa conduite. Une enquête est ouverte à ce sujet.

     NOUVEAUTES Dimanche 9 janvier 1910

    Un pétard de dynamite explose devant la maison d'un patron

    Les délégations des patrons, des ouvriers, de la municipalité et des commerçants se sont réunies hier soir à la mairie. Aucune concession n'a été consentie par les parties en conflit. Personne ne veut céder.
    On se souvient que la principale revendication des ouvriers porte sur la durée du travail qu'ils désirent voir réduite à neuf heures au lieu de neuf heures et demie. Les commissions patronale et ouvrière se sont mises d'accord pour se réunir à nouveau dimanche, à deux heures de l'après-midi.
    La nuit d'hier a malheureusement été marquée par un grave incident.
    Un pétard, probablement chargé de dynamite, a éclaté devant la porte de la maison de M. Fonvieille, président de la commission patronale. Les traces de l'explosion sont très apparentes. Une des marches est descellée, mais la maison n'a pas souffert. On recherche le coupable.
    Un renfort de cinquante gendarmes est arrivé dans la nuit.
    Au cours de la même nuit, le poste d'infanterie détaché à l'usine Pages a dû mettre baïonnette au canon pour repousser des personnes qui étaient entrées dans l'usine après avoir franchi la clôture.
    On suppose que les agresseurs mis en fuite par le geste des fantassins pénétraient dans l'usine, pour débaucher ceux de leurs camarades qui y travaillaient encore.
    Ce matin, une laitière a été arrêtée par les grévistes : le lait qu'elle portait a été transporté à la Maison du peuple. Plainte a été déposée.
    Aujourd'hui, les grévistes se sont livrés à une grande manifestation leur cortège s'est déroulé sur cinq kilomètres environ. En passant devant quelques usines du quartier Saint-Pierre, ils ont sifflé et hué les patrons.


    NOUVEAUTES Lundi 10 janvier 1910

    LE CONFLIT DE GRAULHET
    Les patrons mégissiers de Graulhet ont accepté la proposition du conseil municipal de constituer une commission mixte en vue de solutionner le conflit, et ont fait connaître les noms des cinq délégués.
    Cette commission doit tenir sa première réunion cet après-midi.
    Une cinquantaine d'enfants de grévistes sont partis à destination d'Albi et de Decazeville. Or les mégissiers apprenant au retour de la gare qu'un départ de peaux était tenté, se portèrent en foule sur la route de Lavaur, aux alentours des usines signalées. Les gendarmes intervinrent, mais uniquement pour rétablir la circulation.
    Le lieutenant-colonel Velly du 15e de ligne, est venu prendre aujourd'hui le commandement des forces militaires.
    Au cours d'une réunion tenue cet après-midi, à la Maison du peuple, le comité de grève a annoncé qu'il avait reçu des sommes relativement importantes de quelques syndicats.

     
    Toulouse, 9 janvier. Dépêche particulière du « Matin »

     
    A Graulhet. la réunion de la commission mixte patronale et ouvrière s'est, ainsi que je vous l'ai dit précédemment réunie cet après-midi. Les ouvriers offrirent aux patrons de signer un contrat collectif assurant aux ouvriers la journée de neuf heures pour dix heures de présence aux usines, une demi-heure de repos leur étant accordée dans la matinée et la soirée. Ce contrat aurait une durée à déterminer, les ouvriers s'engageant sur l'honneur à respecter les clauses dudit contrat.
    Les grévistes demandent aussi que l'augmentation déjà accordée aux femmes soit maintenue, et pour elles aussi la réduction des heures de travail devant rester acquise. Le préfet proposa de confier à une commission d'arbitrage le soin de solutionner le conflit sur la base de la création par les patrons d'une caisse de chômage, en attendant que ceux-ci puissent accepter les revendications des ouvriers.

    Les patrons ne firent aucune proposition nouvelle et se bornèrent à déclarer qu'ils avaient déjà consenti tous les sacrifices que la situation précaire de leur industrie leur permettait de faire. La discussion dura trois heures et finalement la commission se sépara sans avoir rien décidé.
    Ce soir, de huit à dix heures, les grévistes tinrent un nouveau meeting dont la sortie s'effectua sans incidents.

    Carte postale  : Les patrons mégissiers au travail

     

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

     Carte postale : Comité ouvrier de la grève

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    LE TEMPS Mardi 11 janvier 1910

    La grève de Graulhet

    Les incidents de grève qui se déroutent dans le Tarn, à Graulhet, prononcez Grauillet, sont trop loin de nous pour qu'on ait attaché jusqu'ici beaucoup d'importance à ce mouvement. Le nom même de la cité ouvrière était peu connu du grand public avant que le télégraphe nous annonçât ces scènes déplorables. Il en était ainsi de Fourmies, quand eut lieu la tragique journée dont le souvenir n'est point effacé.
    Graulhet, cependant, est une ville de plus de 8000 âmes, dont le développement est d'autant plus remarquable qu'elle est en dehors des voies de grande circulation. Mais elle participe de l'étonnante fortune d'une cité voisine elle met en œuvre les peaux de mouton qui ont subi à Mazamet l'opération du délainage. Ces peaux sont mégissées à Graulhet, la ville et ses environs vivent uniquement par la mégisserie.
    La ville se prolonge donc au bord du Dadou, le noyau primitif est assez exigu, car l'accroissement est tout moderne la population a triplé depuis un siècle. La cité ancienne est un de ces vieux bourg albigeois étroitement serrés, percés de rues étroites et sinueuses c'est la Ville Haute, où l’on a érigé la statue de l'amiral Jaurès: la famille du grand amiral est originaire du pays.
    Le Dadou coule au pied de la Ville Haute, entre des mégisseries dont les charpentes capricieuses et grises donnent un certain caractère au site, le pittoresque est accru par un moulin flanqué de tours. Sur la rive droite, les établissements sont plus nombreux et ont fait naître autour d’eux le vaste faubourg de Saint-Jean-de-la-rive ou Ville-Basse.
    La mégisserie de Graulhet a une place bien à part dans l'industrie française du cuir, c'est le centre pour la production des maroquins pour doublures de chaussures et des peaux employées dans la reliure, la maroquinerie, la gainerie, etc... Les fabriques sont arrivées à une vivacité de teintes remarquable. Le type des cuirs pour doublure de Graulhet reste bien confiné dans la région; on ne trouve que peu d'usines similaires; je crois bien qu'il n'en est, et en nombre infime, qu'à Mazamet et à Bordeaux.
    De tout temps Graulhet a travaillé les peaux de mouton, produites en quantité en Albigeois, mais pendant bien des années ce fut surtout un centre pour la chapellerie. Celle-ci a peu à peu disparu. A mesure que Mazamet se livrait davantage au délainage, Graulhet progressait, les matières premières étant de plus en plus abondantes. Aujourd'hui on évalue à plus de 700.000 douzaines le nombre des peaux préparées chaque année.
    C'est vers 1850 que l'industrie prit son essor, alors naquit au bord du Dadou la préparation des peaux de mouton pour doublures de chaussures. La mégisserie locale diffère de celle d'autres centres, comme Annonay et Saint-Junien, par la méthode de tannage, celui-ci eut lieu longtemps uniquement à l'aide de tan, écorce de chêne ou sumac mais les extraits entrent chaque année davantage dans les usines. Les cuirots venus de Mazamet sont ensuite répandus dans le monde entier pour doubler les souliers, il n'y a que deux autres fabriques à l'étranger pour cet article l'une à Gênes, l'autre à Turin. Graulhet produit également beaucoup de basanes.
    Longtemps l'outillage est resté primitif, mais comme partout, les petits ateliers sont fermés. Il y a vingt-cinq ans, il y avait 102 fabriques; la moitié de ces établissements ont disparu, ceux qui restent sont plus considérables, et malgré l'ardente hostilité des ouvriers, ont remplacé une partie de la main-d'œuvre par les machines. Le changement n'a pas été aussi profond qu'il eût pu l'être, et c'est une cause sérieuse d'infériorité pour l'active petite ville. Si des usines outillées à la moderne venaient à naître dans le rayon de Mazamet, Graulhet serait gravement menacé.
    Graulhet n'a comme voie de communication qu'un chemin de fer à voie étroite, le reliant d'un côté à la gare de Laboutarié, sur la ligne de Castres, de l'autre à la gare de Lavaur, matières premières et produits fabriqués sont donc soumis à des transbordements.
    Malgré cette situation désavantageuse, la ville ne cesse de s'accroître, l'industrie y fait montre d'une énergie et d'une activité remarquables, malheureusement les grèves sont fréquentes en 1885 le travail cessa pendant quatre mois, en 1889 nouvelle grève de trois mois, en 1898 autres arrêts des fabriques. La grève actuelle est une des plus graves qui aient agité Graulhet, une des plus menaçantes aussi pour l'avenir d'une industrie dont un chiffre donnera l'importance. Le mouvement d'affaires atteint chaque année 12 millions de francs les peaux mégissées ont pour débouchés outre Paris et le marché français, l'Allemagne, l'Angleterre, la Hollande, la Belgique, l'Autriche, Hongrie et la Suède.
    Il ne faudrait pas beaucoup d'agitations semblables à celle dont le pays est actuellement témoin pour faire tenter l'exode de cette fabrication. L'exemple de Fougères mérite d'être retenu.
    Les commissions patronale et ouvrière ont eu hier après-midi une conférence. Les patrons ont déclaré accorder l'augmentation de vingt-cinq centimes demandée pour le salaire des femmes, mais ils ont ajouté ne pouvoir discuter aucune autre proposition. Cependant sur intervention du préfet, ils ont accepté de soumettre à leurs collègues, dans la réunion de jeudi, une proposition des ouvriers relative à un contrat collectif.


    NOUVEAUTES Mercredi 12 janvier 1910

    A Graulhet, ce matin, sous la protection des gendarmes, des dragons et des fantassins, divers chargements de marchandises ont été transportés de la gare à deux usines. Les grévistes se sont massés sur les divers points du parcours des charrettes, mais la consigne fut sévèrement observée et personne ne put franchir le cordon de troupes.
    Quelques poussées se produisirent. Un patron fut conspué, mais finalement les chargements et les transports purent se terminer sans encombre.
    M. Jaurès, député, est arrivé à midi. Les grévistes, qui étaient allés le recevoir à la gare, assistèrent cet après-midi à une réunion où le député de Carmaux prit la parole.                                                                                                                                   Carte postale : Jean Jaurès à Graulhet

     

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    Carte postale : Commission ouvrière de la Grève

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    Après avoir conféré avec le comité de grève, et le préfet du Tarn, M. Jaurès a rendu visite à la commission patronale, essayant, sans succès, de faire accepter les propositions des ouvriers au sujet de la signature d'un contrat collectif, garantissant que pendant deux ans aucune autre revendication ne serait soulevée par les ouvriers et que si le travail était abandonné à l'expiration dudit contrat, il ne le serait qu'après préavis de trois jours.
    M. Jaurès déclare que dans ce conflit il y a une question d'hygiène industrielle, à propos de laquelle, dès son retour à Paris, il a l'intention d'interpeller le gouvernement.

    NOUVEAUTES Jeudi 13 janvier 1910

    Les grévistes  s'opposent au transport des marchandises
    La nuit dernière a été marquée par des alertes vives.
    A deux heures du matin les clairons et les tambours des grévistes ont parcouru la ville. Quelques centaines d'ouvriers se réunirent aussitôt à la gare et sur les ponts du Dadou. Le bruit s'était répandu que des marchandises allaient être transportées des usines à la gare pour être expédiées sur l'Angleterre. Le mardi est, en effet, le dernier délai d'expédition des peaux de Graulhet pour ce pays.
    « Les gendarmes ont eu hier leur journée, disaient les grévistes, nous aurons la nôtre aujourd'hui. » Après une intervention de M. Jaurès et du préfet, les manifestants ont regagné leurs demeures.

    Carte postale : La gare occupée militairement

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    A six heures nouvelle alerte. Cette fois, c'étaient les patrons mégissiers au nombre d'une quinzaine que les ouvriers ont arrêtés aux ponts du Dadou. Ils n'ont pas voulu leur permettre de se rendre aux usines. MM. Brisac et Jaurès intervinrent et finalement, les ouvriers cédèrent.
    Après l'agitation de cette nuit, la journée s'est déroulée dans un calme absolu. On annonce pour demain une réunion de la commission patronale.

    NOUVEAUTESLundi 17 janvier 1910

    Plusieurs entrevues ont eu lieu cet après-midi entre grévistes et patrons, mais elles n'ont pas donné de résultats.

    NOUVEAUTES Mardi 18 janvier 1910

    A Graulhet, le préfet du Tarn a eu aujourd'hui une nouvelle entrevue avec la commission patronale et ouvrière. Les patrons saisis du projet d'un contrat collectif ont déclaré qu'ils en délibéreraient à nouveau.
    M. Jaurès a télégraphié ce soir aux grévistes le résultat du vote de la Chambre.

    NOUVEAUTES  Vendredi 21 janvier 1910

    Deux soldats du 15° d'infanterie d'Albi, qui est détaché à la grève de Graulhet, ont voulu traverser la rivière près d'une usine. Leur barque, prise par le courant, a chaviré. L'un d'eux, Paul Fabry, s'est noyé.

    Carte postale :

    Rare témoignage d'un soldat détaché à Graulhet en date du 8 janvier 1910 

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    Graulhet le 8/01/1910  - Votre carte qui m’apportait tous vos vœux de bonne année est venue me trouver à Graulhet où je suis depuis hier. Il y a 1500 grévistes qu’il faut le reconnaître ont été assez calmes depuis notre arrivée. Je suis chargé avec mon escouade de garder une usine où nous montons la garde toute la nuit. Malgré tout nous ne sommes pas trop mal logés, couchés dans la laine il ne fait pas trop froid malgré la rigueur des températures.
    Recevez pour vous et votre famille mes meilleurs souhaits de bonheur à l’occasion de l’année qui s’ouvre.

    NOUVEAUTES Mardi 25 janvier 1910
     
    Le préfet du Tarn vient de faire placarder un arrêté rappelant qu'aux termes de la loi de 1848 les attroupements sont interdits sur la voie publique. Il ajoute qu'il compte sur le bon sens et la sagesse de la population pour l'exécution de ces prescriptions, seules capables de permettre la prompte solution d'un douloureux conflit. La ville demeure calme. Cependant, en prévision de tout événement, un bataillon du 122° d'infanterie de Rodez et un escadron du 1er hussards de Béziers vont arriver cette nuit.

    Carte postale : Grévistes devant la gare

     LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    NOUVEAUTES Jeudi 27 janvier 1910

    Quelques manifestations tumultueuses ont eu lieu à Graulhet, la nuit dernière des devantures ont été brisées à coups de pierres. La ligne téléphonique d'Albi a été coupée.

    NOUVEAUTES Vendredi 28 janvier 1910

    A Graulhet, le Parquet a procédé à l'arrestation du gréviste Henri Pic, soupçonné d'avoir coupé les fils télégraphiques Un convoi de marchandises, sous la protection de la troupe, a pu arriver sans incidents à une usine.


    NOUVEAUTES Dimanche 30 janvier 1910

    A Graulhet, la situation s'améliore sensiblement les transports s'effectuent sans encombre. On attend un délégué de la C.G.T.

    NOUVEAUTES Mardi 1er février 1910

    On sabote toujours à Graulhet
    A Graulhet de nouveaux actes de sabotage ont été commis. Des becs de gaz ont été brisés à coups de pierres sur divers points. De plus, une aiguille a été faussée à la station du tramway, de Saint-Hilaire, ce qui pouvait occasionner un grave déraillement.
    Deux réunions suivies de manifestations dans la rue ont été tenues à la Maison du peuple par les grévistes.

    Cartes postales : Manifestations dans les rues de Graulhet : Carrefour du Polyode (devant la Mairie et la Caisse d'Epargne) - Sur le Pont Neuf et devant la Halle

     

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

       NOUVEAUTES Jeudi 3 février 1910

    CONGRES FEDERAL  DE L'AVEYRON
    Le 7e Congrès de la Fédération socialiste de l'Aveyron a eu lieu le dimanche 23 janvier à Cransac. A l'ouverture du Congrès, sur la proposition du camarade Valette, la motion ci-après a été votée à l'unanimité.

    « Les délégués de la Fédération de l'Aveyron réunis en Congrès, en ouvrant leurs travaux, adressent leurs saluts fraternels aux grévistes de Graulhet aux victimes de l'oppression espagnole, ainsi qu'aux camarades Hervé, Odru et tous ceux qui sont victimes d'un gouvernement despote, frappés pour révocation ou faits de grève et. décident que la présente motion sera adressée aux intéressés.»

    NOUVEAUTESVendredi 4 février 1910
     

    A Graulhet, les patrons ayant accepté de se rencontrer avec les ouvriers, les pourparlers ont repris. Tout est calme.

    NOUVEAUTESDimanche 6 février 1910
     

    A Graulhet les patrons refusent de diminuer la journée de travail. Les grévistes vont créer une coopérative.

    NOUVEAUTESLundi 7 février 1910

    A Graulhet, M. Fonvieille du syndicat patronal est malmené par des femmes, un charretier requiert la protection de la police.

    NOUVEAUTESMercredi 9 février 1910

    Pendant la nuit dernière, des bandes de grévistes ont parcouru les quartiers des usines, en brisant les réverbères et en défonçant les devantures, notamment dans le quartier Saint-Jean. Cependant, plusieurs transports de marchandises ont pu être effectués dans l'après-midi, escortés par la troupe.
    Le préfet du Tarn est arrivé à Graulhet.

    Carte postale : Rare témoignage d'un gendarme à cheval daté du 1er janvier 1910

     greves

    Graulhet le 1er janvier 1910
    De Graulhet où nous sommes détachés pour le maintien de l’ordre et où nous n’avons encore rien fait on vous souhaite une bonne et heureuse année. Toujours en parfaite santé. Un aimable souvenir de votre ancien camarade.
    Gendarme à cheval – Compagnie de l’Aveyron détaché à Graulhet

    LA PRESSE Jeudi 10 février 1910

    On mande de Graulhet qu'au cours des manifestations qui se sont produites cette nuit, après un bal, des pierres ont été lancées contre des usines et un certain nombre de maisons habitées par des patrons. Les dégâts sont nombreux. Les chefs d'établissement ont déclarés aux autorités que s'ils n'étaient pas mieux protégés, ils prendraient la résolution de se défendre eux-mêmes.
     
    NOUVEAUTES Vendredi 11 février
    VIOLENTS INCIDENTS A GRAULHET

    A Graulhet, les choses se gâtent décidément. De nouveaux sabotages ont eu lieu la nuit dernière. Des fils conducteurs d'électricité ont été détachés des isolateurs et ceux-ci brisés.
    Ce matin une manifestation encadrée par la gendarmerie s'est déroulée à travers les rues sans incident. II n'en a pas été de même cet après-midi. Les grévistes voulant s'opposer au charroi de marchandises destinées à une usine de dégraissage, se sont couchés, hommes et femmes sur le Pont Saint-Jean. Des gendarmes à pied essayèrent en vain de les faire lever, tandis que des cavaliers formaient le cercle, Une collision se produisit bientôt, et la bagarre devenant grave, les gendarmes à cheval se précipitèrent pour dégager leurs camarades à pied, puis le pont.
    Des pierres furent lancées sur eux ainsi que des douelles pour futailles. Trois gendarmes sont blessés et pendant le corps à corps avec les grévistes, des gendarmes à pied roulèrent sous les sabots des chevaux.
    La foule des grévistes poursuivie par les cavaliers déborda sur la place de Jourdain où le marché battait son plein. Les paysans surpris furent englobés dans la bousculade et dans la bagarre. Trois arrestations ont été opérées, dont celle de deux membres du comité de la grève.
    On conduisit les prisonniers à la mairie, mais la foule menaçante essaya d'envahir l'édifice. Le comité de la grève intervint alors auprès du sous-préfet, qui se rendit sur les lieux pour entendre les témoins qui étaient signalés, mais qu'on ne retrouva pas. Le sous-préfet entra à la mairie suivi par une délégation des ouvriers avec en tête le citoyen Bressolles président, dont la figure était ensanglantée. La foule demandant la mise en liberté des prisonniers dont l'identité était connue, dans un but d'apaisement et après la promesse que les personnes arrêtées, se présenteraient demain à neuf heures, celles-ci furent relâchées.

    NOUVEAUTESSamedi 12 février 1910
    Une bombe à Graulhet
    ON VOULAIT TUER UN PATRON MÉGISSIER

    A la grève des mégissiers à Graulhet, vient de s'ajouter celle des ouvrières découpeuses de peaux, qui réclament une augmentation de salaires.
    La dynamite a maintenant la parole. En effet la nuit dernière, vers une heure, une bombe placée près de la maison de M. Benjamin GAU, patron mégissier, rue du Château, a explosé avec un bruit formidable, brisant les carreaux, de tous les immeuble voisins, arrachant les volets des devantures, semant l’épouvante parmi toute cette partie de la ville.
    L'engin, dont on n'a pas pu découvrir les morceaux, a dû être placé contre le soupirail de la cave, car les angles de ce soupirail portent des traces d'arrachement, et dans la cave tout a été bouleversé, des futailles de vin ont été défoncées, des barreaux de fer ont été tordus, les murs endommagés.
    Le mobilier de la maison a été secoué et renversé comme si, un tremblement de terre avait eu lieu.
    M. GAU et tous les locataires, en proie à une terreur extrême, sont malades et incapables de quitter le lit.
    Le criminel a dû se hâter pour accomplir sa sinistre besogne, car une patrouille de gendarmerie sortait de la rue quand l'explosion s'est produite.
    L'enquête n'a pas encore permis à la justice de retrouver la piste des coupables des actes de sabotage. Le préfet du Tarn a reçu les membres du comité de la grève et leur a déclaré qu'en présence des derniers événements, toute manifestation, tout délit seraient sévèrement réprimés et que toute arrestation faite serait maintenue.
    Le comité a déclaré ne pas se solidariser avec les auteurs des attentats et a répudié les actes criminels de ce genre.


    NOUVEAUTESDimanche 13 février
    Grévistes contre Gendarmes
    Un lieutenant, à Graulhet, se défend révolver au poing.

    Toulouse , 12 février. Dépêche particulière du «  Matin »
    A Graulhet, le parquet de Lavaur poursuit son enquête au sujet de l'explosion de la bombe.
    Il paraît démontré que l'engin était chargé de cheddite, explosif très puissant et d'un usage fréquent dans les carrières et les usines.
    En outre de l'immeuble Gau, plusieurs maisons ont été endommagées. Voici encore de nouveaux faits indiquant l'état d'exaspération des esprits : un lieutenant de gendarmerie a été assailli la nuit dernière Place Jourdain, par un groupe de grévistes qui menaçaient de le jeter à l'eau. L'officier tint résolument tête aux assaillants, puis sortit son revolver, mais une patrouille survenant mit heureusement les agresseurs en fuite.
    Quelques ouvrières coupeuses de semelles, hostiles à la grève qu'on leur prêchait, ont été maltraitées par leurs camarades grévistes, et un autre groupe de travailleuses sortant d'une usine et protégées par des gendarmes ont été également menacées, ainsi que leur escorte. Pendant vingt minutes, stoïques les gendarmes ont subi les invectives et les bousculades sans broncher. Les charrois des marchandises ont repris cet après-midi sous escorte des dragons et des gendarmes. Aucun incident nouveau ne s'est produit.

    NOUVEAUTES Mardi 15 février 1910
    LA GREVE DE GRAULHET
    Le gouvernement va examiner les propositions que les patrons  ont envoyées à Monsieur Viviani, Ministre du Travail

    Le Ministre du Travail a reçu hier des patrons mégissiers de Graulhet un ensemble de propositions présentées par eux comme base de discussion et d'entente. Les patrons, aux termes de ces propositions, maintiennent l'augmentation de salaire de 25 centimes consentie aux femmes, ainsi que la demi-heure de repos allouée chaque jour aux ouvriers. La durée de la journée de travail se trouve ainsi réduite à neuf heures et demie.
    Ils se déclarent prêts en outre à accorder le quart d'heure supplémentaire de repos que les grévistes réclament, mais refusent de le laisser prendre sur les heures de travail, dont le nombre leur paraît devoir rester à neuf heures et demie. Dans un esprit de conciliation, ils paieraient cependant aux ouvriers, pour ce quart d'heure, une prime calculée proportionnellement au salaire de 4 francs, salaire, dans leur esprit, de la journée-type. Cette prime serait versée à une caisse dont le contenu garantirait les engagements des ouvriers.
    M. Viviani en a conféré aussitôt avec M. Briand. Il a été décidé que le gouvernement examinerait la question et prêterait son concours à la conciliation, conformément au vote émis par la Chambre. Afin de garder à cette tentative son caractère technique, le ministre du Travail enverra sur les lieux un fonctionnaire de son administration.

    NOUVEAUTES Mercredi 16 février 1910

    LES GRÈVES
    Les propositions de conciliations faites par les patrons syndiqués au Ministre du Travail ont produit une profonde surprise. Elles sont en effet inférieures à celles des patrons non syndiqués et que le comité de grève avait refusées. En conséquence, d'autres propositions seront rédigées.
    Des transports da marchandises ont eu lieu aujourd'hui, sans escorte militaire et sans incidents. Le délégué du ministre arrivera demain.

    NOUVEAUTES Samedi 19 février 1910

    Les incidents  de Graulhet
    POURPARLERS ROMPUS

    M. Fagnot, délégué du Ministre du Travail et M. Brisac, préfet du Tarn, avaient réuni hier, de neuf heures à midi et quart les représentants des patrons. Après une longue discussion, les délégués se sont mis d'accord sur les bases d'une entente.
    Le comité de la grève a repoussé les bases de la proposition transactionnelle établie par le délégué du Ministre du Travail. Les pourparlers sont rompus. Le délégué du ministre est reparti pour Paris.

    NOUVEAUTES Dimanche 20 février 1910

    LES GRÈVES

    En présence de l'insuccès des propositions faites aux ouvriers par le délégué du Ministre du Travail, les patrons de Graulhet ont décidé la rupture des pourparlers avec les ouvriers.

    NOUVEAUTESMardi 22 février 1910

    Au scrutin secret, les patrons de Graulhet décidèrent, par 63 voix sur 63 votants, la rupture des pourparlers avec les ouvriers.

    NOUVEAUTES Samedi 26 février 1910
     

    A Graulhet, coupeurs et coupeuses de semelles, satisfaits, vont reprendre le travail. La grève des mégissiers continue.

    NOUVEAUTES Mercredi 2 mars 1910

    Le préfet du Tarn est arrivé à Graulhet à une heure de l'après-midi et a reçu immédiatement le comité patronal. Celui-ci, après une assez longue entrevue, a déclaré qu'il regrettait de ne pouvoir rien changer aux décisions prises par l'assemblée générale patronale, au vote secret. De son côté, pendant cette entrevue, le comité de grève a rendu visite aux deux patrons dissidents.

     NOUVEAUTES Mercredi 2 mars 1910

    En réponse à la lettre des deux patrons dissidents, le comité de grève leur a adressé une lettre aujourd'hui, leur annonçant qu'il se rendait chez M. Chabbal à 3 heures, pour reprendre les pourparlers et connaître leur opinion sur le vote émis par le syndicat patronal, sur la proposition du délégué du ministre et sur leurs propres intentions. A l'heure actuelle, l'entrevue continue. D'autre part le préfet, de retour de Paris, appelle la commission patronale avec qui il confère. A 2 heures, les patrons confirment la décision prise par leur dernier vote de retirer toutes les propositions faites, de remettre les choses au point où elles étaient le 4 décembre, jour de la déclaration de grève. C'est dire qu'ils se déclarent irréductibles sur la diminution des heures de travail.

    NOUVEAUTES Jeudi 3 mars 1910

    L'entrevue entre la délégation ouvrière et les patrons dissidents a duré trois heures. Malgré le secret que l'on garde sur cette entrevue, on croit que les pourparlers ont repris avec plus de facilité, dans des termes plus amicaux que précédemment. La discussion aurait roulé sur l'autorisation occasionnelle d'effectuer les travaux les plus pressants dans les matinées du dimanche - sur la garantie de déperdition des marchandises en cas d'un nouveau conflit - sur la réduction des heures de travail.
    On croit que certains patrons ne se montreraient pas hostiles à cette dernière clause et seraient disposés à accorder la moitié de la diminution demandée de suite et l'autre moitié dans un temps indéterminé. Au cours de cette entrevue, les délégués ouvriers ont agité la question de l’élimination du syndicat des contremaîtres. La délégation patronale a demandé 48 heures pour s'entendre, avec les autres patrons dissidents.
    Les patrons syndiqués, eux, restent toujours irréductibles sur la question des heures de travail. Le résultat escompté de cette entrevue avec les patrons dissidents provoque une détente des esprits. La ville est calme.

    NOUVEAUTES Vendredi 4 mars 1910
    Graulhet.  La réunion de la  commission de la grève, qui avait été annoncée hier s'est terminée ce soir, à sept heures et demie, et sera reprise demain. On augure un bon résultat.

    NOUVEAUTES Vendredi 18 mars 1910

    Au cours d'une réunion plénière des grévistes, le président du comité de grève a fait accueillir à l'unanimité une décision disant qu'aucun gréviste n'accepterait de propositions individuelles faites par les patrons.

    L'un de ces derniers a fait annoncer qu'il invitait tous les grévistes qui travaillaient chez lui au moment de la cessation du travail à assister demain, à neuf heures du matin, à une entrevue avec lui. Cet appel a provoqué une certaine émotion, et l'on attend avec impatience de part et d'autre les résultats de cette tentative.

    NOUVEAUTES Mardi 22 mars 1910
    La situation à Graulhet

    Des forces imposantes de gendarmerie protégèrent aujourd'hui l'entrée et la sortie des ouvriers de l'Usine Chabbal, qui seulement au nombre de trente-cinq ont répondu à l'appel publié hier par les patrons. Les grévistes surveillaient également l'entrée et la sortie de ces ouvriers.

    Carte postale : Les Hussards à Saint-Pierre

     LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

     Carte postale : Escortes devant les usines

     LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    NOUVEAUTES Mardi 22 mars 1910

    A l'usine de M.Chabbal, les ouvriers se sont mis en grève, et M.Chabbal, a déclaré que ceux qui ne seraient pas rentrés jeudi seraient considérés comme ayant abandonné le travail. Les grévistes réunis persistèrent dans leur hostilité.
    25 ouvriers sur 350 rentrèrent au travail et furent hués par leurs camarades, et la gendarmerie a dû les protéger.
    Un patron, M. Aristide Cathalau, âgé de vingt-six ans, qui regardait passer les manifestants a été blessé à la tête une large plaie lui ouvrait le front au-dessus de l'œil droit, son chapeau avait eu le cuir coupé.
    Le docteur Laurens, appelé à la hâte, lui a donné ses soins, et le praticien croit à une blessure provoquée par une balle de revolver. Une femme déclare avoir entendu une détonation. M. Cathalau souffre beaucoup, mais son état n'est pas grave.

    NOUVEAUTES Mercredi 23 mars 1910

    UNE MANIFESTATION ÉCHOUE

    Cet après-midi, après la rentrée des ouvriers qui ont repris le travail, une colonne de gréviste a voulu faire une manifestation, mais le sous-préfet, M. Moury-Muzet, a immédiatement pris des dispositions pour empêcher les manifestants de se rendre dans le quartier des usines et la gendarmerie a barré la route de Castres. Les grévistes se sont retirés vers la Maison du peuple.

    Carte postale : Devant la maison du peuple

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    LE TEMPS Mercredi 23 mars 1910

    Tous les  ateliers de mégisserie  de Graulhet étaient ouverts ce matin. Les rentrées d'ouvriers ont été peu nombreuses. Deux grévistes ont été arrêtés et conduits à Lavaur, pour injures à la gendarmerie. Hier un patron a été légèrement blessé au front par un projectile au moment où il se trouvait à sa fenêtre. Une enquête est ouverte.
    Un soldat s'est grièvement blessé à la tête en tombant accidentellement. Il a été transporté à l'ambulance.

    LE TEMPS Samedi 26 mars 1910

    Aux heures de rentrée et de sortie des ouvriers qui travaillent, les grévistes, par groupes, poussent des cris sur le passage des ouvriers. Hier, à la sortie de six heures, quelques bousculades se sont produites. Une femme a été arrêtée.

    NOUVEAUTES Mardi 29 mars 1910

    En une réunion, les grévistes décident que le travail ne sera pas repris avant l'accord des Syndicats patronal et ouvrier. On craint des troubles pour mardi par suite de la réouverture de toutes les usines. Les grévistes iront mercredi faire une promenade à Briatexte où une usine travaille.

    NOUVEAUTES Dimanche 3 Avril 1910
    LES VIOLENCES RECOMMENCENT A GRAULHET


    M.Jules Assalit trente-cinq ans, ouvrier mégissier dissident, a été attaqué cet après-midi par les grévistes et menacé. Il sortit pour se défendre, son tiers point, mais il fut immédiatement entouré et mis dans l'impossibilité de se défendre. Un gréviste lui a donné un coup de couteau à la tempe droite. Quatre des agresseurs ayant été signalés, la police les recherche. M. Malet, père de patrons, âgé de quatre vingt-cinq ans, a été assailli par les grévistes et maltraité assez sérieusement.

    NOUVEAUTES Lundi 4 avril 1910
    A Graulhet, quatre grévistes, les frères Lavit, Rouzières et Pointud, auteurs de coups et blessures sur un ouvrier sont arrêtés.

    LE TEMPS  Jeudi 7 avril 1910

    La nuit dernière, des individus ont saccagé trois propriétés appartenant à des patrons et un champ appartenant au président du syndicat indépendant Les dégâts causés par ces actes de malveillance sont assez importants.

    NOUVEAUTES Vendredi 8 Avril 1910

    Les dégâts causés dans les vignes sont évalués à 6000 F. Les enquêtes continuent sans donner de résultats. Cinquante gendarmes de l'Hérault ont quitté Graulhet à une heure.
    A deux heures, un patron a convoqué tous ses ouvriers. Ces derniers ont répondu à l'appel. Après une causerie très courtoise le patron a déclaré que son usine sera ouverte demain à tous ceux qui voudront reprendre le travail.

     29 avril 1910 - Envoi d'une carte postale d'un gendarme à son épouse certainement, à la Gendarmerie de Nasbinals en Lozère : la voici 

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    Les conditions de travail en mars 1910

    Cartes photos : Souvenirs des grèves de Graulhet (documents peu courants)

     LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    - La grève de 1910 inédite

    NOUVEAUTES Lundi 16 mai 1910

    Les ouvriers de Graulhet ont fêté le retour des enfants qui avaient été envoyés dans les centres voisins pendant la dernière grève.....

    RARE carte photo :

    Groupe d'ouvrières et d'ouvriers : Les travailleurs reconnaissants

     LA GRÈVE DE 1910 A TRAVERS LA PRESSE ET LES CARTES POSTALES

    LE TEMPS   Samedi 24 décembre 1910

    M. Calvignac, secrétaire du syndicat des moutonniers de Graulhet, a été arrêté en vertu d'un jugement de contrainte par corps, à la suite des condamnations qu'il a encourues pour diffamation pendant la dernière grève de la corporation. Une vive agitation se manifeste dans le syndicat, qui est affilié à la C. G. T. 



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  • - L'Usine CHABBAL

    Situé rue de la Mégisserie - Quartier Saint-Pierre - face à l'Usine TIGNOL, l'empire industriel Chabbal a illustré de nombreuses cartes postales. Un gigantesque incendie ravage ce complexe en 1968.

    Marius CHABBAL figure également sur une carte postale : le 2ième à partir de la droite : (devant l'Usine HIVERSENC)

    GRAULHET dans la PEAU : L'USINE CHABBAL

    Intérieurs de l'Usine CHABBAL : cartes postales rares 

    GRAULHET dans la PEAU : L'USINE CHABBAL

    GRAULHET dans la PEAU : L'USINE CHABBAL

     

    GRAULHET dans la PEAU : L'USINE CHABBAL

    GRAULHET dans la PEAU : L'USINE CHABBAL

     

    Courrier de Marius CHABBAL

    GRAULHET dans la PEAU : L'USINE CHABBAL

     


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